Sophie Boulin Redouly : « J’ai toujours estimé Miss Extra, d’où son nom ! »

Élevage / 13.06.2020

Sophie Boulin Redouly : « J’ai toujours estimé Miss Extra, d’où son nom ! »

Miss Extra (Masterstroke), lauréate Prix des Lilas (L), a offert une première victoire black type à son éleveur. Ancien vétérinaire et auteur de polar, Sophie Boulin Redouly nous a expliqué la genèse de la candidate au Prix de Sandringham (Gr2).

Jour de Galop. – Miss Extra courait sous vos couleurs en 2019. Pourquoi l’avez-vous vendue ?

Sophie Boulin Redouly. – À la base, je souhaitais la garder pour l’élevage. Mais après sa troisième place à Deauville en décembre, j’ai eu une proposition d’achat. Quand on est éleveur, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait… d’autant que je suis très poissarde ! Je l’ai donc vendue à Alain Jathière et Ghislain Bozo. Mais en tant qu’éleveur, je suis très contente de cette victoire dans le Prix des Lilas (L). Depuis sa naissance, je l’ai toujours estimée. D’où le nom de Miss Extra, car je pensais qu’elle était bonne ! C’était une très jolie pouliche, avec des tissus très fins.

Comment avez-vous acquis sa mère, Kestria ?

Par un concours de circonstances ! Je cherchais une jument et j’ai su que Kestria était à vendre en Allemagne. Je ne l’avais pas vue avant de l’acheter, mais son papier me plaisait. Sa mère, Ziria (Danehill Dancer), avait gagné deux Grs3 sur 1.000m avant de produire Zacynthus (Iffraaj), placé de Listed à 2ans. C’était plutôt prometteur, et depuis, Ziria a donné quatre autres black types. J’ai eu de la chance. Elle m’a donné un black type dès son premier produit, avec Lucky Team (Namid), élevé en association avec le haras du Hoguenet. Il a conclu troisième du Prix Lyphard (L) et a gagné dix courses sous l’entraînement de Joël Boisnard, dont l’All-Weather Mile Championships à Lingfield. C’était magique de gagner en Angleterre, d’autant qu’il n’était pas du tout favori ce jour-là. Il a également gagné une course B à Deauville à 35/1, le jour de mes 50 ans. Des moments comme ça, pour un petit propriétaire, c’est beau !

Comment avez-vous eu l’idée de croiser Kestria avec Masterstroke ?

Plusieurs choses me plaisaient chez lui. Sa génétique est exceptionnelle, étant un petit-fils d’Urban Sea (Miswaki). Je voulais aussi amener de la tenue sur la jument. Masterstroke (Monsun) présentait un modèle très complémentaire avec celui de Kestria, une petite jument ronde. Elle faisait des poulains énormes ! Malheureusement, j’ai dû la faire euthanasier l’année dernière. C’est pour ça aussi que je comptais garder Miss Extra au départ. Kestria avait un sacré caractère. Heureusement, elle ne l’a pas transmis à ses produits, qui sont très gentils. Elle m’a donné une 2ans, Louisa Forever (Montmartre). La pouliche va bientôt repartir au travail chez Joël Boisnard, qui entraînait d’ailleurs Miss Extra à 2ans. Joël Boisnard est un client de mon mari, qui est vétérinaire équin. Une certaine amitié s’est créée entre nous, et je lui ai donc confié plusieurs chevaux. Il a de bons résultats et n’est pas très loin de chez nous. Kestria a aussi un yearling par Zelzal (Sea the Stars). Il est un peu plus lourd que Miss Extra, mais il marche très bien. Il va peut-être passer en vente.

Pourquoi avoir lancé un élevage ?

J’ai toujours aimé les chevaux : j’étais vétérinaire précédemment, mais j’ai cessé mon activité pour des raisons familiales. J’ai commencé avec une poulinière haflinger avant de passer aux pur-sang en 2006. Je suis installée à Louvigné, à côté de Laval. J’ai eu la chance d’élever trois black types : Lucky Team et Miss Extra, mais aussi Dandy d’Arcis (Silver Frost), qui s’est classé deuxième du Derby de l’Ouest (L) de Doha Dream (Shamardal).

En parallèle, vous écrivez également des livres…

J’ai toujours adoré les polars. La trame de mes livres est donc toujours policière ! Ma passion pour les chevaux me pousse à toujours essayer d’en glisser un dans l’histoire ; parmi les quatre livres que j’ai écrits, trois parlent de chevaux. Dans mon dernier roman, Les Dessous de Deauville, je souhaitais partager l’ambiance des ventes de yearlings. Je dois d’ailleurs terminer la suite pour la fin de l’année !