Comment ils ont sauvé les courses

Courses / 09.05.2020

Comment ils ont sauvé les courses

Dès jeudi soir, la rumeur s’est répandue. Les courses ne reprendraient pas comme prévu lundi prochain. Pourquoi ? Selon ce qui a filtré, lors du conseil de défense préalable à la prise de parole d’Édouard Philippe au sujet du plan de déconfinement, jeudi après-midi, le sujet des courses serait venu sur la table. « Que fait-on avec les courses ? », aurait demandé l’animateur de la réunion. Réponse d’Emmanuel Macron : « Comme pour les autres sports. » Comprendre : reprise le 5 juin. Au plus haut sommet de l’État, l’affaire est entendue. Un décret prescrivant les activités encore interdites dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire – dont les courses – doit être publié dimanche soir ou lundi. Mis au courant dès jeudi soir, Édouard de Rothschild informe les personnes les plus aptes à l’aider à faire évoluer la situation.

Branle-bas de combat vendredi matin. Réunion de crise entre les dirigeants des deux sociétés mères, définition de la marche à suivre pour infléchir les pouvoirs publics. Édouard de Rothschild sollicite François Bayrou, lui demandant d’intervenir auprès d’Emmanuel Macron, et en informe Philippe Augier, en contact régulier depuis le début de la crise avec Édouard Philippe. Le maire de Deauville décide lui aussi de contacter le président de la République. Les deux hommes échangent dans la matinée. Dans l’après-midi, une fois ses obligations d’édile accomplies, François Bayrou appelle Emmanuel Macron. Il est 16 h 30. Les présidents des deux sociétés mères, quant à eux, multiplient toute la journée les contacts pour convaincre les pouvoirs publics, agitent la fourmilière.

Ce n’est qu’à 22 h 30 que le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, appelle Édouard de Rothschild. Il vient de raccrocher avec Emmanuel Macron et informe le président de France Galop que l’issue est favorable et qu’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, la mettra en musique samedi matin. Vu l’heure, le coup de fil ne s’éternise pas. Un peu avant minuit, Édouard de Rothschild prévient François Bayrou et Philippe Augier, puis poste un message sur Twitter dans la foulée, annonçant que les courses pourront reprendre.

Samedi matin, il contacte Sylvain Reallon, collaborateur de Didier Guillaume et administrateur du PMU, pour s’assurer de la bonne mise en œuvre de la mécanique législative. À 13 h 25, le communiqué tant attendu tombe : c’est définitivement oui pour les courses le 11 mai !

Contacté samedi en fin de journée, après 24 heures particulièrement éprouvantes nerveusement, Édouard de Rothschild nous a dit : « Le fait que les pouvoirs publics aient révisé leur décision est une marque significative de reconnaissance de ce que le monde des courses représente et apporte. La reprise des courses ce lundi est le résultat d’un beau travail collectif qui dure depuis plusieurs semaines. Je pense que cela restera comme un exemple de gestion de crise très honorable. Je veux aussi souligner la qualité du travail de mes équipes, tant sur l’élaboration du cahier des charges sanitaires, qui fait référence au niveau européen, que sur celle du programme. »