L’ÉDITORIAL - Ce que peut faire le PMU aujourd’hui pour aider les courses

Courses / 16.04.2020

L’ÉDITORIAL - Ce que peut faire le PMU aujourd’hui pour aider les courses

Par Emmanuel Roussel

« L’article de Mayeul Caire dans la dernière édition de Jour de Galop, intitulé « Courir le 11 mai… et booster pmu.fr » évoque un point important de la reprise des activités hippiques dans notre pays. Faute d’une remise en route du réseau traditionnel, le réseau en ligne, à savoir les paris sur internet, ne suffit pas, en l’état. Cette crise a rendu le retard accumulé sur ce point assez manifeste, et la nécessité de rattraper ce retard d’autant plus urgente.

L’heure n’est pas à la polémique. Il faut être pratique.

Un professionnel du trot me demandait tout à l’heure s’il y avait des solutions pratiques à très court terme pour soutenir une éventuelle relance des courses sans le soutien du réseau en dur, qui représentait encore, en 2018, près de 80 %.

Si l’écoute de l’État est aussi positive, et faute d’obtenir son blanc-seing, voilà ce qui pourrait être envisagé.

  • Union sacrée des opérateurs : offrir pour une durée déterminée à tous les opérateurs la possibilité de collecter certains paris en masse commune avec la masse offline du PMU. Aujourd’hui, le bénéfice serait négligeable mais à la réouverture, tout le monde y gagnerait, et une concurrence sur le service ferait du bien au site pmu.fr, même s’il gagne tous les ans un prix pour offrir le meilleur service. C’est le moment de le vérifier ! Zeturf vient le faire avec ATG sur le pari V75. La masse séparée a coûté cher au PMU, y compris dans son application technique, mais je ne peux pas croire qu’une porte de sortie n’ait pas été ménagée. Je ne peux pas croire non plus qu’il soit si difficile de transformer un quelconque opérateur de devenir une forme de guichet virtuel de pris de paris.

Accessoirement, cette mesure permettrait de faire le pari à l’avenir d’un développement des services au client.

  • Import-export : une ou deux réunions françaises par jour seront insuffisantes pour générer assez de revenus. Mais nos voisins seront confrontés aux mêmes problèmes. C’est le moment de créer un pool européen. En attendant, organisons nos programmes pour éviter que nos courses, distribuées dans un maximum de réseaux européens, ne se retrouvent en concurrence frontale.
  • Animer et simplifier : l’activité en ligne permet de proposer rapidement des paris simples de type 1N2 (duels de chevaux dans une course, de jockeys dans une journée, en mutuel), et en plafonnant les mises, pour offrir aux parieurs de sportif un environnement familier. Ces duels peuvent se gérer comme des courses avec paris en jeu simple gagnant, les partants étant remplacés par différents résultats possible (exemple : A dans les 4 premiers devant B, B dans les 4 premiers devant A ou ni A, ni B dans les 4 premiers).
  • S’ouvrir au sportif : ouvrir les paris hippiques aux comptes sportifs et vice versa.
  • Contribuer : proposer aux parieurs de donner une partie de leurs gains, de façon optionnelle (tout le monde a été sollicité au McDonald’s en prenant sa commande, ce n’est pas du chinois), aux fonds caritatifs qu’ils auront désigné. Les parieurs doivent se sentir solidaires et pouvoir le montrer facilement.
  • Intégrer : toutes les courses françaises peuvent enrichir l’offre en ligne au fur et à mesure de leur reprise, où que ce soit, en plafonnant les mises pour éviter de déséquilibrer les pools locaux. Se comporter comme un monopole appliquant d’autorité des restrictions sur un réseau qui autorise et demande au contraire une grande flexibilité n’est plus de mise dans un monde où le nombre global de courses pourrait être revu à la baisse, faute d’un financement suffisant.

Les difficultés pour mettre ces propositions en pratique ne doivent pas être sous-estimées. Il y a des contraintes légales, plus faciles à lever pour l’État aujourd’hui que d’octroyer des fonds. Les contraintes techniques sont réelles, mais en se limitant aux seuls paris en ligne, du bon sens devrait pouvoir venir à bout de ces rigidités.

Quant aux contraintes économiques, elles seront toujours moindres que les conséquences si l’opérateur des sociétés de courses demeurait passif. Il ne s’agit plus d’avoir raison, mais de sortir vainqueurs d’une bataille à laquelle nous n’étions pas préparés. »