L’Angleterre de plus en plus dans le brouillard

International / 16.04.2020

L’Angleterre de plus en plus dans le brouillard

La date et les conditions de la reprise des courses en Angleterre et en Irlande font l’objet de nombreuses spéculations. L’attente est grande outre-Manche mais en dehors de faire preuve d’imagination, rien n’est pas vraiment possible tant que les autorités sanitaires ne se sont pas prononcées sur la fin du confinement. Pendant ce temps, la tension monte.

Outre-Manche, le rêve d’une reprise le 1er mai s’est transformé en cauchemar. Tout est lié à la situation d’un pays qui a franchi le triste cap de 100.000 infectés et des 13.000 décès. L’annonce de Nick Rust, directeur général de la British Horseracing Authority, à la presse anglaise ne laisse pas beaucoup de place au rêve : « Nous avons arrêté les courses en mars pour garantir la santé et la sécurité du public, ainsi que pour réduire nos sollicitations auprès des organismes de santé publique (N.H.S.). Il est de notre devoir de poursuivre cette suspension des courses jusqu’au jour où la N.H.S. sera moins sous tension et où nous pourrons assurer la sécurité des personnes. Nous sommes en contact avec le gouvernement, afin d’établir un plan de reprise responsable et organisée du sport lorsque ce sera possible. »  

Une foule de questions anxiogènes. L’inquiétude est grande et elle touche tout le monde. Va-t-il être possible d’organiser des ventes en Angleterres avant cet hiver ? À quoi vont ressembler les classiques si les Irlandais ont du mal à faire voyager leurs chevaux ? Et si les lads et jockeys anglais doivent passer deux semaines en quarantaine, comment aller courir les Groupes en Irlande et sur le continent ? Royal Ascot va-t-il être annulé ? Si oui, doit-on déplacer les courses du meeting ?

Le football vise mi-juin. L’urgence du Coronavirus a pris le contrôle sur le calendrier des différents sports. En Angleterre, on compte déjà les morts sur le plan événementiel et sportif avec l’annulation de Wimbledon, par exemple. La saison du football va voir son sort tranché ce vendredi par les autorités. Mais la mi-juin est une date jugée comme raisonnable pour la reprise. Les courses à huis-clos ont un avantage sur le football – à conditions comparables – les chevaux s’entraînent plus ou moins régulièrement et les risques de contact sont moindres. La solution qui est à l’étude à la B.H.A. est celle d’une reprise sur un nombre limité d’hippodrome : Newmarket et ceux disposant d’un hôtel dans la structure. Mais on peut multiplier les plans, sans le feu vert du gouvernement, les chevaux continueront à s’entraîner en vain. Et les 2ans moins précoces quitteront les écuries pour partir en vacances.

Chester et York déjà annulés. Deux meetings de très haut niveau – Chester et York –, avec des préparatoires au Derby, ont carrément été annulés. Cette semaine, le Craven Meeting était à l’affiche, une date qui lance traditionnellement la saison. Pas de Craven meeting donc. Andrew Balding, qui entraîne Kameko (Kitten’s Joy), le lauréat du Futurity Trophy (Gr1), a annoncé que le poulain ferait son retour dans les 2.000 Guinées (Gr1). C’est une bonne idée. Sauf qu’on ne sait pas quand et où sera disputé le premier classique de la saison. Il n’est pas facile d'entraîner un cheval pour le Derby sans avoir un calendrier des courses préparatoires. Mais de quel calendrier parle-t-on si même la date d’Epsom est inconnue ? Et pourra-t-on même courir le classique sur cette piste historique ?

Une remise de 10 % sur l’usage des pistes. Le seul fait sûr et certain de cette semaine en Angleterre est une décision prise par le Jockey Club. Propriétaire des lieux, l’entité a décidé de baisser de 10 % le tarif d’usage des pistes de Newmarket et du centre d’entraînement de Lambourn pour les mois d’avril, mai et juin. Il faut savoir que le tarif mensuel est facturé à 132,90 £ (152 €), plus la T.V.A. Pour le propriétaire de quatre chevaux, c’est une économie de soixante euros par mois. Pour celui qu’en a deux cents c’est 3.040 € de moins, c’est à dire 9.120 € au bout de trois mois. Si quelqu’un peut avoir deux cents chevaux à l’entraînement… 9.120 €, c’est de l’argent de poche. On peut voir les choses de l'autre côté du carnet de chèque. Environ 3.000 chevaux s’entraînent à Newmarket. Le Jockey Club renonce donc à 45.600 € par mois…

Et en Irlande ? Rien de vraiment neuf en Irlande depuis l’annonce de la fermeture des hippodromes jusqu’au 5 mai. Brian Kavanagh, l’homme fort des courses du pays, et son équipe sont au travail. Plusieurs hypothèses attendent une décision du gouvernement. Le seul fait acquis est qu’en Irlande, la régionalisation de la reprise n’est pas prise en considération. Pendant ce temps, l’hippodrome de Dundalk, le seul avec une P.S.F., a commencé les travaux pour renouveler sa piste. La prochaine réunion est à l’affiche le 12 juillet et les dirigeants de l’hippodrome ne semblent pas paniquer. Certainement l’avantage de vivre dans un pays rural et moins international que l’Angleterre.