TRIBUNE LIBRE - Certains ne comprendront jamais 

Courses / 12.04.2020

TRIBUNE LIBRE - Certains ne comprendront jamais 

Par François Forcioli-Conti, président de la Société des courses de la Côte-d’Azur (Cagnes-sur-Mer)

C’était il y a dix ans déjà. D’aucuns croyaient – les uns de bonne foi, les autres la feignant par esprit courtisan, d’autres encore par couardise et les plus nombreux par simple bêtise – que l’ouverture des jeux à la concurrence serait une "formidable opportunité" pour l’activité hippique. Ils allaient même jusqu’à croire – ou nous faire croire ? – que les enjeux sur le football allaient renflouer les caisses d’un hippisme toujours à sec de trop d’allocations en tout genre.

Partout en Europe, la démonstration avait pourtant été faite que, confronté à la concurrence, l’hippisme ne supportait pas le choc. Mais qu’à cela ne tienne ! Ces désastres étrangers ne pouvaient affecter la France, terre des armes de lois et d’un hippisme "que le monde entier nous envie". Et puis, qu’y avait-il à craindre des jeux sportifs, "qui seraient bien incapables de proposer tous les jours l’éventail des jeux que la filière peut offrir" (sic). 

Il ne fallut par plus d’un an pour que le coq gaulois, hier dressé sur ses ergots, ne se mette à flageoler !

Et ne voilà-t-il pas que, ces jours derniers, des esprits éclairés reprennent le ténébreux flambeau dans JDG, en préconisant le "rapprochement" de l’Institution des courses avec la Française des Jeux, vantant le dynamisme économique de cette merveilleuse et certainement philanthropique entreprise dont l’Institution ne pourrait que s’enrichir en s’ouvrant à ses bras. 

Faux ! Cessons de faire semblant d’ignorer ce que sont les courses ! Avec vos conseils d’épiciers, elles perdraient d’abord leur âme, puis tout simplement leur existence-même. Car les courses sont d’abord une culture, sans laquelle elles n’ont guère plus de sens que des courses d’escargots ou de cafards – tout comme les courses virtuelles sur lesquelles certains fantasment. 

C’est bien parce que c’est une culture, et une culture assumée par des bénévoles, que les plus beaux espaces de nos villes et de nos campagnes leur sont encore attribués. Porteuses de valeurs éthiques, esthétiques et écologiques, elles ne se réduisent pas à la seule valeur marchande à laquelle certains veulent les relier à tout prix.

Ah ça oui ! La FDJ serait bien heureuse de s’accaparer une clientèle et un réseau dont elle comprendrait vite (mais elle l’a déjà fait) que la rentabilité est ridicule au regard de celle de ses sphères, de ses boules et de ses grattages. Après avoir raclé l’os, elle le donnerait aux chiens et c’en serait fini… Dans l’intérêt de ceux ayant déjà souscrit au capital de la Française des Jeux !