Le mot de la fin - Labrador

Le Mot de la Fin / 11.04.2020

Le mot de la fin - Labrador

Le mot de la fin : Labrador

Dans le monde du cheval, quand on compare un galopeur à un chien, c’est rarement de manière positive. Mais il faut toujours se méfier des comparaisons canines. Parce qu’il n’y a rien de tel qu’un cheval pour faire mentir… aussi modeste soit son apparence physique.

Dans l’excellent Horse Trader: Robert Sangster and the Rise and Fall of the Sport of Kings, Patrick Robinson relate d’ailleurs une anecdote assez croustillante. Lorsque Robert Sangster, John Magnier et Vincent O’Brien ont commencé à attaquer le marché des yearlings américains, dans l’objectif de trouver de futurs étalons, les sommes en jeu étaient considérables. Au point qu’ils avaient décidé de fonctionner en équipe, chaque poulain étant inspecté par plusieurs personnes, afin d’éviter au maximum les erreurs de jugement. À Keeneland, ils étaient notamment allés voir un yearling issu de Northern Dancer (Nearctic) et d’une sœur, par Victoria Park, de Nijinsky II (Northern Dancer), lauréat de la triple couronne anglaise sous l’entraînement de l’Irlandais. Le problème, c’est qu’il était minuscule, avec beaucoup de blanc. Au point que le frère de l’entraîneur, Phonsie O’Brien, avait déclaré : « Dieu du ciel ! J’ai un labrador qui est plus gros que lui ! » En cachette, Vincent O’Brien est revenu voir le poulain à plusieurs reprises. Et lorsqu’il s’est présenté sur le ring, les associés ont déboursé avec une certaine réticence 200.000 $ pour l’obtenir, soit l’équivalent de 1,1 million d’euros actuels. Son nom ? The Minstrel ! Lauréat des Dewhurst Stakes, il fut cheval de l’année à 3ans en Angleterre, remportant le Derby, le Derby d’Irlande et les King George VI and Queen Elizabeth Stakes. Mort après quelques saisons de monte outre-Atlantique, il a donné une dizaine de gagnants de Gr1, dont trois lauréats classiques en Europe.