TRIBUNE LIBRE - La faillite au coin du bois

Courses / 26.04.2020

TRIBUNE LIBRE - La faillite au coin du bois

Par Hervé Chamarty, propriétaire, éleveur

« Il est temps de réagir avant que tout s’écroule. Les ingrédients sont réunis depuis longtemps pour annoncer la fin d’un système antédiluvien : celui de notre monde des courses avec un exemple parmi beaucoup d’autres : Longchamp, un hippodrome en or qui revient trop cher pour assurer les courses normales, une gestion à tomber par terre depuis le départ du seul capitaine d’industrie qui a su l’adapter aux circonstances du moment. Nous sommes plombés par ces mauvaises gestions successives. Le pied du mur est devant nous ! Comment s’en sortir ?

Le vieux démon qui oppose Paris à la province n’a jamais été aussi présent, à l’heure d’une situation inédite où nos courses sont arrêtées suite à la pandémie. La France des courses possède un territoire fantastique par sa quantité et sa qualité, elle est prête à recevoir un grand nombre de courses dans des régions où le risque est minime si les règles sont respectées. Le réservoir de chevaux et d’hommes est largement suffisant pour assurer un début de déconfinement en toute sécurité. Il est très simple de proposer au gouvernement un plan intelligent dans ce sens afin de retrouver très vite les champs de courses, même à huis clos.

Un nouveau jeu attractif s’impose ! J’ai proposé il y a plus d’un an de créer un jeu totalement différent de notre Quinté. En effet, la situation actuelle de notre système de santé nous oblige à un grand changement dans l’organisation du service des urgences. Il s’agirait de retrouver un service intermédiaire en partenariat avec l’État qui s’appelait "le dispensaire", si utile pour désengorger les urgences par le traitement des premiers secours. J’ai proposé d’organiser une course toutes les semaines, le dimanche par exemple, avec un ticket à 10 €, dont une large partie irait vers le service des urgences en ayant, grâce au montant du ticket, un retour parieur très attractif. Ce nouveau jeu pourrait s’inventer en association avec la FDJ afin de profiter de son interaction avec les grands médias, et des points de vente complémentaires.

Nous pourrions retrouver cet esprit de service, comme à l’époque de la loterie pour les "gueules cassées". C’est le moment idéal pour redonner un coup d’attractivité à notre sport.

Je rejoins complètement l’exposé de M. Augustin Normand sur le rapprochement avec la Française des Jeux. Nous sommes sur la même clientèle (avec quelques nuances bien sûr).

Le PMU est au point mort, je pense qu’il peut mettre en œuvre rapidement un projet comme celui-là. Il nous faut sortir des sentiers battus, et retrouver de l’attractivité dans tous les secteurs. »