Lettre à Édouard de Rothschild : pour une prime de 500 € par cheval

Courses / 30.07.2020

Lettre à Édouard de Rothschild : pour une prime de 500 € par cheval

Mathieu Boutin, président de l’AEP

Thierry Doumen, président de l’Aepi

Antoine Gilibert : président de la Fédération des propriétaires

Serge Tardy, président du S.N.P.G.

Hubert Tassin, président des P.P.

« Monsieur le Président,

Au moment de l'accord que nous avions trouvé début mai pour la réduction des enveloppes d'allocations à partir de la reprise des courses le 11 mai, nous étions convenus d'une reprise des échanges au moment où un premier point sur les conséquences financières et techniques du "déconfinement" pourrait être fait.

Nous en sommes là aujourd'hui et nous revenons vers vous, comme convenu, pour reprendre le dossier avec la clause de retour à meilleure fortune que vous vous étiez, alors, engagé à mettre en œuvre dès lors que les conditions financières le permettraient.

On en est bien là, compte tenu des annonces des perspectives de retour du PMU à la filière pour 2020. Elles étaient estimées à 450 millions d'euros début mai. Le directeur général les a estimées ces derniers jours, notamment sur les ondes de BFM et dans Les Échos, à 640 millions d'euros.

Vous trouverez dans le tableau ci-dessous les grandes masses du compte d'exploitation de France Galop, comptant le scénario du Budget initial du PMU, le scénario à la fin du confinement et l'engagement actuel.

Nous nous réjouissons de ces bons résultats et félicitons, d'abord les personnels et points de vente du PMU, et, aussi, les propriétaires et les entraîneurs qui, en conservant leurs chevaux à l’entraînement ont permis que le redémarrage des courses au 11 mai se passe dans les meilleures conditions. Tous ont contribué largement à ce bon rattrapage.

C'est une raison pour ne pas oublier quels efforts ont été consentis par les propriétaires et les entraîneurs pour en arriver là. C'est afin de permettre à France Galop de ne pas se retrouver défaillante sur la base du scénario du PMU au 11 mai, qu'ils ont, dans un esprit de responsabilité, accepté une baisse des encouragements en 2020 jamais vue d’environ 60 M€ soit environ 25 % du montant initialement prévu. Cette réduction comprenait les courses annulées et la baisse des épreuves courues à partir du 11 mai. Ces 25 % se seraient cumulés avec les - 10 % de 2018.

Du fait de ces baisses d'allocations, le nouveau profil des comptes 2020 de France Galop laisserait, en l'état actuel des données, un excédent d'exploitation de près de 25 millions d'euros. Vous conviendrez que, dans l'année si dure pour tous les acteurs, il ne peut être question de tourner le dos à la stratégie gouvernementale de soutien "quoi qu'il en coûte" aux agents économiques et de ne pas reverser l'intégralité de ces sommes. Une dotation aux hippodromes dont les comptes ont été déséquilibrés par les mesures gouvernementales devra être mise en place avec le Trot.

Pour l'essentiel, l'annonce par le Conseil d’administration de France Galop d'un rattrapage en fin d'année pour les propriétaires et tous les acteurs, sur la base du résultat d'exploitation au 31 décembre, serait logique. Elle assurerait encore la solidarité des acteurs du Galop. Ce rattrapage ne concernerait bien sûr que les allocations et primes versées depuis le 11 mai, et devra être parfaitement proportionnel aux sommes reçues pour, justement, éviter que la cohésion de la filière ne puisse faire débat.

Sans attendre, nous pensons qu’il serait équitable d’octroyer dès maintenant aux propriétaires ayant conservé leurs chevaux à l’entraînement pendant la période du 17/3/2020 au 11/05/2020 une prime de 500 € par cheval afin de compenser, un peu, le poids financier de cette période sans courses ni recettes.

France Galop a su préserver son unité après le "déconfinement" et repartir du bon pied. C'est grâce à la détermination et au sens de l'intérêt commun de tous, et nous vous remercions d'avoir permis d'arriver à un consensus dans une période si dure. C'est pourquoi nous ne doutons pas de l'annonce prochaine des mesures de bon sens qui s'imposent dans une conjoncture un peu plus clémente.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos sentiments respectueux. »