Ensemble ? Vraiment ?

Courses / 19.04.2020

Ensemble ? Vraiment ?

Depuis quelques jours, plusieurs groupes ont sollicité un dialogue avec l’État : sociétés-mères, gouvernance de la filière cheval, associations d’entraîneurs, associations de propriétaires et d’éleveurs. Cette approche multicanal est-elle la bonne ? Pas sûr.

Vous êtes nombreux à nous écrire en ce moment… et parmi ces échanges, nous avons envie d’en citer un qui provient d’un client d’Anne-Marie Poirier (haras du Chêne). Ce court texte en dit plus qu’un long discours :

« Je suis assez surpris de ce combat mené d'une manière aussi décousue, sans stratégie commune des principaux et respectables acteurs de cette filière. J'imagine aisément ces conseillers ministériels recevoir ces pléthores de demandes, sans unicité, émanant des institutions et diverses associations ou groupes constitués au fil d'eau... Nous sommes en guerre et avec une certaine expérience empirique militaire, je doute de la réussite de celle-ci. Il y aura beaucoup de soldats à tomber (petits éleveurs, propriétaires, entraîneurs...). Aucune bataille n'a été gagnée sans une stratégie, un chef et ses généraux unis. »

Et Anne-Marie Poirier de poursuivre : « Où allons-nous, ensemble ? Je suis très inquiète, pour l'avenir de la filière, de constater le manque de solidarité et de communication entre les acteurs concernés. Des courriers pour demander de l'aide des multiples syndicats, associations..., de nombreux écrits passent sous nos yeux, destinés aux différents ministères concernés... Évidemment, toutes ces idées sont fondées sur des bonnes intentions. Mais la filière est en grande difficulté depuis des années et ce manque de solidarité entre les socioprofessionnels ne doit plus perdurer. Agissons ensemble ! Henry Ford disait : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. »

La définition de solidarité est traditionnellement un devoir social. Nous n'aimons pas les devoirs, les obligations apparemment. Pourtant ce sont des tâches à accomplir pour améliorer nos connaissances, nos responsabilités. La communication est indispensable pour atteindre tous les collaborateurs concernés, pour trouver des solutions durables. »

Et les débourreurs/préentraîneurs ?

Anne-Marie Poirier s’inquiète aussi pour une branche de la filière : « Yann Poirier, mon défunt mari qui m'a transmis sa passion des pur-sang, s'est engagé tout au long de sa vie pour la reconnaissance et la structuration des activités de débourrage et/ou préentraînement. Aujourd'hui son combat est plus que jamais d'actualité. En effet, même si le Code des courses au galop mentionne bel et bien "les centres de dressage, de débourrage et/ou préentraînement" dans l'article 32 de mai 2012, la profession n'a jamais été reconnue en tant que telle. France Galop propose de remettre 500 € par cheval déclaré à l'entraînement. Quid de ces professions ? J'ai toute confiance dans la société-mère pour nous intégrer et nous apporter son soutien au même titre que les autres acteurs. Ce qui serait une vraie et importante marque de reconnaissance de notre métier. »