Allocations : une situation inédite

Autres informations / 10.08.2020

Allocations : une situation inédite

Allocations : une situation inédite

Cette année 2020 n’est décidément pas comme les autres. Que va choisir France Galop au sujet des allocations ? La question est posée, alors que de nouvelles voix se font entendre dans le débat.

Par Mayeul Caire

Il en est du galop comme de toutes les familles : le plus souvent, quand le ton monte, c’est qu’il est question d’argent !

Pendant le confinement, France Galop a logiquement programmé une baisse des allocations à la reprise des courses. J’écris "logiquement" car, à l’époque, le PMU ne pouvait pas imaginer que les enjeux repartiraient ni aussi vite ni aussi fort. À présent que la situation est bien meilleure que prévu, plusieurs associations professionnelles ont demandé fin juillet à France Galop de revoir sa distribution : « Au moment de l’accord que nous avions trouvé début mai pour la réduction des enveloppes d’allocations à partir de la reprise des courses le 11 mai, nous étions convenus d’une reprise des échanges au moment où un premier point sur les conséquences financières et techniques du "déconfinement" pourrait être fait. Nous en sommes là aujourd’hui et nous revenons vers vous, comme convenu, pour reprendre le dossier avec la clause de retour à meilleure fortune que vous vous étiez, alors, engagé à mettre en œuvre dès lors que les conditions financières le permettraient. [Le PMU estimait un retour à la filière de 450 millions d’euros début mai.] [Cyril Linette] les a estimées [fin juillet] à 640 millions d’euros. Afin de permettre à France Galop de ne pas se retrouver défaillante sur la base du scénario du PMU au 11 mai, [les propriétaires et les entraîneurs] ont, dans un esprit de responsabilité, accepté une baisse des encouragements en 2020 jamais vue d’environ 60 M€, soit environ 25 % du montant initialement prévu. Cette réduction comprenait les courses annulées et la baisse des épreuves courues à partir du 11 mai. Ces 25 % se seraient cumulés avec les - 10 % de 2018. Sans attendre, nous pensons qu’il serait équitable d’octroyer dès maintenant aux propriétaires ayant conservé leurs chevaux à l’entraînement pendant la période du 17 mars au 11 mai 2020 une prime de 500 € par cheval afin de compenser, un peu, le poids financier de cette période sans courses ni recettes. »

Ce texte a été signé par deux présidents "Entraîneurs-Propriétaires" (Mathieu Boutin et Thierry Doumen), par le président de la Fédération des propriétaires (Antoine Gilibert), par le président du S.N.P.G. (Serge Tardy) et par le président des P.P. (Hubert Tassin).

Depuis ce week-end, ils sont rejoints – dans leur appel d’un retour à meilleure fortune – par plusieurs acteurs du monde de l’élevage commercial. Leur préoccupation, à eux, est plutôt d’envoyer un signal positif aux investisseurs avant les ventes de l’automne, sur le thème : « La France est toujours l’eldorado des encouragements. » Là où les premiers demandaient un geste immédiat, eux sont plutôt en quête d’engagements sur 2021 et au-delà. Pas le même angle de combat, mais toujours le même sujet du financement.

Quels sont les éléments de débat ?

D’un côté, les professionnels, comme nous venons de l’exposer, demandent que les performances récentes du PMU soient en partie redistribuées dès maintenant. Ils ont accepté la baisse ; ils veulent bénéficier de la hausse.

De l’autre côté, les arguments ne manquent pas non plus. Il y a d’abord la question de la pérennité de la hausse des enjeux depuis juin. Ils sont très supérieurs aux prévisions, mais dureront-ils ? Ce n’est pas une certitude quand on en analyse les causes, toutes inscrites dans un contexte calendaire et concurrentiel très particulier : absence de paris sportifs, effet rattrapage après plusieurs semaines sans jeux d’argent, offre de courses plus quantitative et plus qualitative du fait de la reprogrammation des courses, apport de parieurs étrangers venant de pays où les courses se sont arrêtées, progrès du PMU en ligne (un parieur converti au numérique parie plus que quand il jouait dans le réseau physique)… De ce point de vue, la reprise du football va être un excellent test.

Les deux autres éléments d’appréciation, c’est la hausse du chômage attendue à la rentrée (effet-retard du Covid-19) et un éventuel reconfinement (qui pourrait conduire à de nouvelles fermetures de points de vente PMU dans les grandes villes).

Que va décider France Galop, dont le prochain conseil d’administration aura lieu le 24 août ? Une hausse des allocations avant la fin de l’année ? Une prime ponctuelle ? Une bonification des allocations gagnées depuis la reprise du 11 mai en fin d’année ? Rien en 2020 ? Le champ des possibles est vraiment très large, en ces temps placés sous le signe de l’incertitude et de l’inédit.