EN RÉGION :  Nancy : à l’Est, du nouveau

Courses / 02.07.2020

EN RÉGION : Nancy : à l’Est, du nouveau

Après la démission surprise de Jacques Montoya, Jean-Édouard Pierre a pris les rênes, mercredi 17 juin, de la Société de courses de Nancy-Brabois.

Sociétaire de Nancy-Brabois depuis 2012, Jean- Édouard Pierre, 52 ans, revient sur son parcours : « Je suis dans les chevaux depuis le début des années 90. Dresseur, éleveur, je suis également permis d’entraîner depuis 1995, et à côté de cela maréchal-ferrant. Ma compagne, Magalie Ledoux, fait également du dressage, à haut-niveau. Avec deux autres personnes, je dirige depuis 2017 l’écurie Heilig et Farago, à Gondreville (Meurthe-et-Moselle). Pour Nancy, j’ai d’abord été au Conseil d’administration puis au Bureau. Nous ne nous attendions pas au départ de monsieur Montoya [parti pour raisons personnelles, ndlr]. On m’a même un peu poussé à me présenter. Au début, ça ne me tentait pas trop. Mais après réflexion, je me suis dit pourquoi pas. Il y a vraiment des choses à faire, j’en suis convaincu, sachant qu’en plus, malgré la perte de quatre réunions à cause de l’épidémie, les finances sont saines. »

Une nouvelle équipe en place. Comme il nous l’a expliqué, la seule condition à sa candidature était la présence à ses côtés d’une équipe sur laquelle il puisse compter. Il précise : « Bien sûr, le dernier mot me reviendra, mais je n’ai pas l’intention d’avancer tout seul pour autant. Certains présidents préfèrent tout gérer eux-mêmes. Ce ne sera pas mon cas, et j’ai bien insisté là-dessus au moment de me porter candidat. Je compte beaucoup déléguer, responsabiliser les équipes, et que chacun sache exactement ce qu’il a à faire. » Pour ce faire, il a décidé de reconstituer un Bureau : « Je vais m’appuyer sur une trésorière, Marie-Christine Thanry, l’ancienne vice-présidente, qui connaît tous les dossiers. Sur un secrétaire, Jean-Pierre Laurent, et surtout sur deux vice-présidents, Gérard Dory, pour la communication et les relations avec les partenaires, et Corinne Jacqueminet, commissaires de courses de France Galop, pour la partie technique. Notre Société a beaucoup d’atouts, à commencer par un très bel hippodrome, bien situé, et un très bon centre d’entraînement également. En revanche, nous dépensons des sommes folles pour l’arrosage des pistes. C’est un sujet sur lequel nous allons nous pencher très sérieusement. »

Régler la question des pistes. L’hippodrome de Nancy-Brabois se trouve sur un plateau, avec un terrain très calcaire. Pour avoir une piste souple, cela nécessite énormément d’eau. Et s’il ne pleut pas, comme au printemps, ou pire durant l’été avec des grosses périodes de sécheresse, cela a un coût. Ironie du sort, celui qui a été moniteur de plongée nous explique : « Lorsque nous sommes capables de proposer une piste en parfait état, nous faisons le plein de partants. Pour la première réunion, le 21 juin, nous avions tout mis en œuvre pour proposer une piste en parfait état. Cela a été le cas et beaucoup de professionnels ont fait le déplacement. Les enjeux PMU ont été augmentés de 25 % pour cette réunion. C’est pourquoi nous montons un dossier pour qu’une solution soit trouvée. L’idéal serait de faire un énorme bassin de rétention de 25 m3 d’eau. Avoir une telle réserve, ou quelque chose qui s’en approche, nous permettrait d’économiser entre 50.000 € et 60.000 € par an. C’est donc un investissement qui est plus que nécessaire. Et mécaniquement, lorsque nous faisons le plein de partants, les enjeux suivent, la qualité des courses augmente, le public se déplace plus volontiers et surtout nous serions en mesure d’accueillir plus de courses. Comme nos pistes servent aussi pour l’entraînement, cela impacterait le centre également. Nous avons 35 chevaux en plus à l’entraînement depuis trois mois, alors si les pistes suivent… »

Un hippodrome plus familial. Si les réunions en semaine ne favorisent guère la venue des familles sur l’hippodrome, un effort particulier sera consenti pour celles du week-end, même si cela dépend encore des horaires. Jean-Édouard Pierre nous confie à ce sujet : « Je constate que les gens ont besoin de sortir à nouveau, de se retrouver. L’hippodrome a sans doute un rôle à jouer. En tout cas, cette crise a terriblement affecté notre région et je pense que nous aurons du monde lors de nos réunions du dimanche 6 et du samedi 12 septembre. J’aimerais que l’on soit en mesure d’accueillir davantage de familles. Nous devons revoir les jeux que nous proposons aux enfants, ainsi que les espaces où les familles pourraient se réunir. Installer de grandes tables pourrait être envisagé. Je souhaiterais également revoir les menus que propose notre restaurant panoramique. Il est magnifique et nous a coûté très cher. Sauf que je ne sais si la gamme de menus, plutôt haute, autour de 50 €, est en adéquation avec notre public. Ce qu’il se fait dans les brasseries traditionnelles me semble mieux convenir. Il faut s’y pencher sérieusement, car des gens peuvent découvrir les courses par ce biais-là, du moins passer un moment agréable. » La récente approche du constructeur automobile Peugeot pour tenir un stand durant la deuxième partie de l’année conforte le nouveau président dans cette orientation : « Si de telles partenaires nous sollicitent, cela signifie que nous sommes attractifs. J’ai donc beaucoup d’espoir. »