Observatoire social de l’Afasec : séduire les jeunes… dans la durée

Autres informations / 26.06.2020

Observatoire social de l’Afasec : séduire les jeunes… dans la durée

Observatoire social de l’Afasec : séduire les jeunes… dans la durée

Ce vendredi, Didier Budka, directeur général de l’Afasec, et Penny Johnston, responsable communication, ont tenu une vidéoconférence de presse pour détailler les différents points de l’observatoire social 2020 produit par l’Afasec. L’un des points clés de cet observatoire est l’étude des salariés au sein des courses : leur profil, leur âge…

Cette étude a été menée sur une période de dix ans, ce qui permet de dégager une vraie tendance sur l’évolution du personnel des courses. Au niveau mondial, au galop, on entend parler d’une crise du personnel. Et les chiffres sont là pour prouver qu’il y a une crise des vocations sur laquelle nous devons nous pencher. Il faut séduire… mais il faut aussi entretenir la flamme.

Un effectif de salariés stable mais plus âgé. Didier Budka a détaillé : « Au niveau des effectifs de salariés, nous sommes sur 3.946 personnes en 2019. C’est un chiffre stable : depuis très longtemps, nous tournons autour de 4.000 salariés. Le nombre d’entraîneurs employeurs est en revanche en baisse par rapport à dix ans : 805, soit - 9 %. » Les changements sont constatés sur la féminisation du métier, thème qui a déjà été longuement abordé dans le passé, et sur la moyenne d’âge. Didier Budka indique : « La féminisation se poursuit, mais l’âge moyen a augmenté : il est de 29,4 ans pour les femmes contre 26 ans en 2019. Pour les hommes, l’âge moyen est de 36,3 ans en 2019 contre 33 ans en 2010. Ce que nous pouvons constater, c’est que 47 % des salariés ont moins de 30 ans contre 57 % en 2010. L’âge moyen est désormais, hommes et femmes confondus, de 33,7 ans en 2019 contre 29 ans en 2010. La pyramide des âges montre bien que la base, les plus jeunes, a rétréci, et que son sommet, les plus âgés, a augmenté en dix ans. Se pose donc la question du vieillissement de la population des salariés et de l’insertion durable des jeunes dans nos métiers. »

Arriver dans le métier et y rester. Le constat de l’Afasec est simple : les moins de 30 ans sont de moins en moins présents dans les métiers des courses. Deux raisons se détachent selon Didier Budka : « La méconnaissance des métiers des courses et l’insertion des jeunes dans les écuries de course. » Comprenez : les jeunes qui rentrent dans le métier ont montré, en dix ans, une tendance plus importante à en partir avant leurs 30 ans. Et Didier Budka précise : « Les femmes, contrairement à ce que l’on peut penser ou entendre, ne quittent pas davantage le métier un ou deux ans après leur formation. Les chiffres le montrent avec un âge moyen de 29 ans contre 26 ans il y a dix ans. La question de la charge familiale se pose pour elles et c’est pour cela que l’Afasec a mis en place des maisons d’assistance maternelle et des crèches ouvertes très tôt pour aider les familles. Mais la question que nous devons nous poser, et elle est présente au niveau mondial, est la suivante : comment pouvons-nous attirer des jeunes pour travailler dans les métiers des courses, et comment pouvons-nous les garder ? »

Séduire les jeunes. La crise du personnel doit être l’objet de l’ensemble de l’institution hippique. Cette crise existe en France, en Angleterre, en Australie… L’observatoire social de l’Afasec pose le constat d’un vieillissement du personnel qui n’est pas dramatique, à condition que l’on prenne le taureau par les cornes le plus vite possible. Une question que toute la planète courses se pose et doit se poser.

Sur le fait qu’il soit difficile d’attirer des jeunes dans les métiers des courses, c’est un constat récurrent : nos métiers ne sont pas assez connus, car les courses sont de moins en moins connues du grand public. Se pose aussi la question de la pénibilité du travail : une pénibilité propre au monde agricole et qui peut faire peur dans des pays qui continuent de s’urbaniser. Didier Budka ajoute : « Il y a eu un grand forum organisé par Godolphin à Newmarket autour du personnel des courses. Il a été souligné que, désormais, les très jeunes – moins de 13 ou 14 ans – se forgent très vite leur propre opinion et que nous devons donc nous adresser à eux, faire plus d’actions dans les écoles par exemple. De plus, les études indiquent que la génération dite Z est amenée à exercer plusieurs métiers dans sa carrière. Il faut aller les chercher, leur donner une image positive des courses. Plusieurs actions vont être mises en place au niveau mondial. Pourquoi ne pas inviter plus de classes à venir aux courses ? Des très jeunes qui se souviendront de leur première journée sur l’hippodrome et qui l’auront aimée. Et leur expliquer que le cheval est un animal noble, un sportif de haut niveau, très bien soigné. Leur donner une image positive des courses, et valoriser notre filière. »

Séduire, et garder. Après avoir attiré de potentiels salariés dans les écuries, reste à réfléchir à comment les garder au sein de notre industrie. C’est une question que tous les socioprofessionnels doivent se poser : pourquoi y a-t-il de plus en plus de décrochages de jeunes personnes de moins de 30 ans ? Les méthodes de travail sont-elles encore adaptées à toute une nouvelle génération, qui n’a pas forcément les mêmes attentes envers le monde du travail que ses aînés ? Faisons-nous preuve d’assez de reconnaissance au regard de la pénibilité du travail (horaires décalés, travail le week-end, investissement des employés) ? Quelles sont les choses que nous pourrions changer pour donner envie à des jeunes d’intégrer le métier et, surtout, d’y rester ? Ce sont des questions que cet observatoire social de l’Afasec soulève. Et la réponse : « Nous avons toujours fait comme cela, c’est ainsi » ne résoudra pas les problèmes. Il y a la loi de l’offre et de la demande qui doivent garder un équilibre. Si l’offre est présente, pourquoi la demande ne suit-elle pas ?

Des programmes pour le futur. L’Afasec a déjà mis en place plusieurs initiatives de recrutement à l’étranger (en Italie notamment) ou dans les territoires français ultra-marins. Didier Budka a indiqué travailler sur une autre idée : « Nous sommes en train de monter un programme d’insertion de migrants, qui ont eu le droit par l’État de séjourner en France, de s’installer et de vivre en France. Ces populations vont souvent se tourner vers des emplois comme le BTP ou la restauration et nous pensons que nous pouvons les amener dans les métiers des courses. Ce programme a eu l’approbation des autorités socioprofessionnelles des courses, des échos favorables du milieu professionnel. L’Afasec propose tous les outils nécessaires pour le mettre en place, ce que l’État apprécie : des formations, des résidences, un service social. L’État doit juste nous trouver quelqu’un pour enseigner le français, ce qui n’est pas notre métier. J’espère que ce programme pourra être mis en place dès la fin de l’année, d’abord dans les Hauts-de-France, puis nous souhaiterions l’étendre. »

En bref

– 47 % des salariés des écuries de course ont moins de 30 ans, contre 57 % en 2010.

– Les effectifs sont constants au galop, avec davantage d’échanges entre Paris et la province. Ainsi, le nombre de personnel baisse du côté de Chantilly mais augmente en Charente-Maritime, Maine-et-Loire et Gironde.

– Un quart de la population salariée est installée dans l’Oise et en Île-de-France

– Baisse du nombre d’entraîneurs employeurs en dix ans : 805 en 2019, soit - 9,1 % par rapport à 2010.

Pour consulter l’observatoire social de l’Afasec 2020, cliquez ici. (lien http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/AFASEC_OS_2020-BD.pdf )