TRIBUNE LIBRE : Au sujet d’Imperatorio, déclaré non partant à Clairefontaine

Autres informations / 05.06.2020

TRIBUNE LIBRE : Au sujet d’Imperatorio, déclaré non partant à Clairefontaine

TRIBUNE LIBRE

Au sujet d’Imperatorio, déclaré non partant à Clairefontaine

Par Stéphane Follain, représentant de l’écurie Bred To Win, Monsieur et Madame Alain Xoual

« Par le présent témoignage, je voulais, ainsi que mes associés, vous faire part de notre stupéfaction et de notre incompréhension dans la décision rendue par le commissaire de Clairefontaine de déclarer non partant notre 2ans, Imperatorio, dans la première course du 4 juin 2020 pour un livret non conforme.

Nous avons pris la décision de nous exprimer dans Jour de Galop, car malheureusement l’institution France Galop n’écoute toujours pas ses propriétaires qui la font vivre !

Ce jeudi, notre cheval devait donc participer à cette course après avoir débuté à Durtal et couru à Lyon Parilly en ayant obtenu deux places. Juste avant de rentrer en piste le commissaire de service a fait descendre le jockey du cheval et a déclaré le cheval non partant pour livret non conforme, constatant la présence de ratures au niveau des pages de vaccination. Il avait pourtant eu le temps de vérifier le livret bien avant la course !

Alors que le cheval avait déjà participé à deux courses, sans aucun commentaire ou remarque de la part des commissaires ces jours-là.

Si nous reprenons la définition du mot "rature" dans le Larousse : "Trait tracé sur ce que l’on a écrit pour l’annuler", on peut se poser beaucoup de questions lorsque l’on consulte la page concernée du livret.

Le seul reproche que l’on pourrait opposer au vétérinaire en charge du suivi de l’élevage est d’avoir écrit en surépaisseur les dates de vaccination : pas pour les rendre illisibles mais bien au contraire pour les rendre lisibles (même stylo, même écriture) ! Et surtout cela ne correspond pas à des ratures ! Ce qu’à notre sens ont considéré avec justesse les commissaires de Durtal et de Lyon Parilly.

Nous considérons que le commissaire de Clairefontaine a commis un abus de fonction et qu’il a voulu justifier son pouvoir de nuisance vis-à-vis de petits propriétaires comme nous sans se poser plus de questions, sans démontrer une quelconque indulgence ou faire preuve de pédagogie.

Comment pouvons-nous avoir confiance dans une organisation qui d’un hippodrome à un autre n’applique pas ou n’interprète pas de la même façon le code des courses ?

Comment permettre à une seule personne de prendre une telle décision sans aucune concertation ?

Nous ne pouvons pas continuer dans cette incertitude de se rendre aux courses et de se poser la question de savoir si notre cheval va être autorisé à courir.

Outre le préjudice financier que nous avons subi (le cheval était le favori des parieurs et de la presse hippique), nous subissons un préjudice moral avec un choc émotionnel qui remet en question notre avenir dans le milieu des courses.

En effet, malgré la période actuelle nous avons conservé nos six chevaux à l’entraînement chez Yann Barberot afin de respecter nos engagements vis-à-vis de lui. On ne peut pas gérer des chevaux de courses comme un loisir classique car nous sommes bien obligés de les nourrir et de nous en occuper. On ne peut pas tout arrêter du jour au lendemain !

Nous rappelons également qu’aucune aide n’a été accordée aux propriétaires par France Galop et qu’il a bien fallu assumer financièrement.

Nous souhaitions témoigner pour que notre expérience malheureuse puisse servir d’exemple pour un grand nombre d’éleveurs, d’entraîneurs, de vétérinaires et enfin de propriétaires.

Les messages de France Galop en direction de nouveaux propriétaires ou du PMU en direction des parieurs sont pollués par des décisions injustes et comment faire venir de nouveaux propriétaires avec des situations telles que nous les avons vécues jeudi ? »