Où, quand et comment va-t-on courir ?

Courses / 22.04.2020

Où, quand et comment va-t-on courir ?

Où, quand et comment va-t-on courir, quand le feu vert sera donné par les pouvoirs publics ? Henri Pouret, directeur général adjoint courses de France Galop, répond, en tablant sur une reprise le 11 mai, ce qui reste une date espérée ce mercredi 22 avril.

Par Adeline Gombaud

Jour de Galop. – Quel a été le fil conducteur de la reconstruction du programme ?

Henri Pouret. – Nous avons cherché, et je l’espère réussi, à maintenir autant que possible les équilibres entre les différentes catégories de courses, entre les différentes régions, et entre le plat et l’obstacle. Nous avons présenté ce nouveau calendrier – qui a été remanié à plusieurs reprises, dont la dernière fois après l’allocution du chef de l’État annonçant une sortie progressive du confinement à partir du 11 mai – aux commissions techniques du plat et de l’obstacle. Les retours ont été constructifs et les échanges avec les professionnels nous ont permis d’effectuer différents réglages.

Pour consulter le tableau synoptique prévisionnel du plat, cliquez ici.

Pour consulter le tableau synoptique prévisionnel de l’obstacle, cliquez ici.

Il est donc acté que les courses reprendront le 11 mai ?

Il s’agit d’un calendrier espéré, dans l’hypothèse où nous pourrions reprendre les courses le 11 mai, dans des conditions de huis-clos renforcé. Il faut bien sûr que cette possibilité soit accordée par les pouvoirs publics… Nous ne savons pas non plus comment le déconfinement sera effectué. Mais les équipes du programme ont d’ores et déjà travaillé sur des lieux alternatifs au cas où la région parisienne, par exemple, fasse l’objet de restrictions. Nous avons tenté de préparer des solutions différentes en fonction des scenarii envisageables.

Vous parlez de huis-clos renforcé. Quelles seront les contraintes imposées aux hippodromes organisateurs ?

Un cahier des charges est en voie de finalisation par la Fédération nationale des courses hippiques. Nous avons déjà expérimenté le huis-clos renforcé juste avant l’arrêt des courses. Ces réunions se sont déroulées dans des conditions validées par les pouvoirs publics ; je pense notamment aux services de la préfecture de l’Oise pour ce qui concerne les réunions qui se sont tenues à Chantilly et Compiègne. Dans les grandes lignes, nous limiterons au maximum le nombre de personnes présentes sur l’hippodrome, aussi bien pour l’organisation de la réunion que pour l’accompagnement des chevaux. Des contrôles d’accès stricts seront effectués à l’entrée, et il est vraisemblable que le port de masques sera obligatoire, sauf pour les jockeys lors de la course. La prise de température à l’entrée est également possible. Les vestiaires des jockeys seront agrandis pour éviter au maximum la promiscuité…

Qu’en sera-t-il des réunions P.M.H. ?

Il existe deux cas de figure. Le premier cas, c’est celui des réunions P.M.H. qui apparaissaient dans les brochures nationales plat ou obstacle. Il s’agit de celles qui sont programmées sur un hippodrome organisant par ailleurs des réunions premium. Ces réunions seront maintenues à partir du 11 mai et, quand ce sera possible, elles viendront prendre la place de réunions étrangères afin de bénéficier d’une diffusion sur Equidia de tout ou partie de leurs courses. Le second cas, ce sont les réunions P.M.H. qui figuraient dans les brochures P.M.H. plat ou obstacle. Celles-ci n’apparaissent pas encore, au stade actuel, dans le calendrier, car elles font actuellement l’objet de discussions en raison notamment des contraintes d’organisation liées au huis-clos renforcé.

Il faut prendre plusieurs aspects en compte. D’abord la disposition des lieux. Ces derniers doivent être agencés de façon à permettre un bon contrôle des entrées. Il faut aussi un personnel rompu à ces missions de contrôles. Les bénévoles, qui agissent par passion, n’ont pas nécessairement envie de se transformer en agents de contrôle sanitaire. Enfin, il faut considérer les ressources d’un petit hippodrome. Ces dernières viennent essentiellement des entrées, de la buvette, de la restauration, et un peu des paris pris sur l’hippodrome. Sans public, organiser une réunion serait pour eux une perte financière.

Revenons au programme. Pouvez-vous illustrer vos propos quant au respect des équilibres qui a dicté son élaboration ?

Nous avons voulu donner le maximum d’opportunités à chaque catégorie, quel que soit l’endroit où un cheval est entraîné et la discipline dans laquelle il évolue. Ainsi, en ce qui concerne le plat, sur la période du 11 mai au 31 mai, par rapport au calendrier initial, il a été ajouté 14 % de courses supplémentaires sur le programme parisien, et 15 % en régions. Toujours sur le programme parisien, 22 courses pour 3ans ont été ajoutées, dont 9 maidens ou inédits, 5 handicaps et 4 réclamers. Chez les chevaux d’âge, ce sont au total 24 courses qui ont été ajoutées sur cette période, dont 19 handicaps et 5 réclamers. Au total, sur le programme parisien, ce sont 47 courses qui ont été ajoutées du 11 mai au 31 mai. En obstacle, sur les 182 courses non disputées sur les hippodromes premium, 28 % des courses seront reportées. En région parisienne, dans les courses pour les 3ans, 70 % des courses ont été reportées afin de permettre à la jeune génération de débuter et de progresser avant le meeting d’été ; 27 % des épreuves pour les 4ans seront reportées et 20 % des courses réservées aux 5ans et au-dessus seront reprogrammées. Quarante pour cent des handicaps, aussi bien pour les 4ans que les 5ans et au-dessus, en haies et en steeple-chase, seront reconduits.

Comment avez-vous procédé pour rebâtir le programme dit de sélection ?

Il a fallu d’abord choisir des dates pour les Grands Prix. Nous avons eu plusieurs réunions de l’European Pattern Committee, où nous avons acté le fait que, compte tenu des circonstances, nous ferions preuve de la plus grande flexibilité. En clair, nous avons pu choisir nos dates sans nous préoccuper d’éventuelles concurrences avec d’autres pays européens. Les dates des Grands Prix ont été choisies alors que nous tablions sur une reprise des courses le 4 mai. Après l’annonce du président de la République sur le 11 mai, il a fallu décider si nous restions sur les dates que nous avions déjà annoncées en Commission technique, ou si nous les modifiions encore. Nous avons choisi la première option, pour maintenir les repères des socioprofessionnels. En plat, nous avons positionné les Poules d’Essai au 1er juin, les Prix de Diane et du Jockey Club le 5 juillet, à la place du Grand Prix de Saint-Cloud avancé au 28 juin, et cela dans le but que le timing entre Poule et Diane-Jockey Club soit suffisant, alors que le Juddmonte Grand Prix de Paris a été positionné le 13 septembre, remplaçant ainsi le Qatar Prix Niel. Le Prix Saint-Alary aura lieu le 14 juin à ParisLongchamp.

Les grandes dates du plat

  • Emirates Poules d’Essai : lundi 1er juin (Pentecôte) à ParisLongchamp
  • Coolmore Prix Saint-Alary : dimanche 14 juin à ParisLongchamp
  • Prix du Jockey Club : dimanche 5 juillet à Chantilly
  • Prix de Diane Longines : dimanche 5 juillet à Chantilly
  • Juddmonte Grand Prix de Paris : dimanche 13 septembre à ParisLongchamp

Il a fallu ensuite élaborer un chemin pour mener à ces classiques…

En ce qui concerne les Poules d’Essai, la semaine de moins par rapport à notre première hypothèse nous a amenés à supprimer les Prix Djebel et Imprudence. Restent les Prix de la Grotte et de Fontainebleau prévus le 11 mai à ParisLongchamp, le Prix Aymeri de Mauléon, le même jour en semi-nocturne à Toulouse. Concernant le Diane et le Jockey Club, certaines préparatoires ont disparu, comme le Noailles, le François Mathet, et le Pénélope, qui auraient dû avoir lieu pendant la période d’arrêt. Nous avons conservé les Prix La Force et Vanteaux le 14 mai à ParisLongchamp, le Greffulhe et le Cléopâtre le 6 juin à Saint-Cloud, le Guiche et le Finlande le 10 juin à Chantilly, mais aussi des courses comme le Prix de Suresnes à Chantilly et le Prix Caravelle à Bordeaux.

Les principaux aménagements dans les courses de 3ans

  • Fontainebleau/Grotte le 11 mai à ParisLongchamp
  • La Force/Vanteaux le 14 mai à ParisLongchamp
  • Greffulhe/Cléopâtre le 6 juin à Saint-Cloud
  • Guiche/Finlande le 10 juin à Chantilly
  • Paul de Moussac/Sandringham le 19 juin à Chantilly
  • Lys/Malleret le 14 juillet à ParisLongchamp
  • Prix Hocquart le 8 août à Deauville

Pour l’obstacle, vos équipes ont dû effectuer le même travail ?

Exactement. Nous avons reprogrammé les Grands Prix aux dates qui nous semblaient optimales, à savoir le Grand Steeple et la Grande Course de Haies le dimanche 7 juin (initialement réunion du Prix des Drags). Les Prix Alain du Breil et Ferdinand Dufaure ont quant à eux été reportés au samedi 13 juin. Le Prix William Head, possible préparatoire au Grand Steeple, a été transféré à Compiègne, alors que le week-end du 16 et 17 mai, qui accueillait initialement le Grand Steeple et la Grande Course de Haies, accueillera les Prix Murat, Léon Rambaud, Amadou, Jean Stern, ainsi que le Président de la République, que nous avons souhaité reprogrammer, et la Grande Course de Haies de Printemps.

Les grandes dates de l’obstacle à Auteuil

  • Samedi 16 mai : Prix Murat, Grande Course de Haies de Printemps
  • Dimanche 17 mai : Prix Amadou, Léon Rambaud, Jean Stern, Président de la République
  • Dimanche 7 juin : Grand Steeple-Chase de Paris, Grande Course de Haies d’Auteuil, Prix Christian de Tredern
  • Samedi 13 juin : Prix Alain du Breil, Prix Ferdinand Dufaure
  • Samedi 4 juillet : Prix des Drags, La Barka, Aguado, Sagan
  • Lundi 13 juillet : Prix Questarabad La Périchole

Beaucoup craignent un embouteillage lors de la reprise des courses. Qu’avez-vous prévu pour le limiter au maximum ?

Nous avons prévu environ 10 courses par réunion avec possibilité de dédoublements. Je précise aussi que du 11 au 31 mai, les courses seront réservées aux chevaux entraînés par un professionnel titulaire d’une licence délivrée par France Galop. Cette mesure s’impose pour des questions sanitaires, de limitation des déplacements. Quant aux éliminations et aux priorités, nous appliquerons les règles habituelles. Légalement, nous ne pouvons pas limiter le nombre de partants par entraîneur. En revanche, le Code stipule un maximum de cinq chevaux appartenant au même propriétaire et courant sous la même casaque dans une même course.

Qu’en est-il du niveau des allocations offertes lors de cette période de reprise ?

La question n’est pas tranchée. Cela dépendra notamment des aides que nous recevrons de la part de l’État. À ce sujet, il est utile de rappeler le mode de financement des allocations. Celles-ci proviennent des enjeux collectés par le PMU. Pendant l’arrêt des courses, environ 35 millions d’allocations n’ont pas été distribuées. Cela ne veut pas dire que cette somme se trouve dans nos caisses, puisque, comme vous le savez, l’activité du PMU a été considérablement réduite pendant cette période. Globalement, nous n’avons pas dépensé les millions que nous n’avons pas gagnés.