Arnaud de Seyssel : « Il fallait en passer par là »

Courses / 09.07.2020

Arnaud de Seyssel : « Il fallait en passer par là »

EN RÉGION

Alors que la saison de galop est sur le point de s’achever à Aix-les-Bains, le président de la société de courses, Arnaud de Seyssel, par ailleurs membre du conseil d’administration de France Galop, est revenu avec nous sur ce huis clos forcé.

Jour de Galop. - La saison de galop à Aix-les-Bains s’est terminée ce jeudi et toutes vos réunions se seront donc déroulées à huis clos. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Arnaud de Seyssel. - C’est dur, mais je reste extrêmement positif. N’oublions pas que nous avons été la seule discipline à pouvoir reprendre le 11 mai. Il est vrai que l’absence de public nous a frustrés, mais il fallait en passer par là. Le plus important était que les courses reprennent. La saison de galop s’achève donc pour nous sans que nous ayons pu accueillir de public. Celle de trot va commencer, avec un meeting bien perçu par les professionnels.

Le plus important était donc de se montrer solidaire ?

L’une des raisons d’être d’une société de courses est de proposer les meilleures conditions de courses possible aux socio-professionnels et aux propriétaires. C’est ce que nous avons fait, avec un retour très positif sur la qualité de nos pistes. Nous sommes très satisfaits à ce niveau-là, comme nous le sommes d’avoir accepté d’accueillir des courses initialement prévues dans le Grand Est [une réunion PMU courue le 30 mai, ndlr]. À cette solidarité entre régions s’en ajoute une autre, plus globale, en rapport avec la filière, car la rémunération des sociétés sera moins importante cette année, du fait de l’absence de courses pendant deux mois.

Financièrement justement, quel est l’impact de cette crise sur votre société ?

Je suis président depuis trois ans et la situation financière laissée par mon prédécesseur, Jean-Louis Valérien-Perrin, était extrêmement saine. C’est toujours le cas et nous n’avons pas souscrit au PGE, car nous disposons de suffisamment de trésorerie. Mais, et c’est le sentiment partagé par l’ensemble des présidents, il ne faudra pas que cette situation vienne à se reproduire, car cela deviendrait difficile. Par ailleurs, nous entretenons d’excellentes relations avec la mairie, avec qui nous travaillons main dans la main. Il faut savoir que beaucoup d’investissements ont été faits par la mairie pour les équipements de l’hippodrome. Si nous avons pu délivrer une piste comme nous l’avons délivrée, c’est aussi grâce à la mairie. La Fédération nationale est également présente. Nous serons donc encore là en 2021 et, s’il le faut, nous pourrons même accueillir plus de courses !

Des investissements ont-ils tout de même été réalisés cette année ?

Nous avons seulement consenti à un effort pour améliorer la qualité de la prise d’images pour la retransmission des courses. Sinon, tous les investissements ont été mis entre parenthèses. L’an prochain, nous développerons davantage la communication, la digitalisation et les animations. En ce sens, nous avons recruté un community manager cette année.

Vous êtes également membre du conseil d’administration de France Galop. Que retiendrez-vous de cette période ?

Il fallait faire preuve de transparence. Et même si l’on doit encore s’améliorer à ce sujet, le compte rendu vidéo réalisé désormais après chaque conseil d’administration va dans ce sens. Je pense que nous ne nous sommes pas beaucoup trompés. Des décisions fortes devaient être prises. Il y a bien sûr eu la question des allocations. L’arrangement que nous sommes parvenus à trouver avec les socio-professionnels est positif, surtout si l’on regarde ce qui été fait chez nos voisins anglais, allemands, ou italiens.

La façon dont nous avons travaillé avec LeTrot est aussi extrêmement positive. On ne peut que se réjouir également des bons chiffres du PMU. Mais nous devons rester prudents, car nous sommes en situation de quasi-monopole en raison de l’absence des autres sports, et la crise économique et sociale annoncée à partir de septembre va impacter les courses. Lorsque l’on sait qu’un point de chômage en plus, c’est deux points de moins au PMU, il faut vraiment rester prudents. Il faut se tenir prêts à absorber cette deuxième vague.