TRIBUNE LIBRE - Faire écurie

Courses / 21.04.2020

TRIBUNE LIBRE - Faire écurie

Par Hubert de Watrigant, peintre, dessinateur et sculpteur

« Autrefois, dans les classiques, les grandes écuries, pour aider leur champion, avaient un cheval de jeu, reconnaissable à l’écharpe portée par son jockey, les profanes différenciant le grand et le petit. Même s’il arriva que le leader "aille jusqu’au poteau", pour ces écuries, l’idée était de mettre toutes les chances de leur côté. Un seul but : la victoire.

C’est à la fois avec tristesse et espoir que j’ai lu le mot de Mme Poirier.

Tristesse de ce constat, qui, malheureusement ne date pas d’aujourd’hui. Pourquoi la filière équine, pour reprendre un terme général, est-elle incapable d’unité, de solidarité ? Dans l’adversité, "l’union fait la force ̎ !

Voilà un dicton qui fait peur aux différents acteurs de ce monde si particulier. Peur de perdre, peur d’un manque, peur d’un partage. Comme si le "grand" avait peur du "petit".

Espoir de lire que l’individualisme ne peut être que le fossoyeur d’un monde en difficulté. Simple pensée d’évidence et de bon sens. L’union reste le seul espoir.

Une union derrière un chef, nous demande Mme Poirier. Voilà qui est plus compliqué. Un chef, un leader est reconnu à son autorité naturelle au service d’une compétence. Cela ferait-il défaut au monde des courses hippiques ? Je me garderai bien de répondre, n’ayant pas les fameuses compétences pour.

Profitant de cette période inédite et compliquée, je ne peux que m’attrister de constater l’affairisme caché.

L’individualisme n’est pas que du côté acteurs, il existe aussi chez certains organisateurs.

Les tractations, les manigances vont bon train en coulisses. Déshabiller Paul pour donner à Pierre ou plus souvent pour soi-même. Comme si le grand avait peur du petit !

Attention Mesdames et Messieurs les magouilleurs, votre allié d’aujourd’hui sera votre ennemi de demain.

Une chose est sûre, les courses y perdront.

Alors pourquoi ne pas "faire écurie" pour gagner. »