Reprise des courses : où, quand et comment

Courses / 10.04.2020

Reprise des courses : où, quand et comment

Nous attendons tous avec impatience la reprise… et nous attendons tout autant que France Galop communique officiellement sur la date de reprise et sur le nouveau programme. Mais ce n’est pas pour tout de suite. D’après ce que nous savons, France Galop attend les annonces que le président de la République est susceptible de faire lundi soir pour savoir si les courses peuvent reprendre, où elles pourraient reprendre en premier, et à quelle date.

 

Par Mayeul Caire

 

OÙ ?

Du 50/50 pour Chantilly. Du 100/100 pour Deauville

Quand on regarde la carte de France du Covid-19, on se dit qu’il est assez irréaliste que les hippodromes parisiens puissent rouvrir en mai. Donc exit, au minimum, ParisLongchamp, Saint-Cloud et Auteuil avant la fin mai…

Si cela se confirme, cela signifie que le programme « classique » de plat sera déporté vers Chantilly et Deauville. Et que l’obstacle, où Auteuil est sans égal, sera décalé dans le temps. Chantilly pourrait par exemple récupérer des courses comme le Fontainebleau et La Grotte, traditionnellement organisés à ParisLongchamp. Et même le Ganay, s’il a lieu plutôt dans la dernière semaine de mai.

 

Mais si, en plus des champs de courses parisiens, Chantilly et Compiègne n’étaient pas autorisés à rouvrir tout de suite ? L’Oise a été très durement touchée par le virus. On ne peut donc pas écarter cette hypothèse. Alors la Normandie serait plus que jamais le barycentre des courses au galop françaises.

Et c’est Deauville qui hériterait alors du Fontainebleau et de La Grotte – Deauville qui pourrait rouvrir début mai avec le Djebel et l’Imprudence. Toutes les voies menant vers les Poules d’Essai passeraient donc par Deauville. Les Poules aussi, comme pendant les travaux de Longchamp ? Pourquoi pas, au début du mois de juin…

 

 

 

QUAND ?

Le Jockey Club début juillet ; le Grand Steeple mi-juin ?

Nous avons déjà évoqué quelques dates, au fil des hypothèses géographiques.

Mais si on entre plus dans le détail, que peut-on imaginer ?

Première chose, une reprise début mai veut dire les premières préparatoires aux classiques dès le premier jour de la reprise, pour ne pas perdre de temps. Mais on ne va pas non plus toutes les courir le même jour ! En les espaçant un minimum, elles décalent d’autant les classiques, qui pourraient donc avoir lieu à partir du début juin. Ça fait environ trois semaines de décalage par rapport à la normale.

Donc, en partant de la Poule début juin, le Saint-Alary mi-juin, le Jockey Club début juillet et le Diane fin juillet. Sauf si, pour raccourcir un peu la saison classique, France Galop profitait du fait que le Jockey Club n’a plus de sponsor pour fusionner, à titre de test, la journée du Jockey et celle du Diane. Cela fait plusieurs années que l’idée fait son chemin. Elle butait, entre autres raisons, sur la présence de deux partenaires différents pour les deux courses, qu’on aurait eu du mal à convaincre de partager une journée en maintenant le niveau de leur investissement… Mais maintenant, la voie est libre pour créer une grande journée de printemps, qui sera le pendant du jour du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Cela a le mérite de la lisibilité pour le grand public.

Que faire du Juddmonte Grand Prix de Paris ? Impossible de le mettre le même jour que le Jockey, puisqu’il s’adresse aux mêmes chevaux. Il reste donc deux options possibles : le courir le jour du Rothschild, lors du premier dimanche du meeting de Deauville ; ou à l’automne mais quand ?  

 

Et l’obstacle ? Si Paris est déconfiné mi-mai, Auteuil pourra organiser la deuxième quinzaine de mai les préparatoires à la journée du Grand Steeple. Et, tant qu’à faire, monter une super réunion de gala avec les Murat, Léon Rambaud, Amadou, Jean Stern, Président, Grande Course de Haies de Printemps… Après, on compte trois semaines sur le calendrier des Postes collé au frigo, et on affiche un Grand Steeple, un Alain du Breil, un Ferdinand Dufaure et une Grande Course de Haies le premier ou le deuxième dimanche de juin (en fonction du point de départ de la saison).

La suite ? Sans doute en juillet, en matinée afin d’éviter la chaleur, pour les Drags, le La Barka, le Questarabad, le La Périchole… Et le programme pour femelles suivrait un décalage homothétique.

Attention toutefois ! Plusieurs éléments portent à croire (sans certitude non plus) que Paris sera déconfiné en juin plutôt qu’en mai. Alors que faire pour Auteuil ? On ne va tout de même pas courir en août ? Faudra-t-il donc courir directement les bonnes courses ? À priori, la solution sera de courir les courses d’Auteuil sur un autre site, en gardant le calendrier mai-début juillet.

 

 

 

COMMENT ?

L’épineuse question d’un transport répondant aux normes sanitaires…

Pratiquement, la validation du programme serait acquise du côté des commissions techniques du plat et de l’obstacle… mais seulement sur un scénario débutant début mai.

Ça se tente. Mais il va falloir multiplier les précautions de tous ordres : pour le voyage des chevaux, par exemple. Pendant la saison de monte, la condition est que le chauffeur – qui est souvent l’éleveur lui-même, d’ailleurs – doit rester dans le camion. Pas question de prendre un café avec l’étalonnier ni de caresser l’encolure de sa poulinière. Cela signifie-t-il, aux courses, que le garçon de voyage venu de Chantilly n’aura pas le droit de quitter son camion, une fois arrivé à Deauville ? Qui accompagnera le cheval au box ? Qui le tournera dans le rond ? Voilà d’intéressantes questions pratiques.

Ajoutons à cela le huis clos – y compris pour les propriétaires, voire étendu aux entraîneurs ? –, la distanciation partout sur le site, le port de masque obligatoire, les bouteilles de gel hydroalcoolique disponibles partout sur l’hippodrome. Le tout dûment contrôlé.

 

… et un choix cornélien de reprogrammation ou pas

Si les courses reviennent en mai, un mois et demi de programme sera perdu à la mer. Combien pourra être sauvé, en étant reprogrammé ? Pas 100 %, c’est évident. Surtout à cette période où le galop court énormément.

En plat, on devrait être autour de 15 % de reprogrammation dans les premières semaines. Et cela pourrait aller au-delà, en réimplantant des courses progressivement, jusqu’à la fin de l’année.

L’obstacle ayant moins de réunions, il devrait pouvoir plus facilement remettre à l’affiche ses courses. Sans doute quelque chose comme 30 % des épreuves annulées. Et un peu plus après, encore.

Les reprogrammations doivent être effectuées équitablement : à la fois pour permettre aux jeunes chevaux de démarrer, d’entrer dans le circuit, mais aussi pour offrir suffisamment d’opportunités aux plus vieux, de toutes catégories, capables de fournir les partants attendus.