OKA SHO (GR1) - Daring Tact, invaincue et classique

International / 12.04.2020

OKA SHO (GR1) - Daring Tact, invaincue et classique

HANSHIN (JP), DIMANCHE

Il faut remonter à 2004 pour trouver une lauréate de l'Oka Sho (Gr1), la Poule d’Essai japonaise, invaincue. Il s’agissait de Dance in the Mood (Sunday Silence), une pouliche de classe internationale qui a aussi brillé face aux mâles et à l’étranger. Daring Tact (Epiphaneia) ne sera certainement pas aussi bonne mais quand une pouliche décroche un classique lors de sa troisième sortie, ce qui, au Japon, n’est pas arrivé au cours des quarante dernières années, il faut se pencher sérieusement sur son cas… Deuxième favorite dans un lot de 18 partantes, la pensionnaire de Haruki Sugiyama a fait un truc sur le terrain détrempé par la pluie. Au poteau des derniers 400m, elle avait une demi-douzaine de longueurs à refaire sur Resistencia (Daiwa Major), qui avait gagné sa bataille avec Smile Kana (Deep Impact). Les deux animatrices se sont beaucoup donné (58’’ le premier kilomètre) mais il n’était pas évident de les reprendre. Daring Tact a changé de jambe à 300m du poteau et Yutaka Take, en selle sur Resistencia, l’a vue passer sans même s’en rendre compte.

Terrain lourd et train de course fou. Il faut un peu de prudence quand on juge une course sur un terrain si spécial et après un train de course suicidaire. Le chronomètre nous offre une suggestion : Daring Tact est la seule qui a parcouru les derniers 600m en moins de 37’’ alors que les deux suicidaires ont terminé au trot, respectivement en 38’’20 et 38’’60. Kohei Matsuyama, qui a remporté son deuxième classique, après le Satsuki Sho en selle sur Al Ain (Deep Impact), a expliqué : « Je me suis concentré sur le fait de la garder dans la bonne cadence plutôt que de chercher la bonne position dans le peloton. On était loin des animatrices et un instant, cela semblait mission impossible, mais ma pouliche a répondu d’une façon extraordinaire. Je pense que les 2.400m des Oaks sont bien dans ses cordes, mais d’ici là il faudra beaucoup travailler pour la calmer un peu. Je prie que l’on puisse courir avec le public dans les tribunes. » Le total des enjeux sur la réunion a atteint 22,1 milliards de yens (186,25 M€) dont 14,04 milliards (118,36 M€) sur le classique.

Un premier classique pour Epiphaneia. Daring Tact a été dénichée pour 12 millions de yens (101.280 €) à la vente des yearlings J.R.H.A. et les associés de Normandy Thoroughbred Racing ont eu de la chance car la pouliche, en trois sorties, a remporté 1,32 M€. Elle est la première gagnante de Groupe issue d’Epiphaneia (Symboli Kris S), lauréat du St Leger japonais (Gr1), qui avait connu son jour de gloire en remportant à 4ans la Japan Cup (Gr1) associé à Christophe Soumillon. L’année dernière, il avait terminé deuxième dans le classement par gains des first crop sires, derrière Kizuna (Deep Impact), qui l’avait aussi devancé dans le Derby japonais. Epiphaneia avait eu plus de gagnants (34) que son rival (27), mais ce dernier compte pour le moment un meilleur score dans les courses black types avec 4 lauréats de Groupe et 11 chevaux de Stakes sur 182 foals. Epiphaneia, quant à lui, a donné 7 sujets black types sur 157 foals. Les deux ont commencé leur carrière au même tarif, 2,5 millions de yens (21.000 €) et après la réussite de leurs premiers produits (et la mort de Deep Impact et King Kamehameha), ils ont plus que doublé. Epiphaneia est proposé à 5 millions (42.000 €), Kizuna à 6 millions (50.500 €).

La souche est au Japon depuis plus de vingt ans. La mère de Daring Tact, Daring Bird (King Kamehameha), a couru une seule fois, sans briller, à 3ans, et la pouliche est son deuxième produit. La deuxième mère, Daring Heart (Sunday Silence), double lauréate de Gr3, s’est classée deuxième dans la NHK Mile Cup (Gr1), face aux poulains, et troisième de l'Oka Sho en 2005, mais n’a pas très bien produit. Cette souche est arrivée au Japon en 1998 suite à l’achat, pour 435.000 $ (l’équivalent de 490.000 € à l’époque), de la troisième mère, Daring Danzig (Danzig), par Shadai Farm. Quand la famille Yoshida avait déniché la poulinière, son meilleur produit, le lauréat de Gr1 Ecton Park (Forty Niner), était un 2ans inédit. Au Japon, elle a aussi donné Pit Fighter (Pulpit), gagnant de Gr3 sur le dirt à trois reprises.

Daring Bird n’est pas une poulinière facile à croiser car elle est par King Kamehameha et sa mère est par Sunday Silence. Epiphaneia, qui a Sunday Silence en troisième génération, fait partie des noms jouables et Daring Bird a donné avec lui une 2ans et une yearling avant de rencontrer en 2019 le sprinter américain Drefong (Gio Ponti).