Paul Denis, un Président pas encore majeur !

Courses / 18.05.2020

Paul Denis, un Président pas encore majeur !

 Par Salomé Lellouche

À 17 ans, Paul Denis vient de remporter le Prix du Président de la République (Gr3) avec son fidèle D’Jango (Balko). C’est le premier Groupe de sa jeune carrière, et son premier succès à Auteuil !

Jour de Galop. – Que ressentez-vous vingt-quatre heures après votre victoire dans le Président ?

Paul Denis. – Je suis vraiment fier d’avoir remporté le Prix du Président de la République à 17 ans. Je ne m’attendais vraiment pas à gagner. J’ai reçu beaucoup de messages de félicitations. C’était mon premier gagnant de l’année, mon premier gagnant sur l’hippodrome d’Auteuil et surtout, ma première victoire dans une course de Groupe.

À quel moment dans le parcours avez-vous senti que vous pouviez gagner ?

Dans le dernier tournant, je savais que je venais bien, et souvent c’est à ce moment-là que D’Jango met un dernier coup de rein, ou pas. Lorsque je suis passé à côté du pensionnaire de François-Marie Cottin, Cafertiti, cela l’a vraiment encouragé pour prendre la tête.

On a l'impression que vous êtes fait pour D'Jango, que votre sang froid est la condition pour qu'il performe au mieux ?

Je le pense, oui. Il est vrai qu’auparavant, il évoluait dans la catégorie des réclamers et des courses de faible niveau, et à présent il gagne un Groupe. Cela montre que le cheval a évolué et j’en suis très heureux. D’Jango peut être compliqué dans ses sauts. C’est important de ne pas le gêner et de le laisser faire car il vient vraiment au pied des obstacles.

Vous avez gagné l'Anjou Loire version poney. Quelle importance ont eu les courses de poneys dans votre parcours ?

Cela m’a permis d’apprendre à gérer mon stress, à tenir ma place dans un peloton, apprendre un parcours et diriger ma monture. J’ai commencé les courses de poney à 10 ans et j’ai gagné beaucoup d’épreuves, dont trois fois l’Anjou Loire Poney avec ma ponette.

Comment avez-vous commencé dans les courses officielles ?

Je suis parti deux ans en apprentissage chez Yannick Fouin qui m’a fait monter mes premières courses-école. Je voulais voir d’autres maisons, donc je suis allé travailler chez Patrice Quinton. En juillet prochain, cela fera deux ans que je suis chez lui. Il m’a donné la chance de pouvoir monter ma première course officielle à Argentan, dans laquelle je me suis classé sixième. Je suis vraiment fier d’avoir sa confiance.

Quels sont vos modèles ?

Je ne peux pas dire que j’ai un réel modèle. J’essaye de m’inspirer un peu de tout le monde. Je demande des conseils aux jockeys de la maison mais aussi à d'anciens jockeys et je fais au mieux pour les appliquer en course.

Quels sont vos objectifs pour cette année ?

Disons que le Prix du Président de la République était mon objectif avec D’Jango. Je voulais qu’il fasse une bonne course. Maintenant, il a gagné et cela montre que c’est vraiment un bon cheval. Si tout se passe bien, je devrais lui être associé lors de ses prochaines sorties. Il devrait gravir les échelons progressivement. Patrice Quinton n’a pas encore arrêté son choix concernant son programme et nous faisons surtout au feeling avec lui... C’est lui qui nous dit. Il est très bien rentré de sa course. Ce matin, il avait beaucoup de moral. Je tiens à remercier la famille Papot et Patrice Quinton de m’avoir permis de monter D’Jango et de remporter cette course.