EN RÉGIONS - Reprise des courses : Pompadour se positionne

Courses / 29.04.2020

EN RÉGIONS - Reprise des courses : Pompadour se positionne

Face à une probable annulation de ses réunions jusqu’au mois d’août, la Société de courses de Pompadour a pris les devants et a adressé, via son président, François-Xavier Duny, un courrier à l’Institution.

Pour motiver sa démarche, François-Xavier Duny, qui entame son deuxième mandat à la tête de la Société de courses, explique : « C’est simple : nous ne pouvons pas nous résigner à purement et simplement annuler nos courses, sans tenter de trouver une alternative qui pourrait convenir à tous. Nous devions faire savoir aux instances que les membres de Pompadour, aussi modestes que nous sommes, peuvent être là pour aider la filière. Nous avons peur, comme tous les "petits" hippodromes, ceux qui accueillent des réunions P.M.H., puisque ce que l’on sait aujourd’hui que les hippodromes premium repartiront, mais pas les P.M.H. Nous attendons encore des précisions dans les semaines à venir, mais ce qui est sûr, c’est que l’on a plus de soucis à se faire lorsqu’on est P.M.H. que lorsqu’on est premium. Je sais très bien que si l’on repart à huis-clos sur un hippodrome qui n’est pas premium, la filière n’a pas de recettes. Nous sommes capables, à Pompadour, de faire travailler une équipe pour qu'au moins la filière puisse courir. »

Devenir hippodrome pilote. François-Xavier Duny ajoute : « Comme je le rappelais dans cette lettre, avec 11 réunions par an, notre équipe, composée majoritairement de bénévoles, s'est dotée de compétences professionnelles dans l'organisation opérationnelle d'une journée de courses, que ce soit dans le respect du timing imposé, dans l’utilisation systématique du logiciel Gnet, dans la saisie des arrivées en direct et deux de nos commissaires sont habilités par France Galop. Cette équipe a déjà organisé de nombreuses courses premium, avec notamment l'accueil pendant six ans du circuit G.T.I. [Galop Tour Inter-Régional, ndlr], et aussi bien en plat qu'en obstacle. Nous nous proposons d'accueillir à nouveau des courses premium, et d'agrémenter nos journées P.M.H. par des images live, via Facebook Live par exemple, comme cela se fait déjà, si nos courses sont retenues en paris internet. Nous proposons d’être hippodrome pilote sur ce sujet. » Car pour François-Xavier Duny, le fait que le football français, comme la quasi-totalité des autres sports supports de paris sportifs, ne soit pas en concurrence avec les courses jusqu’au mois de septembre est une aubaine : « C’est un tournant. La crise que nous traversons est aussi propice aux changements. Si toutes les conditions sont réunies, pourquoi ne pas envisager que les choses changent également du côté de l’Institution, que des choses soient tentées ? »

De nombreux atouts. François Xavier Duny poursuit : « Je sais bien que le PMU a une feuille de route, avec un nombre maximum de courses fixé, pour que l’offre soit attrayante. Sauf qu’aujourd’hui, les conditions du marché ont changé. Dès lors, la filière peut envisager de travailler différemment, avec une amplitude horaire aménagée. Les courses doivent, à mon sens, occuper le plus d’espace possible. » Et Pompadour, selon lui, est en mesure d’aider l’Institution à remplir cette mission : « Quand on parle de Pompadour, on parle de cheval. Cela fait 200 ans que l’on y court. La tradition est très forte. Et si onze réunions de courses y sont organisées, au total, ce sont 160 jours d’événementiels équestres qui ont lieu chaque année à Pompadour. Nous avons également démontré que nous étions capables de rendre service aux sociétés voisines, en mettant à dispositions nos moyens quand nous sommes sollicités. Cela a été le cas en 2020 pour accueillir les courses d'Aurillac, de Carcassonne, et nous travaillons en étroite collaboration avec l'hippodrome de Limoges depuis trois ans. Nous avons un hippodrome de première catégorie et nous avons comme ambition, pourquoi pas, de devenir un pôle. »

Une question de survie également. Pompadour est spécialisé dans le cross et dans les courses d’anglo-arabes, et les meilleurs entraîneurs d’obstacle y viennent chaque année. François-Xavier Duny nous confie : « Notre première réunion aurait dû se tenir le 24 mai, avec justement une grosse journée autour des anglo-arabes. En moyenne, ce sont autour de 1.500 personnes qui se déplacent sur l’hippodrome, avec des pics de 4.500 personnes pour notre réunion du 15 août. Ces dernières années environ 1 million d’euros ont été investis, notamment pour améliorer l’arrosage des pistes, celle de plat et celle d’obstacle. »

À ce sujet, François-Xavier Duny précise : « Ces investissements ne nous auraient pas été permis sans le soutien sans faille de nos collectivités territoriales. Je ne peux pas imaginer que tous ces investissements ne servent à rien et qu’un jour nous fermions l’hippodrome. Ce n’est pas possible. Dans un scénario catastrophe, on ferme Pompadour. Dans un scénario optimiste, Pompadour contribue à aider la filière. Le scénario intermédiaire de courir à huis-clos ou, à moyen terme, devant un nombre limité de personnes sauverait un peu la situation. Quoi qu’il en soit, l’enjeu est très important d’un point de vue économique et social pour notre territoire, car en plus d’un hippodrome, nous avons un centre d’entraînement. Nous avons pour l’instant eu des retours positifs suite à cette démarche, mais rien de concret n’a été fait pour l’instant. Cela peut évoluer. Les sociétés-mères et le PMU sont énormément sollicités, j’en suis conscient. Nous continuons de travailler, de voir comment on peut faire. Mais il faut que l’Institution comprenne bien qu’elle peut compter sur nous pour essayer de soutenir la filière. »