Des entraîneurs demandent la démission de Nick Rust, le directeur de la B.H.A.

International / 26.04.2020

Des entraîneurs demandent la démission de Nick Rust, le directeur de la B.H.A.

Un article publié dans le Sunday Telegraph révèle que certains entraîneurs britanniques, dont Ralph Beckett et Mark Johnston, auraient demandé à Annamarie Phelps, la présidente de la British Horseracing Authority (B.H.A.), la démission de Nick Rust en tant que directeur de la B.H.A. La réponse d’Annamarie Phelps a été claire : il est « totalement inacceptable de traiter quelqu’un avec un tel manque de respect, en particulier de la part de membres seniors et respectés du secteur économique ».

La perception du public avant les intérêts du secteur. Le Sunday Telegraph a eu accès à un échange d’emails entre Annamarie Phelps, Ralph Beckett et Mark Johnston. Selon eux, Nick Rust ne défend pas les intérêts des professionnels des courses dans sa gestion de la crise du Covid-19, et défendrait ses intérêts personnels. Ralph Beckett aurait ainsi écrit : « Il est clair que Nick s’occupe de son futur dans cette instance, mais son futur n’est pas le nôtre. Son point de vue n’est pas celui des gens qui l’emploient, et je pense qu’il devrait s’écarter. L’opinion générale est que la B.H.A. est plus occupée par la perception du public que par celle de ses participants. Cela ne peut pas continuer. » Selon le Sunday Telegraph, Ralph Beckett aurait le soutien de Richard Hannon, Andrew Balding et Nigel Tinkler.

Nick Rust est à la tête de la B.H.A. depuis six ans et, rappelons-le, il a annoncé il y a plusieurs mois qu’il quitterait ses fonctions à la fin de l’année 2020. Mark Johnston – lequel est touché par le Covid-19 – a écrit : « Je ne peux qu’assumer qu'une bévue a été faite par un tiers en rédigeant son contrat [celui de Nick Rust, ndlr] ui l’autorisant/lui demandant de respecter un préavis d’un an et lui permettant de travailler. Le coût de cette bévue sera peut-être significatif en termes d’argent, mais cela n’est rien par rapport aux dommages qu’il cause aux courses britanniques. Notre confiance envers la capacité de la B.H.A. à sortir les courses de cette crise est totalement remise en question à cause d’un seul homme qui possède un agenda personnel. »

Ce qui est reproché à Nick Rust. L’article du Sunday Telegraph relève plusieurs points qui auraient entraîné la colère de certains entraîneurs britanniques. En filigrane, la principale critique est que Nick Rust et la B.H.A. ne feraient pas assez d’efforts pour que les courses reprennent. Oliver Dowden, secrétaire d’état à la culture, aurait récemment indiqué aux membres du Parlement que des plans étaient en cours pour que le golf et la pêche reprennent. Rien concernant les courses. Nick Rust a, de plus, déclenché la colère de certains acteurs des courses en disant qu’il n’y avait pas eu de rencontre avec les ministres concernés pour la reprise des courses. Nick Rust est à la tête du British Racing Covid-19 Steering Group – qui gère la crise du Covid 19. Selon le Sunday Telegraph, certains membres de ce groupe auraient dû contourner la B.H.A. pour prendre des rendez-vous avec des cabinets de ministres et autres parlementaires pour défendre les courses et la ruralité.

La B.H.A. a mis en place un plan pour la reprise des courses, dont les grandes lignes se dévoilent peu à peu. Reste que – comme pour la France –, la décision de reprendre la compétition ne dépend pas uniquement d’eux… La décision finale est entre les mains du gouvernement britannique, le rôle de la B.H.A. étant de mettre en place un plan convaincant pour qu’une décision positive soit prise le plus rapidement possible.

Appels à la solidarité. Tous les entraîneurs britanniques ne sont pas pour la démission de Nick Rust et se sont désolidarisés de ces propos, sur les réseaux sociaux ou auprès du Sunday Telegraph. Luca Cumani, entraîneur retraité et membre du comité de la B.H.A., a dit au journal : « Je suis en désaccord avec ce qui est dit sur Nick. La B.H.A. souhaite que les courses reprennent le plus vite possible et fait un excellent travail. Nous devrions être tous unis pour que les courses reprennent le plus vite possible. »

Nicky Henderson a commenté : « J’ai cru comprendre que la B.H.A. avait un excellent protocole à présenter au gouvernement, ce qui veut dire que les courses pourraient reprendre en toute sécurité. Lorsque le gouvernement donnera son accord, nous pourrons reprendre. Je ne vois pas ce que la B.H.A., ou n’importe qui d’autre, pourrait faire de plus. » Paul Nicholls va dans ce sens : « Nous souhaitons tous reprendre la compétition au plus vite mais, dans le même temps, la priorité doit être de protéger les acteurs du sport, le grand public et les héros de la N.H.S. [les services hospitaliers britanniques, ndlr]. Je sais que la B.H.A. travaille dur pour assurer une reprise rapide des courses le plus vite possible, lorsque le moment sera venu. »

La B.H.A. réplique

La B.H.A. a réagi dans la journée de dimanche aux révélations publiées par le Sunday Telegraph : « Le Comité de la B.H.A. s’est brièvement réuni ce matin [lire dimanche, ndlr] pour évoquer les critiques envers la B.H.A. et son directeur général qui ont été rapportées par les médias. Le Comité – qui comprend des membres nommés par les organisations de professionnels et des hippodromes – comprend bien la pression qui pèse sur les courses actuellement et indique que les dirigeants de la B.H.A. bénéficient d’un retour constructif de la part des participants. Il y a peu de sports ou de business dans lesquels un tel dialogue n’a pas lieu, étant donné la nature de cette crise. Le Comité demande à ce qu’il soit réalisé en accord avec les valeurs des courses, dans le respect et sans s’attaquer de façon injuste à des personnes qui font leur travail.

Le secteur économique des courses, comme tout le monde actuellement, fait de la santé du public et des participants sa priorité numéro 1. Cela était clair dans notre décision de suspendre les courses et cela est le point central de notre plan pour la reprise des courses.

Notre directeur général, Nick Rust, et son équipe agissent en se basant sur des décisions prises par un groupe du secteur, soutenu par les membres du Comité de la B.H.A., et validées par le Comité de la B.H.A.. Notre équipe concentre ses efforts actuellement sur un plan qui permettra aux courses de reprendre le plus rapidement possible. Elle travaille en pleine collaboration avec les entraîneurs, les hippodromes et autres.

Des progrès positifs ont été faits et les courses hippiques auront des propositions détaillées, incluant des avis d’experts médicaux, à présenter au gouvernement, alors qu’il se prépare à examiner les restrictions actuellement en place. Il est encourageant de voir tous les résultats positifs de notre dialogue avec le gouvernement qui ont été publiés dans les médias, et les articles sur l’envie du gouvernement de voir la reprise du sport.

Nick, son équipe, et leurs collaborateurs au sein du secteur avec lesquels ils travaillent de façon rapprochée, espèrent et sont unis dans leur volonté de voir le sport reprendre le plus vite possible. Ils ont le soutien inconditionnel et total du Comité. »