Jean-Pierre Kratzer : « L’avenir appartient aux opérateurs capables de gérer des produits très différents, de l’EuroMillions aux paris hippiques. »

International / 02.05.2020

Jean-Pierre Kratzer : « L’avenir appartient aux opérateurs capables de gérer des produits très différents, de l’EuroMillions aux paris hippiques. »

Jean-Pierre Kratzer : « L’avenir appartient aux opérateurs capables de gérer des produits très différents, de l’EuroMillions aux paris hippiques. »

Président de la Fédération suisse des courses, Jean-Pierre Kratzer est connu à l’international pour avoir aussi présidé l’UET. Il nous a expliqué comment le rapprochement entre les paris hippiques et la Loterie romande (la FDJ locale) a porté ses fruits.

Ce samedi, Jean-Pierre Kratzer nous a expliqué : « Historiquement, la Loterie romande gère tous types de jeux : le Swiss Loto, l’EuroMillions, les jeux à gratter… Son réseau compte plus de 2.400 points de vente, avec des kiosques, des stations essence... répartis sur l’ensemble du territoire romand.

Le PMU, lors de son lancement en suisse, a basé son réseau sur les cafés et restaurants. Cela représentait 210 points de vente. Depuis dix-huit mois environ, le choix a été fait de fusionner les réseaux et les équipes. Tout en gardant pour chaque marque de jeu une identité propre. Le PMU reste le PMU. Cela a notamment permis de trouver les ressources pour développer des applications sur les smartphones. En amont, les parieurs de Suisse romande ont toutes les informations pour préparer leurs jeux. Leur téléphone génère un QR code et ce dernier est validé lorsque le joueur se déplace avec son smartphone jusqu’à son point de vente. Dans ces derniers, le pari hippique ne rentre pas en concurrence avec les autres types de jeux. C’est une offre qui se révèle être complémentaire. Et le PMU arrive ainsi à toucher un public qui n’y avait pas accès précédemment. Le fait d’avoir sous une même responsabilité l’ensemble des jeux est manifestement un plus, en termes d’optimisation et de distribution. »

Un retour à la filière locale et à la filière française. Jean-Pierre Kratzer poursuit : « La première masse commune entre la France et la Suisse a été lancée en 1991. Cette collaboration transfrontalière, entre le PMU français, la Loterie romande et les sociétés de course dure donc depuis près de trois décennies. Cet accord permet à la filière française de recevoir plus de sept millions d’euros par an sur les enjeux réalisés en Suisse romande.

En Suisse, le monopole sur les jeux est organisé par des sociétés de loterie. Pour les six cantons de Suisse romande, c’est donc la Loterie romande qui assure l’organisation et l’exploitation des jeux de loterie, des paris sportifs et des paris hippiques.

Au début des années 1990, un accord a vu le jour, entre la Loterie romande et le PMU, mais aussi entre le PMU et la Fédération suisse des courses que je préside. Cet accord précise le fait qu’un retour à la filière locale doit être versé sur la base des paris hippiques. Le système est efficace. En sachant que le retour à la filière n’est pas inscrit dans la loi, mais dans l’accord qui lie les différentes parties. Les jeux d’argent dans leur ensemble financent ici aussi des actions d’utilité publique, sociales, sportives… »

Des synergies à créer. Jean-Pierre Kratzer détaille : « Pendant sept ou huit années, j’ai participé aux réunions européennes sur le trot en tant que président de l’UET. C’est donc un sujet que je suis de longue date. Nous envisageons de lancer un groupe de réflexion, non pas sur les paris hippiques, mais sur l’ensemble des jeux d’argent. Il faut travailler à l’avenir du financement des courses par l’industrie des jeux. C’est l’élément clé. Certains pays sont plus avancés que d’autres. En Finlande, paris hippiques et loteries se sont plus que rapprochés. En Norvège aussi. L’avenir appartient aux opérateurs capables de gérer des produits très différents, de l’EuroMillions aux paris hippiques. Les jeux d’argent, c’est un métier, une expertise, un savoir-faire… qui sont communs à toutes les formes de paris. Il y a donc des synergies à créer, comme en Suisse romande. Notre expérience sur la question, sur les six cantons de Suisse romande, est très positive. Depuis trois décennies, les paris hippiques ont connu une réelle augmentation. L’année dernière, nous avons connu une baisse de 4 % et au début de l’année 2020, avant l’arrivée du Covid-19, nous constations une progression de l’ordre de 10 %, probablement influencée par l’amélioration de la distribution et les applications pour smartphones. L’histoire des jeux d’argent est pleine de nouveautés, dont beaucoup ne durent pas. Et quand on se pose la question de savoir pourquoi les paris hippiques fonctionnent, on constate que la présence du cheval y est pour beaucoup. C’est un élément à ne pas négliger. Mais nous ne devons pas avoir de tabou. Il faut s’ouvrir aux nouveautés si on veut toucher de nouvelles générations. Le jeu de 2020 n’est pas celui d’il y a dix ans. Et encore moins celui d’il y a trente ans. »

La reprise. Jean-Pierre Kratzer conclut : « Nous espérons que les restaurants suisses rouvriront le 11 mai. Ici le confinement est partiel. Mais les rassemblements de cinq personnes sont interdits ce qui complique l’organisation des compétitions hippiques. Nous visons donc une reprise début juin. » Une vingtaine de galopeurs sont entraînés à Avenches. Ce centre d’entraînement a pourtant fourni plusieurs éléments de valeur. On se souvient par exemple des victoires françaises de Zand (Zamindar), lauréat du Grand Prix de la Région Alsace - 11e Étape du Défi du Galop (L). Il était entraîné par Carmen Bocskai, alors installée à Avenches. Auenperle (Areion), entraînée en Suisse par Christina Bucher, a gagné le Prix Perth (Gr3) en 2018 devant Wootton ** (Wootton Bassett). Toujours en 2018, Malkoboy (Rajsaman) a gagné le Prix du Grand Camp (L), sous l’entraînement de la Suissesse Claudia Erni.