La nostalgie n’est plus ce qu’elle était

Autres informations / 08.04.2020

La nostalgie n’est plus ce qu’elle était

La nostalgie n’est plus ce qu’elle était

À partir d’aujourd’hui, Jour de Galop a l’honneur de publier en avant-première les mémoires d’Emmanuel – "Manu" – Roussel, journaliste, éditeur, éleveur, propriétaire, rédacteur de catalogues de ventes, commissaire de courses, spotter, grouillot à la Bourse, conseiller en communication…

Le récit est à son image : écartelé entre humour et mélancolie. Manu aurait pu baptiser son texte La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était, si le titre n’avait déjà été choisi par un autre auteur. Vous allez rire. Vous allez pleurer. Et, nous l’espérons, vous aurez beaucoup de plaisir à le lire.

On y revisite cinquante ans de courses en France et dans le monde. Sous la lumière et en coulisses, notamment dans les cuisines d’une presse hippique dont il aura connu les dernières années de faste, avant que le tableau Excel ne remplace le patron de presse, avant que le business plan ne remplace la ligne éditoriale et avant que la dictature de la brève ne s’impose au temps de lecture.

C’est d’ailleurs pour tenter de lutter contre cette dérive que Manu et moi avons créé Jour de Galop en 2007 : nous étions convaincus que les acteurs et les amoureux des courses avaient le goût de la réflexion et de la lecture. Quand nous présentions notre projet, on nous rétorquait souvent : « Les gens des courses ne veulent pas lire. » Je faisais toujours la même réponse : « Si vous servez à quelqu’un un steak surgelé carbonisé et qu’il refuse de le manger, vous en déduisez qu’il n’aime pas la viande. Mais avez-vous essayé de lui servir une entrecôte de chez Polmard cuisinée par Joël Robuchon ? La réponse ne serait sans doute pas la même… » Bref ! Nous avons fait avec "Manu" un pari qui lui ressemblait. Un pari fou.

Il y a, chez Manu, du George Bernard Shaw, le cultissime et drôlissime auteur irlandais. Grand provocateur et anticonformiste absolu, il écrivait notamment : « Celui qui n’est pas communiste à 20 ans n’a pas de cœur ; celui qui l’est encore à 40 ans n’a pas de tête. » En plaisantant, on pourrait dire que Manu a fait le même chemin : trotteur à 20 ans, galopeur le reste de sa vie !

Je vous souhaite une excellente lecture.

Mayeul Caire.