Emmanuel Viaud : « Si vous avez déjà acheté sur Amazon, vous serez capables de placer des enchères »

Institution / Ventes / 25.05.2020

Emmanuel Viaud : « Si vous avez déjà acheté sur Amazon, vous serez capables de placer des enchères »

Mercredi à 13 h 30, Osarus va lancer une première mondiale, avec sa breeze up 100 % en ligne et en direct. Une vacation d’un genre nouveau qui sera au centre de toutes les attentions. Quarante-huit heures avant l’échéance, Emmanuel Viaud, le directeur général de l’agence, nous a livré ses impressions.

Jour de Galop. – Quel est votre sentiment alors que l’agence Osarus s’apprête à lancer sa première vacation de la saison 2020 ?

Emmanuel Viaud. – Cette vente sera totalement numérique, un format qui a été déjà utilisé avec des yearlings ou des chevaux d’élevage en Australie, mais jamais à ce jour pour une breeze up. À quelques exceptions près, les traditionnels galops sur l’hippodrome de La Teste ont été remplacés par des vidéos prises sur d’autres sites. Et tout s’est bien passé. La majorité de ceux préparés dans le Sud-Ouest ont fait leur canter à Mont-de-Marsan, à l’image du lot conséquent de Yann Creff. Les 2ans de l’Ouest et de Normandie ont pour la plupart galopé devant la caméra sur l’hippodrome d’Argentan. Les poulains du haras de la Barelière ont été filmés à La Roche-Posay. Trois sujets d’Hyde Park Stud ont été filmés en Irlande et John Bourke les livrera à proximité de la Normandie.

Avez-vous rencontré des réticences vis-à-vis ce nouveau format ?

Au départ, certaines personnes nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas acheter sans voir les 2ans en chair et en os. Or malgré le confinement, l’idée de cette formule est justement de pouvoir se déplacer pour voir les poulains sur le lieu de préparation ou lors des canters publics. Entre chaque séance, le calendrier avait été établi pour donner le temps d’inspecter. Et encore ce matin, de nombreuses inspections ont eu lieu.

Les courtiers ont bien travaillé en allant voir les poulains galoper, en regardant les vidéos, en appelant les vendeurs… Au final, une soixantaine de personnes sont déjà inscrites pour pouvoir poser des enchères. C’est très positif et ce n’est pas fini car nous avons eu d’autres demandes ce lundi. Sans verser dans le triomphalisme, c’est déjà une première victoire et il faut continuer sur cette dynamique jusqu’à la vente. Pour l’utilisateur, c’est vraiment très simple : si vous avez déjà acheté sur Amazon ou visionné une vidéo sur Netflix, vous serez capables de placer des enchères ce mercredi. Et pour ceux qui le souhaitent, ce sera aussi possible par téléphone.

Existait-il d’autres alternatives ?

Pas vraiment. Soit nous prenions l’option numérique, soit nous annulions la vacation. Le préalable, c’était le déconfinement et la reprise des courses. Et malgré quelques secousses, elles sont bien reparties en France, tout comme le PMU.

Au final, tout le monde était très content que nous maintenions la vente. Il faut aller de l’avant. Pour les vendeurs et les propriétaires, il est primordial d’aller jusqu’au bout et de vendre leurs 2ans. Et ce lundi, je pense pouvoir faire preuve d’un certain optimisme. Mon téléphone sonne beaucoup. Certains entraîneurs français, un peu bousculés par le programme très dense de la reprise, n’hésitent pas nous solliciter en dernière minute pour prendre des renseignements. Certains courtiers nous disent que leurs clients sont heureux de pouvoir poser eux-mêmes leurs enchères en ligne.

Nous sommes tous face à une situation totalement nouvelle. Moi y compris : je vais parler devant un écran, sans public et sans chevaux devant moi. Et mon commissaire-priseur va plus intervenir que d’habitude pour m’épauler.

Des chevaux initialement prévus pour BBAG sont finalement venus rejoindre votre vente…

Absolument, ceux de Larissa Kneip et deux poulains du haras d’Annebault. L’étalon Sea the Moon (Sea the Stars) impressionne par ses statistiques et nous aurons l’un de ses produits, le 14 bis. Larissa Kneip présente aussi une fille d’Helmet (Exceed and Exel) dont la mère a déjà donné trois lauréats de Stakes. Sa page est toute noire.  Le lot 73, une sœur de trois black types par Wootton Bassett (Iffraaj), suscite aussi beaucoup d’intérêt.

Plus généralement, comment juger le catalogue ?

L'écurie Prévost Baratte présente notamment le lot 5. C’est une sœur de My Love's Passion (Elvstroem), laquelle va courir la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) peu après la vente.

L’écurie La Frênée présente le propre frère du cheval de Groupe French Pegasus (French Fifteen). Yann Creff et l’écurie de la Dentelle ont des lots de qualité, par des étalons très actuels.

Je tiens à tirer mon chapeau aux présentateurs. Ils ont fait un travail formidable dans une période très anxiogène. Merci à tous ceux qui jouent le jeu ! Surtout que l’actualité offre de beaux exemples de la réussite des chevaux issus de la breeze-up Osarus, à l’image de Joe Français (George Vancouver), deuxième du Grand Prix de Bordeaux - 2e Étape du Défi du Galop (L), ou encore Gold Tweet (On Est Bien), lauréat de 30 longueurs pour ses débuts sur les haies de Vichy. Son propre frère va passer en vente ce mercredi. D’une manière plus générale, les chevaux issus des différentes ventes Osarus se comportent bien depuis la reprise... même au trot ! Ce lundi, Madouss (Myboycharlie) a bien gagné son maiden à Lyon. Dimanche, Yoker (Manduro) a remporté une préparatoire au Derby Suédois. À Dieppe, Born to Hold (Born to Sea) s’est imposé dans le Prix Durtain (L). Après sa rentrée face aux meilleurs, Helter Skelter (Wootton Bassett) est toujours en route pour les Groupes.

Vendeurs et acheteurs viennent chez Osarus avec l’idée que les chevaux vont atteindre un bon rapport qualité/prix, en phase avec le marché. Toutes les informations concernant les chevaux sont sur le site d’Osarus et la vente sera visible sur France Sire. Pour pouvoir enchérir, il faut s’inscrire en envoyant un email à compta@osarus.com, au plus tard mardi soir.