Les entraîneurs prennent leur destin en main

Courses / 13.04.2020

Les entraîneurs prennent leur destin en main

Mercredi, les représentants des associations d’entraîneurs – trot et galop réunis – ont rendez-vous avec le ministère de l’Agriculture. Leur volonté ? Exposer aux pouvoirs publics les difficultés rencontrées par les 20.000 socioprofessionnels que compte la filière hippique en France. Mathieu Boutin (AEP) et Nicolas Clément (AEG) nous en disent plus.

Mathieu Boutin

« Il est de notre devoir d’agir »

« Avant cette réunion de mercredi, nous avons eu et allons avoir plusieurs rendez-vous de travail avec nos collègues trotteurs. Le but de cette rencontre avec des représentants du ministère de l’Agriculture, c’est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la gravité de la situation dans laquelle notre profession est plongée depuis l’arrêt des courses, et les conséquences à moyen terme que nous allons devoir endurer. Nous avons besoin que l’État nous vienne en aide. Hormis l’aide que nous avons reçue récemment suite au déblocage de la caisse de secours, et qui, je le rappelle, est une initiative des associations d’entraîneurs, nous ne voyons rien venir, ou en tout cas, nous ne sommes pas au courant des mesures que compte prendre France Galop. Les sociétés-mères ont été reçues par la tutelle, mais la communication autour de ces rendez-vous est bien opaque… Nous sommes également inquiets quant au projet de remaniement du programme, avec une forte crainte que les petites catégories soient laissées de côté…

Avec le trot, nous avons donc décidé de prendre notre destin en main. Il est de notre devoir d’agir et d’alerter l’État. Bon nombre d’entraîneurs sont déjà dans une situation financière intenable. Le président Macron a déclaré qu’aucune entreprise ne ferait faillite en raison du Covid-19, mais on se rend compte qu’entre ses promesses et la réalité du terrain, il y a un monde… La proportion d’accord des prêts aux entraîneurs par exemple n’est absolument pas satisfaisante. »

Nicolas Clément

« Exposer les difficultés rencontrées sur le terrain »

« Une conférence téléphonique est en effet prévue mercredi entre les représentants d’associations d’entraîneurs, c’est-à-dire Stéphane Meunier pour le trot, Mathieu Boutin pour l’AEP, et moi-même pour l’Association des entraîneurs de galop. Mardi, nous aurons une conférence entre nous. Nous voulons faire comprendre au ministère les problèmes que notre profession rencontre avec l’arrêt des courses, leur expliquer les difficultés rencontrées sur le terrain. Très peu de nos entreprises ont pu bénéficier des aides de l’État, comme le chômage partiel, puisque nous avons besoin de notre personnel pour sortir les chevaux ! Et dans le même temps, nous n’avons que peu ou pas de recettes… C’est encore plus vrai chez les professionnels du trot, qui ont beaucoup de chevaux à eux, mais comme vous le savez, c’est désormais aussi le cas pour nombre d’entraîneurs de galop. Le système des prêts garantis par l’État n’est pas si simple. Si vos capitaux propres sont négatifs, les banques ne vous prêtent pas un centime. Nous allons donc plaider la cause de quelques 20.000 socioprofessionnels, expliquer que nous sommes en mesure d’organiser des courses à huis-clos renforcé avec une discipline rigoureuse… Nous voulons aussi obtenir des garanties sur les allocations : nous ne voulons pas courir pour rien ! Cette conférence téléphonique vient en appui des réunions que les sociétés-mères ont pu avoir avec la tutelle. Une façon d’en remettre une couche en quelque sorte… »