Saratoga

Le Mot de la Fin / 25.07.2020

Saratoga

C’est le Deauville des New-Yorkais et ce n’est pas faux. Mais l’histoire de Saratoga diffère quelque peu de celle de l’hippodrome créé par le duc de Morny, surtout autour des années 1920… Dans son livre Such Was Saratoga (Tel était Saratoga), paru en 1940, Hugh Bradley en dévoile les dessous et surtout la façon dont le crime organisé de l’époque avait investi les lieux. La scène se passe donc dans ces années-là. Celui que l’on surnomme alors "The Brain", Arnold Rothstein (1882-1928), membre de la Yiddish Connection et père spirituel de Charles "Lucky" Luciano ou encore de Meyer Lansky, eux aussi passés à la postérité, et surtout grand parieur et passionnés de courses (il aura des pur-sang et des parts dans plusieurs hippodromes), se rend à Saratoga en compagnie de quelques "confrères" : « [Ils] étaient venus pour parier sur les chevaux et avaient mis au point un accord collectif sur les pertes, profits et frais généraux. Cette entreprise ne fut pas un succès. Puis, l’après-midi où il ne restait plus que 100 $ de la liasse de billets collective, leur chance tourna. Tous les investisseurs furent heureux. Même lorsqu’ils furent séparés, on ne sait trop pourquoi, de celui qui avait empoché le nouveau magot de 2.000 $, ils ne s’en inquiétèrent pas outre mesure. Ils quittèrent simplement l’hippodrome et se hâtèrent de regagner l’hôtel où ils séjournaient. »