Le Covid et les ratings, une baisse et plusieurs explications

Magazine / 15.07.2020

Le Covid et les ratings, une baisse et plusieurs explications

Combien nous a coûté le virus ? La réponse, en termes de santé, d’économie et de retombées sur le plan social, sera connue cet automne et encore plus en 2021. Occupons-nous plutôt des chevaux et de leurs ratings avec l’analyse mise au jour après la publication du World’s Best Racehorse Rankings sorti la semaine dernière, après les Eclipse Stakes (Gr1) de Ghaiyyath (Dubawi).

En baisse. Les chevaux ayant décroché le 120 minimum pour entrer dans le classement sont au nombre de 25, soit sept de moins par rapport à 2019 et 2018. Ce n’est pas rien : sur un échantillon si petit, c’est une baisse qui dépasse les 20 %. Après la sortie des ratings, il y a eu le July Meeting de Newmarket, le Summer Mile (Gr2) et le Prix Jean Prat (Gr1) qui ont permis d’ajouter deux chevaux à la liste : le lauréat de la July Cup (Gr1), Oxted (Mayson), et celui du mile d’Ascot, Mohaather (Showcasing).

Pinatubo (Shamardal) a eu son 120 d’avant-course confirmé, même si dimanche, à Deauville, il a fourni un rating de 117, soit une livre de moins que dans les St James’s Palace (Gr1) à Royal Ascot. Le 13 août, à la nouvelle publication de la liste, il ne sera pas inclus. Au 15 juillet 2019, les chevaux avec 120 ou plus étaient au nombre de 33 car Ten Sovereigns (No Nay Never) avait affiché 122 dans la July Cup.

Monsieur le procureur, appelez les témoins… La pandémie a bouleversé les programmes, surtout pour les chevaux d’âge. La réunion de la Dubai World Cup a sauté, alors que c’est une machine à ratings (quatorze 120 et plus réalisés ou confirmés pendant les quatre dernières éditions). Le Prix d’Ispahan (Gr1), qui avait produit le fameux 129 d’A Shin Hikari (Deep Impact), sera couru ce dimanche à Chantilly. Et Maximum Security (New Year’s Day) avait fait plus de 120 lors de son succès dans la Saudi Cup, mais cette performance n’a pas été retenue.

Par rapport à une saison normale, il nous manque une autre chose : un Royal Ascot couru avec une préparation normale. Stradivarius (Sea the Stars) a lâché une bombe avec son impressionnant 125 dans la Gold Cup (Gr1). Mais les anglais sont arrivés au meeting de Sa Majesté deux semaines seulement après la reprise des courses et les chevaux qui ont dépassé les 120 sont au nombre de quatre : trois de moins qu’en 2019. En plus de Stradivarius, il y a Palace Pier (Kingman), la révélation Lord North (Dubawi) et Circus Maximus (Galileo), tous à leur première présence dans le top des ratings. Le 122 d’Addeybb (Pivotal), deuxième des Prince of Wales’s, ne compte pas : il a été acquis lors de ses deux succès en Australie.

Guinées et Poules à la baisse. Le grand chroniqueur américain John Sparkman a annoncé que les 3ans de cette année, aux États-Unis, étaient à juger comme une lost generation : une génération perdue. Une seule étape de la Triple Couronne, les Belmont Stakes (Gr1), a été courue et Tiz the Law (Constitution) a décroché son 120, tout comme la pouliche Gamine (Into Mischief), qui a fait "vroum vroum vroum" en remportant les Acorn Stakes (Gr1) par dix-huit longueurs. Mais nous avons déjà vu pire que ça aux États-Unis : en 2019, un seul 3ans américain avait dépassé les 120 : Maximum Security. Ils étaient trois en 2018, quand Justify (Scat Daddy) avait décroché la Triple Couronne, et aussi dans les deux saisons précédentes.

En Europe, les 3ans à plus de 120 sont trois : les deux Galileo gagnants à Epsom, Love et Serpentine, et le lauréat des St James’s Palace Stakes Palace Pier, qui fera l’impasse sur les Sussex Stakes (Gr1) et nous rendra visite pour le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1). Les Guinées d’Angleterre et d’Irlande tout comme les Poules d’Essai n’ont pas sorti un seul 120 : c’est du jamais vu ! Il reste le japonais Contrail (Deep Impact), qui a fait 122 dans son Derby et qui est donc au sommet de sa génération avec Love et l’australien Bivouac (Exceed and Excel). Les 3ans avec plus de 120 sont donc au nombre de sept : c’est trois de plus qu’en 2019, mais exactement la moitié de moins qu’en 2016.

La France a le temps pour rattraper. Ce qui nous inquiète est l’absence des français dans le classement. C’était déjà arrivé en 2018 et 2016. Lors de ces deux saisons, on a eu en fin d’année respectivement trois et deux chevaux qui ont franchi le cap. Cette année, on a presque une dizaine de chevaux qui ne sont pas loin de leur 120 : Sottsass (Siyouni), Call the Wind (Frankel), Victor Ludorum (Shamardal), Persian King ** (Kingman), le vénérable Way to Paris (Champs Élysées), la pouliche Tawkeel (Teofilo), Prêtreville (Acclamation), Shaman (Shamardal) et Earthlight (Shamardal), que l’on a revu avec plaisir dimanche à Deauville. On a le temps pour rattraper ce que nous avons manqué…

Mais il y a malgré tout une inquiétude qui se pose : la France avait, en théorie, trois semaines d’avance sur les Anglais et quatre sur les Irlandais, puisque nous avons repris les courses le 11 mai alors que les Anglais ont attendu le 1er juin et les Irlandais le 8 juin pour reprendre la compétition. Ces semaines de compétition supplémentaires devraient théoriquement être un avantage pour les chevaux entraînés en France, pourtant, nous sommes en souffrance dans les ratings… comme dans nos courses de Groupe.

Les 120 et plus de rating dans le monde au début du mois de juillet

Année

120 et plus

3ans

Europe

FR

AUS

USA

HK

JP

SAF

UAE

2020

25

7

11

0

2

4

3

4

1

0

2019

32

4

12

2

5

6

3

1

2

3

2018

32

9

13

0

5

8

4

2

0

0

2017

34

10

15

3

4

7

2

4

2

0

2016

33

14

16

0

2

8

1

5

0

0

Total

156

44

67

5

18

33

13

16

5

3

Groupes en France

Les anglais et les irlandais intraitables depuis la reprise

Depuis le lundi 15 juin, les étrangers peuvent revenir en France et nous avons eu l’impression de devoir beaucoup parler anglais ! Pour confirmer ce sentiment, nous avons donc analysé les résultats des 14 épreuves de Groupe qui se sont disputées depuis la réouverture de nos frontières : ce n’est définitivement pas une impression. Les Anglais et les Irlandais se sont montrés absolument intraitables.

Huit victoires de Groupe. Sur les quatorze Groupes disputés dans notre pays depuis le 15 juin jusqu’à ce mardi 14 juillet, seuls quatre ont été disputés sans anglais et irlandais au départ : le Prix de Sandringham (Gr2), le Prix Paul de Moussac (Gr3), le Prix du Muguet (Gr2) et le Prix du Bois (Gr3). Cela laisse donc dix courses de Groupe avec des chevaux entraînés outre-Manche : Prix du Jockey Club, Prix de Diane, Prix Jean Prat, Grand Prix de Saint-Cloud (Grs1), Prix de Malleret et Prix Maurice de Nieuil (Grs2), Prix du Lys, Prix de Ris-Orangis, La Coupe et Prix de la Porte Maillot (Grs3).

Sur ces dix courses, deux ont été remportées par des français, ou plutôt des chevaux entraînés en France si l’on veut être précis. Vaucelles (Le Havre), entraînée par Pascal Bary, s’est imposée mardi dans le Prix de Malleret (Gr2), et Way to Paris (Champs Élysées) a remporté le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1). Même s’il est entraîné par un Italien, Andrea Marcialis, on peut le considérer comme français puisque basé à Chantilly. Les Anglais et les Irlandais ont donc décroché huit des dix Groupes dans lesquels ils ont participé, soit 80 % d’entre eux.

Avec 30 % des partants. Pour comprendre la force de frappe des Anglais et des Irlandais, nous avons fait le calcul du nombre de partants qu’ils ont envoyés dans les dix épreuves de Groupe concernées. En tout, elles ont accueilli 79 partants, dont 24 concurrents entraînés outre-Manche soit 30 % du total. Sur ces 24 concurrents, 8 sont gagnants (33 %) et 16 ont conclu dans les trois premiers, soit une réussite de 66 % sur le podium. Avant le coup d’envoi du meeting de Deauville, dont les visiteurs sont friands et qui approche à grands pas, il y a encore trois courses de Groupe en France : le Prix d’Ispahan (Gr1) et le Prix Robert Papin (Gr2), ce dimanche à Chantilly, et le Grand Prix de Vichy (Gr3), le 22 juillet.

Les anglais et les irlandais dans les Groupes français depuis le 15 juin

Date

Course

Nombre partants

Gagnant

Pays

(Autres) partants IE/GB

Pays

Place

19-juin

Prix de Sandringham

7

Miss Extra

FR

_

Prix Paul de Moussac

8

National Defense

FR

_

25-juin

La Coupe

6

Telecaster

GB

_

Prix de la Porte Maillot

8

Space Blues

GB

D'Bai

GB

2

28-juin

Prix du Muguet

5

Persian King

FR

_

Grand Prix de Saint-Cloud

5

Way to Paris

FR

Old Persian

GB

5

02-juil

Prix du Bois

6

Livachope

FR

_

05-juil

Prix du Jockey Club

16

Mishriff

GB

Order of Australia

IE

7

Fort Myers

IE

15

Prix de Diane

11

Fancy Blue

IE

Alpine Star

IE

2

Peaceful

IE

3

12-juil

Prix Jean Prat

11

Pinatubo

GB

Lope y Fernandez

IE

2

Malotru

GB

3

Molatham

GB

5

Arizona

IE

7

Kinross

GB

8

Well of Wisdom

GB

9

Prix de Ris Orangis

9

Royal Crusade

GB

Glen Shiel

GB

2

Dubai Station

GB

3

14-juil

Prix du Lys

4

Volkan Star

GB

_

Prix de Malleret

5

Vaucelles

FR

Oriental Mystique

GB

2

Trefoil

GB

5

Prix Maurice de Nieuil

4

Red Verdon

GB

_