Un nouveau chapitre s’ouvre à Sarona Farm

Élevage / 25.04.2020

Un nouveau chapitre s’ouvre à Sarona Farm

Un groupe d’investisseurs a acquis le haras de Bernesq en 2019 avant de le renommer Sarona Farm. Après plusieurs mois d’observation, ces derniers ont décidé de changer l’équipe en place. Petit à petit, l’activité reprend.

La nouvelle équipe est encadrée par Natacha Lerner (responsable d’élevage) et Jean-Christophe Étienne (responsable du débourrage et du pré-entraînement). Natacha Lerner a travaillé au haras du Cadran et chez Coolmore avant de devenir pendant près d’une décennie le premier garçon de l’écurie familiale. Jean-Christophe Étienne a fait ses classes chez Philippe Chemin et Guy Cherel. Ensemble, ils ont déjà géré pendant trois ans une écurie de débourrage et de pré-entraînement. Parmi les investisseurs on trouve (entres autres) Marc Silbermann et Jeremy Orlowski (président de Value IT).

Repartir d’une feuille blanche. Natacha Lerner explique : « Il y a une page de l’histoire du haras de Bernesq que tout le monde veut tourner. Ses nouveaux propriétaires ont pris le temps d’observer son fonctionnement et ils ont pris leur décision : les hommes ont changé, nous n’avons plus aucun lien avec M. Benillouche. L’objectif est que la structure retrouve petit à petit la qualité et la bonne image qui a été la sienne par le passé. Le potentiel du site est remarquable. Mais beaucoup de travail reste à faire, pour le remettre en état et pour lui redonner sa pleine fonctionnalité. Petit à petit, nous allons renouveler la jumenterie. Cela a déjà commencé, mais ces investissements qualitatifs vont se poursuivre graduellement.

Out of Town (Kentucky Dynamite), une placée de Listed acquise à Deauville, va rapidement revenir en course. Nitza (Indygo Shiner), une placée de Groupe, vient de nous donner une belle pouliche par Zoffany (Dansili). Elle devrait aller aux ventes. Nous avons aussi un produit de Gleneagles (Galileo). »

Une structure polyvalente. Natacha Lerner poursuit : « Progressivement, nous allons donc revenir aux ventes avec des yearlings. Mais le site est vaste, avec un vrai potentiel, et nous relançons dans un premier temps le débourrage et le pré-entraînement avec une certaine ambition. Dans un deuxième temps, l’entraînement sera lui aussi relancé, pour les chevaux qui n’ont pas le niveau pour courir à Paris, notamment en obstacle. Nous avons des pistes, des boîtes de départ, un marcheur de qualité… Nous pouvons déjà faire naître, élever, débourrer et pré-entraîner, mais avec un nombre maîtrisé d’animaux. En effet, pour l’instant, les effectifs sont volontairement limités car il faut mener la remise en état de front avec la gestion des chevaux au quotidien. Nous attendons d’avoir un site parfaitement en état pour accueillir des clients. Je tiens par ailleurs à remercier Michel Guillois, qui fut responsable du site pendant trente-cinq ans. Il nous a énormément aidés. Comme beaucoup de gens, il rêve que ces lieux chargés d’histoire retrouvent leur splendeur passée. »

Un projet à long terme. Marc Silbermann fait partie des investisseurs. Il est actuellement sur le site et il nous a confié : « Nous avons décidé de repartir sur des bases saines, avec Natacha Lerner et Jean-Christophe Étienne, deux personnes qui connaissent bien leur métier. Le groupe d’investisseurs qui a racheté la structure est issu du milieu de l’informatique. Leurs activités sont en forte croissance et ils savent bien qu’il faut du temps pour relancer une entreprise, qu’il faut investir aussi. Nous voulons relancer ce haras, avec des gens de confiance qui ont la connaissance du métier et des chevaux. Les investisseurs vont de leur côté apporter leur expérience en matière de gestion. Mais aussi moderniser l’outil de travail, en faisant appel à l’informatique par exemple. Nous avons bien conscience que la réputation du haras de Bernesq s’est considérablement dégradée au fil des années avant son changement de propriétaire. Nous voulons clairement annoncer à l’ensemble de la profession, au voisinage, aux clients et aux fournisseurs que la page est tournée, que nous avons changé d’équipe. Nous avons bien conscience aussi que le marché va connaître des années difficiles et qu’il va falloir faire preuve d’une certaine résilience et de persévérance. Mais, lorsque le marché repartira, Sarona Farm sera en ordre de marche. En attendant, on se serre les coudes et on avance, car le travail ne manque pas. Nos objectifs portent sur le long terme et ils sont réalistes. »