Reprise : le PMU dans le vert

Institution / Ventes / 18.06.2020

Reprise : le PMU dans le vert

Ce mercredi, le directeur général du PMU a dressé un premier bilan. Un mois après la fin du confinement, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bon. Au-delà même des prévisions !

Depuis le 11 mai, les enjeux PMU se sont reconstitués de manière ultra-rapide, comme l’a expliqué Cyril Linette en téléconférence : « C’est même bien plus rapide que tout ce que nous avions imaginé. En général, nos estimations sont justes. D’ailleurs, elles l’avaient été au début de confinement, en tablant que nous allions faire 10 % de notre chiffre d’affaires. Après le confinement, dès la première semaine, nous étions sur une base de 50 % des enjeux par rapport à 2019. En cinquième semaine post-confinement [la semaine dernière, ndlr], nous étions à 93 % des enjeux. C’est ce que nous envisagions d’atteindre à la fin de l’année ! Cette excellente reprise, nous la devons à l’ensemble des équipes du PMU, à ceux qui ont agi collectivement et ont permis la reprise des courses, à la filière qui s’est mobilisée, à notre réseau de distribution et, bien entendu, à nos clients. Depuis le 15 juin, le réseau est pleinement ouvert. Et nous avons encore des chiffres à forte croissance, mais qui sont difficiles à interpréter. J’ajoute que notre marge, le fameux P.B.J… est très proche de son niveau standard, à 25,4 %. »

La croissance en ligne se poursuit. Les bons résultats s’expliquent donc en partie par la réouverture progressive des points de vente. Mais Cyril Linette a tenu à souligner la bonne tendance du pari sur internet : « Sur le online, nous faisons 50 % de plus qu’en temps normal. Et cette dynamique se poursuit depuis la réouverture des bars. Nos trois cibles étaient nos clients qui jouaient déjà par internet, ceux que nous voulions faire passer du offline à l'online, et ceux issus du pari sportif. » La bonne nouvelle – pour Cyril Linette – est que cette hausse des enjeux sur internet ne provient pas que des G.P.I., les grands parieurs internationaux : « Ils représentaient 8,3 % des enjeux l’an passé. Là, nous sommes à 9,2 %, en très légère hausse. » Toujours sur le online, Cyril Linette confie : « Ces chiffres nous donnent de l’espoir, car nous pouvons encore faire des progrès. En ce sens, dès 2021, nous présenterons un bon projet, plus vivant, avec plus d’émotion à l’intention de nos clients online. »

Une stratégie payante. Du côté du PMU, il y a encore d’autres explications à ses bons résultats. D’abord il y avait une demande émanant des turfistes privés de courses françaises pendant plusieurs semaines, à laquelle s’ajoute une absence de concurrence, notamment celle de la FDJ, que ce soit avec le jeu Amigo, par exemple, ou avec les paris sportifs. Mais Cyril Linette y voit aussi la réussite de ses équipes : « La stratégie marketing s’est avérée payante. Nous avons eu raison de privilégier notre cœur de clientèle, afin de la remobiliser le plus rapidement possible. Ce sont les passionnés qui sont revenus le plus vite. Quinze millions d’euros ont été également investis sur le réseau de distribution. Il s’agit d’une décision courageuse de notre part, surtout en cette période. Mais motiver le réseau, en proposant un doublement des commissions, cela a contribué à ce que les points de vente rouvrent rapidement. Nous avons gardé la même stratégie pendant deux ans, et cela fonctionne. » Au sujet de la visibilité des courses, Cyril Linette explique : « Il ne nous a pas semblé opportun de communiquer plus que cela le 11 mai, le jour de la reprise. Seuls les joueurs aguerris se tenaient prêts à rejouer, pas le grand public. C’est pourquoi la campagne de publicité à la télévision que nous avions lancée la veille du confinement va reprendre fin juin, juste avant les vacances, une période un peu creuse pour les paris. C’est une campagne très réussie, bien accueillie. Au même titre que la diffusion du Quinté + qui, grâce au partenariat avec RMC, est une excellente chose. »

Prudence. Le directeur général du PMU conclut : « Il y a de la fierté et de quoi être optimiste. Mais nous faisons preuve d’humilité et de prudence. La situation est inédite et dans beaucoup de secteurs de la consommation, les chiffres sont surprenants, aussi bien à la baisse qu’à la hausse. C’et pourquoi nous avons volontairement suspendu des campagnes marketing que nous ne jugions pas vitales. Nous avons également rompu le contrat qui nous liait à la Fédération française de football [prévu jusqu’en 2023 et signé quelques mois avant sa prise de fonction, ndlr]. Ce contrat se terminera à la fin de l'Euro et nous permettra d’économiser plusieurs millions d’euros. » Cyril Linette conclut : « Nous ne vivons toujours pas comme avant cette crise. Peut-être que nos clients dépensent davantage sur le PMU que sur d’autres activités. Cela va-t-il rester ainsi ? Probablement pas. Il y aura un rééquilibrage, sachant que les offres concurrentes vont reprendre peu à peu. Le contexte sanitaire n’est pas sûr à 100 % non plus. Comme tout le monde, nous sommes très inquiets de la crise économique et sociale qui pourrait se profiler en fin d’année. Selon les spécialistes, elle s’annonce violente. Les enjeux du PMU sont corrélés aux autres indicateurs économiques, comme le taux de chômage. Nous devons rester prudents. Notre réseau de distribution a, semble-t-il, tenu le choc, mais qu’en sera-t-il en fin d’année ? Tous ces éléments nous poussent à ne pas nous emballer. »