À CHEVAL SUR L’HISTOIRE DE L’ART : Le Grand Prix de Deauville et l’incroyable saison 1947 de Le Paillon

Autres informations / 29.08.2020

À CHEVAL SUR L’HISTOIRE DE L’ART : Le Grand Prix de Deauville et l’incroyable saison 1947 de Le Paillon

À CHEVAL SUR L’HISTOIRE DE L’ART

Le Grand Prix de Deauville et l’incroyable saison 1947 de Le Paillon

Guy Henrot est à la tête de https://equestrart.com/ Grâce à un tableau, cet ancien entraîneur nous permet de découvrir un événement de l’histoire des courses. Ce dimanche, Deauville accueille son Grand Prix. L’occasion de revenir — en image — sur l’exploit réalisé par Le Paillon en 1947.

Ce tableau (51×110cm) est une huile sur toile signée en bas à droite qui fait partie des collections des Franciscaines… à proximité de l’hippodrome de Deauville. Le peintre Eugène Péchaubès (1890-1967) fut d’abord illustrateur de scènes militaires sous le Second Empire. Il s’oriente ensuite vers les courses hippiques, devenant un parfait chroniqueur et ses tableaux reproduisant fidèlement ce que l’on appelle aujourd’hui "l’arrivée technique". C’est-à-dire en respectant les distances à l’arrivée (tête, deux longueurs…) À cette époque, chaque "grande maison" adjoignait un leader à son représentant, les courses ainsi décantées se terminaient souvent avec de vrais espaces à l’arrivée. Ce qui n’est plus toujours le cas de nos jours… C’est ainsi que le peintre fut conduit à proposer des toiles tout en longueur, parfois de plus d’un mètre. Certains grands propriétaires de l’époque commandaient systématiquement leurs principaux vainqueurs et constituaient une belle décoration dans un endroit consacré de leur demeure. Ainsi au château du Mesnil dans la Sarthe se trouvait une suite de certains des grands gagnants de la célèbre casaque à damier blanc et noir de Madame Jean Couturié. La Société de La Teste possède elle aussi une jolie paire de ces toiles. Elles rappellent le doublé mémorable de La Sorellina (Sayani) - Prix de Diane et l’Arc de Triomphe 1953 - sous les couleurs de Paul Dubosq.

Un exploit inégalable. Sur ce tableau, Le Paillon (Fasnet) remporte le Grand Prix de Deauville 1947. Appartenant à Madame Aurousseau, il était entraîné par William Head. Il porte le nom d’un torrent finissant sa course à la lisière du vieux Nice, avant de se jeter dans la Méditerranée à l’extrémité de la promenade des Anglais. Vainqueur du Derby 1930, Bleinheim (Blandfort) est importé par Son Altesse Aga Khan en France, fonctionnant au haras de Marly-la-Ville jusqu’en 1936. Il produit entre autres Blue Bear (Bleinheim), gagnante de la Poule d’essai et mère de Le Paillon. Celui-ci, principalement orienté sur les obstacles, n’a gagné que deux courses en plat : le Grand Prix de Deauville et le Prix de l’Arc de Triomphe. Pas trop mal pour un sauteur ! Il restera détenteur, probablement à jamais, d’un record très original. Celui d’avoir gagné la même année, à l’âge de 5ans, la grande course de haies d’Auteuil et l’Arc. Ce genre de tentative osée n’a plus cours de nos jours. Tout juste si l’on entrevoit la possible participation au prochain grand rendez-vous d’octobre d’un gagnant de la Gold Cup d’Ascot…