Le bénévolat est l’ADN de l’Institution des courses

Courses / 10.06.2020

Le bénévolat est l’ADN de l’Institution des courses

Par François Forcioli-Conti, président de Cagnes-sur-Mer

« Les entreprises assurent leur pérennité par la cohérence de leurs éléments constitutifs et la poursuite de finalités homogènes.

Les courses françaises, ce sont :

  • 6.000 bonnes volontés qui, par passion, consacrent gratuitement leur temps, leur énergie et engagent leur responsabilité (parfois douloureusement). Elles ne l’acceptent que pour une seule raison : le profit de leur effort est entièrement restitué à la filière cheval.
  • 230 sociétés de courses, en droit associations sous le régime de la loi de 1901, ne poursuivant aucun but lucratif et dont les dirigeants ne reçoivent aucun type de rémunération ou d’indemnité nonobstant l’importance du travail accompli.
  • Un Groupement d’Intérêt Économique qui participe à cette même logique ne réalisant pour lui-même aucun bénéfice sur les missions qui lui sont déléguées.

Une évidence : le bénévolat est l’ADN de l’Institution des courses françaises.

Or cet ensemble, remarquable par sa cohérence, est mis en péril par le désir saugrenu de certains de transformer le G.I.E. PMU en société anonyme, idée irréfléchie s’inscrivant en rupture de nos fondements. La société anonyme est en effet, par sa nature même, aux antipodes de ce qu’est l’Institution des courses françaises.

Son seul objet est la réalisation de bénéfices pour son propre compte, la distribution de dividendes à ses actionnaires et la S.A. n’a d’autre intérêt que d’être un groupement ouvert destiné à attirer des capitaux à la recherche de profits.

Qui pourrait imaginer un instant que les dirigeants des sociétés de courses accepteraient de travailler bénévolement au bénéfice des détenteurs du capital d’une S.A. dont les sociétés de courses perdront nécessairement la maîtrise ?

Le recrutement de dirigeants bénévoles indispensables au maintien du maillage des 230 hippodromes français, difficile aujourd’hui, sera demain quasi impossible.

L’Institution des courses est une structure d’une grande originalité dont la réussite est intimement liée à la grande cohérence. On ne peut y porter atteinte sans risquer la ruine de l’ensemble.

Alors soyons sérieux, si l’objectif est d’améliorer les règles de gouvernance du PMU dans un sens plus entrepreneurial, modifions ces règles. Point n’est besoin pour ce faire de bouleverser le cadre légal qui a assuré la réussite des courses françaises. D’autant que, faut-il le souligner, le droit français, à ce jour, interdit la transformation d’un G.I.E. en société anonyme (art. 251-18 al.2 du Code de Commerce). Seule est autorisée sa transformation en société en nom collectif.

À la supposer possible juridiquement, la transformation en société anonyme conduirait à la financiarisation du PMU et à celle de l’ensemble de la filière. Par la force des choses, le PMU décidera alors de tout, avec pour seule logique celle de son intérêt personnel. Seules les activités "rentables" seront maintenues. La recherche du profit à court terme prévaudra sur toute perspective à long terme.

La disparition des courses qui sont avant tout une culture, s’inscrirait inexorablement comme conséquence d’un tel projet. »