Oaks (Gr1) : Love, plus vite qu’Enable vers l’Arc

International / 04.07.2020

Oaks (Gr1) : Love, plus vite qu’Enable vers l’Arc

Oaks (Gr1)

Love, plus vite qu’Enable vers l’Arc

Il y a une seule façon pour savoir si une pouliche tient les 2.400m : la courir dans les Oaks (Gr1). Love (Galileo) tient et surtout, elle est très très bonne. Elle l’a démontré en se détachant de ses rivales, ralliant le poteau en solitaire, avec neuf longueurs d’avance. Elle a aussi battu, en 2’34’’06, le record d’Enable (Nathaniel), qui avait gagné en 2’34’’13. Sept centièmes de seconde, c’est un détail et les deux courses ont connu un déroulement différent. De plus, Enable avait couru sous un vrai déluge.

Love est une grande gagnante des Oaks même si elle n’a pas battu le record du plus grand écart (douze longueurs) établi en 1983 par Sun Princess (English Prince), qui fut ensuite deuxième dans l’Arc de Triomphe d’All Along (Targowice). Les bookmakers ont baissé la cote de Love dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe à 5/1 avant de regarder le Derby. C’est un énorme signe de confiance.

Deux lièvres trop rapides. Le chrono record est le fruit du travail de Tiempo Vuela (Lope de Vega) et Passion (Galileo), qui ont pris trop au sérieux leur job de leaders. Les deux ont pris quinze longueurs sur le peloton plutôt étiré. Lanfranco Dettori, en selle sur Frankly Darling (Frankel), a décidé de marquer à la culotte la future lauréate. Les deux n’ont pas trop aimé le Tattenham Corner et ont attendu. La première à prononcer son effort a été Ennistymon (Galileo), qui a pris l’avantage avant le poteau des derniers 400m mais sa suprématie n’a été que de très courte durée car Love est passée en trombe. Le rêve d’Anthony Oppenheimer a duré un instant : Frankly Darling n’a pas accéléré et Galileo a ainsi eu droit à un autre jumelé classique.

Une Triple Couronne possible. Le programme de Love est encore à établir. Elle peut réussir la Triple Couronne des pouliches (1.000 Guinées, Oaks et St Leger) décrochée la dernière fois en 1985 par Oh So Sharp (Kris). Quant à Aidan O’Brien, il a égalé le record de l’époque moderne qui appartenait à Sir Henry Cecil avec son huitième succès et le cinquième dans les dix dernières éditions. Il a dit : « Tout le monde était satisfait de son état de forme et moi je suis heureux pour tout le monde. Love est un pur produit maison. » Ryan Moore a expliqué : « Elle a fait quelque chose d’exceptionnel. On savait qu’elle était très bonne, elle l’avait démontré dans les Guinées et a franchi un nouveau palier. Elle a aimé la distance, son meilleur furlong a été le dernier. On ne s’attend jamais à gagner les Oaks si nettement. »

Un rating canon en vue. Les handicapeurs ont un joli travail à faire. Le rating de Love, en jugeant la course sur Frankly Darling, est autour de 124. Si on prend en repère Ennistymon, il baisse à 119 et explose à 126 si on se base sur la quatrième, Queen Daenerys (Frankel). Enable avait gagné les Oaks en 120 et avait terminé sa campagne de 3ans avec le triomphe dans l’Arc en 128.

La formule magique Galileo & Pivotal après Hermosa. Love est la quatrième gagnante des Oaks du grand Galileo (Sadler’s Wells). La pouliche est issue du même croisement — avec une poulinière par Pivotal (Polar Falcon) — que celui de la lauréate des Guinées 2019 Hermosa. Cette formule a donné quatre autres gagnants de Gr1 : les pouliches Hydrangea, Magical et Rhododendron, en plus du mâle The United States.

La mère de Love, Pikaboo (Pivotal), avait couru cinq fois sans gagner, avec 50 de rating. Elle est arrivée chez Coolmore grâce à la réussite de son troisième produit, la très bonne 2ans Lucky Kristale (Lucky Story), qui avait gagné les Grs2 Duchess of Cambridge Stakes and Lowther Stakes. Malheureusement elle n’a pas confirmé à 3 et 4ans. Pikaboo a rencontré trois fois Galileo. Avant Love, elle avait donné les gagnantes de Gr3 Flattering et Peach Tree. Un bilan parfait.

La deuxième mère, Gleam of Light (Danehill), a gagné deux courses et a produit le double lauréat de Gr2 Arabian Gleam (Kyllachy) et Light Quest (Quest for Fame), qui a gagné trois courses en France pour la casaque Marinopoulos et a produit deux sujets black types : Tropaios (Excellent Art), vainqueur du Prix Millkom (L) en France avant de poursuivre sa carrière à Singapour où il a gagné la Gold Cup (Gr1 local), et Skia (Motvator), gagnante du Prix Fille de l’Air (Gr3) et maintenant poulinière au Japon. La troisième mère, Gold Runner (Runnet), est une demi-sœur de Don’t Forget Me (Ahonoora), le lauréat des 2.000 Guinées en 1987.