Le Grand Steeple en juin : vos réactions (suite)

Courses / 15.04.2020

Le Grand Steeple en juin : vos réactions (suite)

Nous poursuivons la publication de vos réactions suite à notre article sur le Grand Steeple en juin. David Powell nous a donné son point de vue, lui qui a suivi de très près la carrière de nombreux sauteurs appelés à se produire au plus haut niveau.

David Powell

« Votre étude est très intéressante, et confirme bien l'avis de la plupart des professionnels, à savoir que la casse n'est pas une question de dates, mais de piste et de température. Les carrières des chevaux d'Auteuil ont été mises en péril et globalement écourtées depuis que fut décidée une nouvelle politique – celle de moins arroser Auteuil, et donc de moins entretenir. Il serait d'ailleurs passionnant de faire une étude sur le nombre de sorties totales dans les carrières des chevaux qui ont fait l'arrivée des Grands Steeples, au fil des ans.... Une chose est certaine, celui de 2018, couru sur du macadam, a été meurtrier, alors qu'il n'aurait pas dû l'être : les jockeys étaient unanimes pour dire qu'ils n'avaient jamais monté dans cette épreuve avec un terrain pareil. La météo est assez capricieuse pour qu'il puisse faire plus chaud un 15 mai qu'un 30 juin, et par ailleurs le solstice se situe le 22 juin, ce qui permet de courir en semi-nocturne – mais à condition d'arroser suffisamment la nuit précédente pour que la fraîcheur se conserve pendant toute une journée de soleil si on démarre la réunion en fin d'après-midi .... La règle interdisant d'arroser la veille fut édictée pour empêcher, sur certains petits hippodromes, l'arrosage de dernière heure d'une piste en béton, ce qui la rendait glissante, mais ce genre de cas n'a plus cours, me semble-t-il, et il serait donc urgent de l'abroger. On constate chaque automne la quantité de casse en septembre, avec la fraîcheur des rentrants combinée à un déficit d'arrosage sur une piste encore cabossée par le meeting de printemps ... Et la compression du calendrier pour préparer le weekend de début novembre oblige à brûler les étapes. Même remarque pour le printemps, de vouloir courir presque toutes les bonnes courses le même week-end, on déforme le programme ... Il faut tout revoir : au printemps, ne pas attendre d'avoir abîmé le terrain pour corder : au contraire, commencer par corder, puis élargir au fur et à mesure, arroser suffisamment pour avoir un vrai "terrain très souple" (il ne suffit pas de l'afficher pour que cela devienne vrai), et construire un programme pour les chevaux, plutôt que faire de l'événementiel – lorsque l'on permettra aux cracks de durer, l'événement suivra. »