Philippe Augier : « À nous tous de jouer ensemble »

Institution / Ventes / 26.05.2020

Philippe Augier : « À nous tous de jouer ensemble »

Son profil tranche avec celui des précédents présidents du PMU. Philippe Augier n’est ni haut fonctionnaire, ni dirigeant d’une société du CAC 40. Mais le maire de Deauville a les courses inscrites dans son ADN, et il a aussi prouvé, en donnant une dimension internationale à l’Agence Française, ses qualités de visionnaire. Il livre en exclusivité pour JDG sa réaction à sa prochaine nomination.

Jour de Galop. – Votre nom va être proposé le 9 juin comme président du PMU. Quelle est votre réaction ?

Philippe Augier. – Après que Bertrand Méheut leur a annoncé son intention de quitter ses fonctions, les présidents Édouard de Rothschild et Jean-Pierre Barjon m’ont proposé le poste. C’était il y a deux semaines. Je leur ai demandé 48 heures de réflexion avant d’accepter cette mission qui s’annonce passionnante, pour plusieurs raisons. Comme vous le savez, je suis très attaché à la filière hippique, autant les courses que l’élevage, mais depuis longtemps, je pense que cette institution doit se repenser, évoluer. Les crises ont cet avantage qu’on y trouve des leviers pour conduire des avancées et des réformes, que l’on n’aurait pas forcément actionnés en temps normal. Les sociétés de courses ont entamé une évolution en travaillant de concert, et le PMU est prêt à s’associer à cette évolution.

Qu’entendez-vous par là ?

Il me semble indispensable que les sociétés de course, le PMU et les pouvoirs publics s’assoient autour d’une table pour définir leurs objectifs et faire émerger les meilleures solutions pour y parvenir. Cette évolution doit être partagée par les sociétés-mères, le PMU et les pouvoirs publics. Les trois, ensemble ! Il faut "co-construire" entre ces trois entités, dont les objectifs ou tout au moins les préoccupations ne sont pas forcément les mêmes. Tout est une question de méthode. Lorsque nous avons obtenu, le 21 avril, la première rencontre avec les tutelles, nous n’avons pas procédé différemment. Nous nous sommes assis autour d’une table (virtuelle !) pour définir ce que nous souhaitions, ensemble.

Vous étiez présent mardi, lors du Conseil d’administration du PMU, où Bertrand Méheut a officialisé son départ. Que lui avez-vous dit ?

Je l’ai remercié chaleureusement. Et ce n’était pas une posture ! Avant que la crise ne nous frappe, la stratégie qu’il a mise en place avec Cyril Linette, en réduisant l’offre et se concentrant sur le cœur de cible du PMU, s’est avérée gagnante. Les résultats l’ont prouvé, et j’ai été l’un de ceux qui ont soutenu cette stratégie. Nous n’étions pas si nombreux à l’époque… J’ai aussi pu constater les compétences des équipes en place. C’est enthousiasmant d’être amené à travailler avec ces personnes, même si, comme vous le savez, mon rôle n’est pas opérationnel.

Quel est-il ?

Le président doit insuffler une énergie, guider des décisions stratégiques, travailler avec les pouvoirs publics. Je suis conscient de l’importance de la tâche. Nous sommes à un moment charnière, où il faut à la fois assurer la relance à court terme tout en co-construisant une évolution à moyen terme. À nous tous de jouer ensemble !