Un jeu innovant, à la rencontre du trot et du galop, pour compenser le manque de partants

Autres informations / 25.04.2020

Un jeu innovant, à la rencontre du trot et du galop, pour compenser le manque de partants

TRIBUNE LIBRE

Par Patrick Lapique, président de la société des courses de Tarbes

« On le sait, la manière dont le PMU va reprendre sera primordiale pour l’avenir des courses. C’est pourquoi l’offre proposée devra sans doute s’étoffer, au minimum être repensée pour certaines courses. Ne rien changer serait tragique. La question qui revient est : comment faire jouer les parieurs sur des courses à faible nombre de partants ? Cette situation, me direz-vous, l’obstacle, mais pas seulement, y était déjà confronté. Sauf que désormais il y a urgence !

Pourquoi alors ne pas proposer un nouveau jeu, que nous nommerions "UP" par exemple, un pari qui mixerait les deux cheptels du trot et du galop, jusqu’alors cloisonnés au niveau des paris, l’objectif étant de revitaliser l’espérance de gains dans les courses de galop, dans le cas où celles-ci n’atteignent pas le nombre de huit partants ?

Prenons le cas d’une réunion à ParisLongchamp, avec à l’affiche un maiden réservé aux 3ans et considéré comme un réservoir de futurs bons ou très bons chevaux. Peu d’entraîneurs veulent aligner leurs protégés car les galops du matin ont déjà donné le verdict de cette course. L’épreuve se résume à une lutte entre deux chevaux et ne présente aucun espoir de gains pour le parieur. Autrement dit, c’est un naufrage en termes d’enjeux.

Le "UP" prend ici tout son sens. Ce jeu consiste à :

- opérer un couplé du cheval gagnant de la première course de galop à sept partants et moins ;

- avec le gagnant de la suivante réservée aux trotteurs, une épreuve d’au moins dix partants sur un hippodrome à désigner. Certains, comme Vichy ou Toulouse, offrent même la possibilité de jouer dans la même réunion, où on court à la fois au trot et au galop.

On peut imaginer que l’opération se répète sur une autre, voire deux autres courses de la même réunion de galop, sinistrée en matière de partants, sur les courses de trot adéquates. Ce pari est un espace fermé, un "close up". Le ticket de jeu ne comporterait que deux chevaux, le gagnant pronostiqué au galop, et le gagnant pronostiqué au trot. Si ces deux chevaux sont vainqueurs, le pari est gagnant, et il sera multiplié en fonction de la mise de départ. À l’heure où l’on cherche à simplifier les formules de jeu pour attirer de nouveaux parieurs, cette nouvelle offre va dans le bon sens. En outre, ce pari transformerait l’archi-favori de la course de galop en base de jeu, ce qui inciterait dès lors les joueurs à davantage se pencher sur l’épreuve, eux qui ne la verraient plus comme une course sans perspective de gains possibles.

L’autre avantage de ce nouveau jeu est qu’il associerait les deux cheptels, les trotteurs et les galopeurs, en décloisonnant les deux spécialités, qui clivent grandement les parieurs. Sachant que la masse des enjeux au trot est quasiment celle du galop, cela ne menacerait, a priori, aucune des deux sociétés mères. C’est aussi peut-être un jeu prémonitoire qui augure de la nécessité d’une interaction (qui a dit fusion ?) trot-galop, aucune de ces institutions ne pouvant s’autogarantir de son autonomie économique.

Tout ce qui décloisonnera ira dans le bon sens, surtout à partir de jeux faciles à comprendre et à jouer, à partir, pourquoi pas, d’applications autonomes, marquant l’image de ce jeu, le "close up".

Concrètement, cela pourrait ressembler à cela : réunion 1 à ParisLongchamp avec les deux premières courses à cinq partants, et réunion 2 à Caen (trot), avec la première course à onze partants et la deuxième course à douze partants.

Le jeu possible par course à moins de huit partants : gagnant de la première de ParisLongchamp × gagnant de la première de Caen. Et gagnant de la deuxième de ParisLongchamp × gagnant de la deuxième de Caen.

Le mélange des deux cheptels et le report fermé sont le principe de ce jeu qui, bien sûr, peut être rendu beaucoup plus subtil par des concepteurs professionnels de jeux et de paris.

Ainsi, dans les courses de galop à sept partants, on ouvrira, pourquoi pas, le couplé "UP" au cheval arrivé deuxième ou troisième de la course de trot retenue pour le "UP". Le pari étant limité à trois chevaux, cela donnerait : le gagnant de la course de galop sur le gagnant du trot ou un placé, toujours au trot, devant terminer dans les deux premiers.

On peut imaginer ouvrir ce type de pari aux courses de huit partants et plus au galop, mais cet élargissement ferait perdre au parieur l’attractivité d’une base de jeu bien plus garantie en cas de faible nombre de partants.

C’est au PMU que reviendrait le dernier mot concernant la désignation des courses de trot retenues comme support du jeu gagnant et qui rendra le jeu plus ou moins spéculatif, en fonction du caractère ouvert ou fermé de ces courses, et donc de la force ou pas des favoris, et par conséquent de l’amplitude théorique des rapports.

Rien de mieux que l’avis de joueurs professionnels pour bonifier ce principe de jeu. »