Tribune Libre : Se serrer les coudes… ou la ceinture ?

Autres informations / 24.07.2020

Tribune Libre : Se serrer les coudes… ou la ceinture ?

Tribune Libre

Se serrer les coudes… ou la ceinture ?

Suite à une erreur de notre part, la tribune libre de François Rohaut apparue dans la précédente édition de Jour de Galop n’était pas la bonne version. Voici le bon texte.

« Afin de pouvoir maintenir un programme de courses cohérent, France-Galop a décidé, dans un premier temps, une baisse générale des allocations. Sous la pression de quelques associations minoritaires, cette décision a été profondément modifiée. Principales victimes, les Groupes et Listeds, les gros handicaps et toutes les courses à conditions et les maidens. Seules courses non impactées : les réclamers et handicaps dotés de 19.000 € ou moins en région parisienne et de 15.000 € ou moins en province, et enfin les courses PMH, déjà très faiblement dotées.

Si en région parisienne les dotations respectent à peu près la hiérarchie des courses, il n’en est pas de même en province premium où l’on voit souvent les maidens et même les Classe2 moins bien dotées que les handicaps et réclamers.

Quelques exemples :

- à Salon-de-Provence le 16 mai : un maiden 3ans avec 13.000 €, un handicap 3ans avec 15.000 €, un réclamer 3 ans avec 13.000 € et un handicap 4ans et plus avec 15.000 € ;

- à Dax le 16 juin : un maiden 3ans avec 13.000 € et un handicap 4ans et plus valeur inférieure ou égale à 25 avec 14.000 €...

Le message ainsi envoyé à la province est double :

- Pourquoi acheter des yearlings (ou les produire), sachant l’investissement en temps et en argent, pour un résultat hypothétique ? Ne vaut-il pas mieux acheter un réclamer dont on connaît la valeur et qui pourra recourir huit jours plus tard ? Si les allocations ne font pas la différence, la réponse est vite trouvée.

- Pourquoi chercher à gagner un maiden moins bien doté qu’un handicap au risque de se voir attribuer une valeur rédhibitoire par Messieurs les handicapeurs ? La régularité des courses n’est plus garantie.

Ainsi, un conseil d’administration composé majoritairement de membres venant de province a décidé de mettre en place ces mesures discriminatoires sans en mesurer toutes les conséquences pour les propriétaires et entraîneurs de province. Province qui, mal organisée pour se défendre, ne mesure que maintenant l’importance de cette injustice.

Les conséquences pour les entraîneurs de province, déjà mal en point, vont être terribles. Leur maigre espoir de toucher un bon cheval va se réduire (et leur motivation avec) faute de clients capables d’investir, et leurs finances déjà mises à mal vont encore se dégrader. Je constate, en passant, que certains doivent se sentir "cocufiés" par leurs représentants au Comité. Pour se sauver, ces derniers n’ont pas hésité à tromper ceux qui les ont élus.

On nous annonce que les résultats du PMU dépassent toutes les espérances. La province a sa part (importante) dans cette reprise réussie. Alors s’il vous plaît, Messieurs les décideurs, redonnez (et ce depuis le 11 mai) une partie de ce qui nous a été injustement pris en réajustant le pourcentage de baisse. Beaucoup d’entraîneurs sont découragés et se sentent abandonnés. Ils ne pourront pas attendre 2021.

Vous nous avez demandé de nous serrer les coudes. Mais c’est plutôt la ceinture que beaucoup d’entre nous se serrent... »

François Rohaut