Suédois tire sa révérence

Courses / 10.04.2020

Suédois tire sa révérence

Vainqueur des Shadwell Mile Turf Stakes (Gr1), en 2017, le globe-trotter Suédois (Le Havre) ne sera plus revu en compétition. Son entraîneur, David O’Meara, a annoncé la nouvelle ce mercredi sur son site Internet. Retour sur le parcours d’un cheval d’exception.

Après un excellent début de carrière en France, où il a gagné le Prix de Meautry (Gr3), Suédois avait été cédé 165.000 € à Nick Bradley et Jason Kelly lors de la vente de l’Arc, en 2015, pour le compte de George Turner et Clipper Logistics. Deuxième du Cammidge Trophy (L) lors de sa première sortie pour son nouvel entourage, au printemps de ses 5ans, le cheval a gravi les échelons jusqu’à devenir un élément de top-niveau. Cette année-là, il a notamment conclu deuxième de la July Cup (Gr1), mais aussi troisième de la Sprint Cup et du Prix de la Forêt (Grs1). À 6ans, Suédois a remporté un premier Groupe à l’étranger en triomphant à Leopardstown dans les Clipper Logistics Boomerang Stakes (Gr2), avant de confirmer au plus haut niveau dans les Shadwell Mile Turf Stakes, pour sa première tentative outre-Atlantique. Ce jour-là, il était devenu le troisième lauréat de Gr1 de son père, l’étalon du haras de Monfort & Préaux Le Havre (Noverre), après les succès des classiques Avenir Certain et La Cressonnière, auteures toutes les deux du doublé Poule d’Essai des Pouliches/Prix de Diane.

Une polyvalence hors du commun. L’année suivante, Suédois a échoué de peu pour la victoire dans les Memorial Summer Mile Stakes (Gr2), terminant troisième à une demi-longueur du gagnant, Beat the Bank (Paco Boy). Deux semaines plus tard, il est de nouveau passé tout près d’une nouvelle victoire de Groupe dans les Lennox Stakes (Gr2), concluant deuxième à une encolure de Sir Dancealot (Sir Prancealot). En 2019, Suédois a gagné les Supreme Stakes (Gr3) à Goodwood, avant de retenter sa chance dans les Shadwell Mile Turf Stakes (Gr1), où il a terminé troisième. Le 16 janvier dernier, le protégé de David O’Meara a franchi pour la dernière fois le poteau en tête dans un handicap à Meydan. Après une cinquième place lors de la réunion de la Saudi Cup, à Riyad, Suédois tire sa révérence à l’âge de 9ans et va désormais profiter d’une retraite bien méritée au haras de ses propriétaires, à Branton Court. En 50 sorties, il a franchi dix fois le poteau en tête et s’est placé à 33 reprises, amassant 1.728.303 € de gains. Performant sur des distances allant de 1.000m à 1.600m, Suédois a également montré sa polyvalence en termes de terrain. Capable de gagner sur le gazon comme sur le sable, il a fait ses preuves à la fois en bon terrain et en terrain souple, et s’est illustré dans cinq pays différents.

À 2ans, il sortait déjà de l’ordinaire. Élevé en France par Élisabeth Vidal, Suédois avait commencé sa carrière chez Christian Baillet, qui a cessé d’entraîner en août 2017 à l’issue d’une carrière bien remplie. Outre Suédois, il a également brillé à bon niveau avec Myasun (Prix de Seine-et-Oise et de Meautry, Grs3), Désert Blanc (Prix du Pin, Gr3), Maiguri (Prix Roland de Chambure, L, et 3e du Critérium International, Gr1), Noce (Prix des Rêves d’Or, L), Loda (Prix de Bonneval, L), Calahorra (Prix de la Vallée d’Auge, L)… sans oublier la championne pur-sang arabe Al Mouhannad (Jebel Ali Racecourse Zaabeel International Stakes, Gr1 à trois reprises). Au sujet de Suédois, Christian Baillet se souvient : « Sylvain et Élisabeth Vidal m’avaient envoyé le cheval car ils n’avaient pas réussi à le vendre. Au départ, Suédois n’était pas très beau. Au bout de trois ou quatre mois, j’avais dit à Sylvain que le cheval sortait de l’ordinaire. Étant né au mois de mai, il n’était pas précoce. Je l’ai fait débuter en fin d’année de ses 2ans sur le mile de La Teste, où il a d’emblée prouvé sa qualité en terminant deuxième. Nous l’avons ensuite raccourci progressivement, et il est devenu ce qu’il est devenu… Suédois n’avait pas de bons pieds, il allait aux courses avec des fers collés ; il a fallu le laisser venir gentiment. Dans l’ensemble, il était assez facile, mais il avait beaucoup d’influx et il fallait le gérer. Au printemps de ses 3ans, il avait commencé à devenir très chaud ; après sa cinquième place dans le Prix du Pont-Neuf (L), Christophe-Patrice Lemaire m’avait dit en descendant du cheval qu’il fallait le castrer, ce que nous avons fait. Cela lui a fait beaucoup de bien, comme l’a montré la suite de sa carrière. À 4ans, il a décroché sa première victoire black type dans le Prix Servanne (L), avant de gagner le Prix de Meautry (Gr3) quatre mois plus tard. Nous avions décidé de l’inscrire aux ventes, car les chevaux de vitesse n’ont pas beaucoup d’options en France en vieillissant. Depuis son départ de l’écurie, je l’ai toujours suivi, et je n’ai pas été surpris de la suite de sa carrière. Nous savions que Suédois était un très bon cheval ! Il ne nous a jamais déçus. »