Ne pas oublier la reconversion

Courses / 13.04.2020

Ne pas oublier la reconversion

Le réseau Au-delà des Pistes, aujourd’hui composé de 25 structures de reconversion référencées, a accueilli et suivi plus de 600 chevaux réformés depuis sa création, en 2016. En cette période de crise, l’association a plus que jamais besoin de soutien. Lisa-Jane Graffard, membre du comité du pilotage, explique.

Jour de Galop. – Quelles peuvent être les conséquences de la crise que nous traversons pour la reconversion des chevaux de course ?

Lisa-Jane Graffard. – La situation est bien entendu compliquée en raison de la crise sanitaire que nous traversons actuellement, et la crise économique qu’elle risque d’entraîner. Il est important, cependant, de ne pas mettre la reconversion de côté. Les chevaux en convalescence continuent de nécessiter des soins et du temps, et on peut craindre une augmentation des demandes de placement résultant des difficultés économiques rencontrées par un plus grand nombre d’acteurs de la filière.

Les structures de reconversion référencées faisant partie intégrante de la filière, et subissant un ralentissement considérable de leur activité de présentation et de vente de chevaux, il est important de les soutenir du mieux que nous pouvons. Nous devons les considérer comme l’une des étapes de la vie d’un pur-sang, comme nous tous. Ils ont la charge d’apporter les meilleurs soins à nos anciens pensionnaires, champions … C’est un juste retour des choses.

Pourquoi choisir Au-delà des Pistes pour réformer son cheval en fin de carrière ?

Avec près de 10.000 galopeurs à l’entraînement en France, l’organisation de la reconversion constitue un défi majeur pour la filière. Beaucoup d’initiatives existaient avant la création d’Au-delà des Pistes, et beaucoup de professionnels se sont constitués avec le temps un réseau de proximité pour placer leurs chevaux à réformer. Cependant, ce processus s’est souvent avéré instable (sur le plan administratif et sanitaire) et dans certains cas, néfaste pour l’image des courses. Sans une aide financière et un suivi sérieux, il est très difficile d’assurer un avenir correct aux réformés. Le fonctionnement d’Au-delà des Pistes permet de répondre à ces problématiques. Grâce à une étroite collaboration avec notre réseau de structures de reconversion référencées selon des critères rigoureux, nous nous assurons d’un placement adéquat du cheval, du suivi de sa convalescence, de sa reconversion et enfin de sa traçabilité après adoption sur contrat. Les structures vont effectuer le travail approprié à chaque cheval après un repos nécessaire pour qu’il puisse, à terme, être vendu pour une somme très modeste, monté en toute sécurité et assumé par un cavalier amateur. En cas de pathologie trop lourde, les chevaux seront adoptés comme compagnons de pré.

Vous vous engagez donc sur la traçabilité du cheval après son placement ?

Depuis le partenariat mis en place courant 2019 avec France Galop, nous certifions la restriction d’exploitation des chevaux réformés (un galopeur placé via notre réseau ne pourra pas être acheté pour courir à nouveau en France ou à l’étranger), de l’interdiction de leur abattage, de leur exclusion de la consommation humaine, et de la mise à jour de la carte de propriété. Nous simplifions ainsi la procédure administrative pour les propriétaires.

Cette procédure de "restriction d’exploitation" est assez coûteuse normalement (118 € par cheval) mais en vertu de notre partenariat, les propriétaires bénéficient de tarifs spécifiques auprès de France Galop et de l'Ifce. Lorsqu’ils placent un cheval avec ADDP, ils sont appelés à faire un don de 50 € qui couvre ces démarches.

Toujours dans le cadre de ce partenariat avec France Galop, les structures qui accueillent des chevaux nécessitant une convalescence de deux mois ou plus, reçoivent une aide de 300 € par cheval "vulnérable". Ce soutien financier permet de trouver des solutions pour des chevaux qui seraient autrement très difficiles à placer car soumis à engendrer des frais.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le financement de l’Association et l’utilisation des fonds ?

L’un des premiers objectifs était la mise en place d’un système de financement durable, soutenue par toute la filière. Cependant, depuis la création d’Au-delà des Pistes, nous avons dû effectuer plusieurs levées de fonds (vente aux enchères de saillies, événements caritatifs : Nuit des Amazones, Gala de Deauville, vente aux enchères de l’écurie Vivaldi, etc.)

Nous sommes également soutenus par la Fédération des éleveurs (9.000 € chaque année), et depuis peu par l’Association des entraîneurs de Galop. Je tiens à remercier du fond du cœur tous les donateurs qui participent à ces opérations car sans leur soutien, Au-delà des Pistes n’aurait jamais pu aider autant de chevaux.

L’ensemble de ces dons est affecté à l’activité de placement des chevaux, qui consomme 70 % de nos ressources financières et mobilise une personne à temps plein depuis 3 ans, Julie Degand. Son rôle est de référencer les structures de reconversion, placer les chevaux réformés, gérer la procédure administrative de restriction d’exploitation, verser l’aide pour les chevaux blessés, répondre aux sollicitations d’urgence – cas d’abandon ou de maltraitance, etc.

Le partenariat avec France Galop, mis en place l’an dernier et permettant aux structures de recevoir sur justificatif l’aide forfaitaire de 300 € par cheval blessé et placé via le réseau, a représenté environ 50.000 € en 2019 (sur 180.000 € prévus – composés d’une somme forfaitaire de France Galop, d’un pourcentage sur les prix de courses, d’une contribution volontaire des acteurs de la filière et d’un fonds d’urgence). Nous travaillons conjointement avec France Galop pour un financement plus pérenne et durable. Il faut savoir qu’Au-delà des Pistes n’est pas la seule association soutenue par France Galop dans le domaine de la prise en charge des chevaux réformés. Les chevaux qui sont aux soins de la Ligue française de protection du cheval continuent de recevoir une aide journalière qui mobilise des ressources importantes (environ 200.000 €/an)

Outre le coût du placement des chevaux, il faut aussi vous faire connaître auprès du plus grand nombre…

Environ 30 % de notre budget est consacré aux opérations de communication et de promotion de la reconversion. Ces dépenses sont financées par des accords de sponsoring avec de nombreux acteurs des courses comme Al Shaqab, les Aga Khan Studs, l’A.F.C., Markel, Broadhurst Agency…  ainsi que par des échanges en nature – notamment avec JDG qui diffuse régulièrement et gratuitement la liste de nos structures référencées. Pour la conduite de ces actions, nous avons la chance de pouvoir compter sur l’expertise de Carole Desmetz, qui a pris la suite de Marine Thevenet depuis le 1er février dernier, et sur un réseau de bénévoles très actifs que je tiens également à remercier.

Cependant, le nombre de chevaux qui nous sont adressés ne cesse d’augmenter et nous sommes donc toujours en recherche de nouveaux partenaires financiers pour les aider plus. Nous discutons actuellement avec Arqana et avons reçu des propositions de plusieurs grands haras.

Comment peut-on vous soutenir ?

Tout le monde peut adhérer à l’Association ou faire un don via notre site internet www.audeladespistes.fr. Nous espérons obtenir dans les semaines qui viennent la reconnaissance d’Utilité publique qui nous permettra de proposer la déductibilité fiscale jusqu’à 60 %. On peut également suivre et partager l’actualité d’ADDP sur les réseaux sociaux – Facebook, Instagram, Twitter, Youtube – afin de faire connaître la polyvalence des pur-sang. Nous avons besoin des cavaliers amateurs et de loisir pour prendre soin de nos chevaux dans leur deuxième vie ! Chaque participation est un soutien.

Contacts

Carole Desmetz

Responsable de la communication et des événements

06.86.76.25.06

carole.desmetz@audeladespistes.fr

Julie Degand

Responsable des placements et des structures référencées

07.71.67.71.17

julie.degand@audeladespistes.fr