Antoine Bozo n’est plus

Courses / 02.08.2020

Antoine Bozo n’est plus

Antoine Bozo s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche. Il avait 83 ans. Son nom restera toujours associé à celui du haras du Mézeray, qu’il dirigea pendant près de trente ans avant de passer la main à son fils Henri. Antoine Bozo avait fait ses armes au haras du Bois Roussel, pour le comte Gérald Moulins de Rochefort, avant de prendre la direction du haras de Mortrée. Paul de Moussac le contacta en 1975 pour diriger le haras du Mézeray qui, avec son aide, fit naître deux gagnants d’Arc, Trempolino et Subotica. Avec son épouse Claire, Antoine a eu quatre enfants : Henri, directeur de l’écurie des Monceaux, Ghislain, devenu courtier, Pierre-Antoine, évêque de Limoges, Anne-France, qui s’est mariée avec Erwan Charpy, et Lydwine. Henri nous a raconté : « Papa est né à Alençon, sa famille était originaire de l’Orne. Son père avait une épicerie. Il était très intéressé par les chevaux, la vie rurale... Si bien qu'il a fait une école d'agriculture, avant de partir en stage chez son parrain, monsieur de Rochefort, au haras de Bois Roussel. Il a ensuite été embauché pour diriger le haras de Mortrée. Monsieur de Moussac, qui voulait développer le haras du Mézeray, a plus tard fait appel à ses services. Mon père a dirigé ce haras pendant environ trois décennies, prenant sa retraite en 2000. Avec Paul, puis Charles-Henri de Moussac, il a eu le bonheur de voir grandir deux gagnants d'Arc, Trempolino et Subotica, ainsi qu'un grand nombre de bons chevaux comme Luth Enchantée. C'est une personne qui aimait encourager les autres et ses enfants en particulier. Très positif, il nous soutenait lors des moments plus difficiles. Mon frère Ghislain et mon beau-frère Erwan ont comme moi fait le choix de travailler dans la filière cheval. Il suivait de près nos activités hippiques. Sa disparition laisse un grand vide. Il était croyant, mais avec une vision tolérante, ouverte et joyeuse de la religion. Je pense qu'il a essayé de nous apprendre à être patients avec les chevaux, à observer et à respecter la nature. Il avait le sens des chevaux, de la nature et des gens : c'était le bon sens incarné. »

Charles-Henri de Moussac : « Nous avons perdu un membre de la famille »

« C’est plus qu’un collaborateur que nous perdons, c’est un ami, un membre de la famille. Mon père l’avait recruté quand il a souhaité développer le haras du Mézeray et qu’un premier étalon, Margouillat, est arrivé. Sous sa direction, le Mézeray est devenu un élevage classique, puisque nous avons eu des chevaux comme Trempolino, Subotica, Luth Enchantée, Apple Tree… Antoine était un homme de grande confiance. Mon père lui avait confié la gestion du haras comme s’il en était le propriétaire. C’était un très grand homme de cheval. Il nous a fait investir dans des yearlings, notamment aux États-Unis, qui ont beaucoup apporté à l’élevage, et nous n’achetions jamais rien sans son avis. Je crois que les chevaux lui parlaient… Il était aussi un très bon manager, et avait su créer une équipe de grande qualité autour de lui. Il était très fier de la réussite d’Henri et Ghislain, et a su leur transmettre ses connaissances. Il m’appelait souvent pour prendre des nouvelles du haras, me féliciter après de belles victoires. Je suis allé le voir il y a deux semaines, et nous avions évoqué le bon temps, autour un verre de whisky ! Il était, quelque part, un confident… »

Loïc Malivet : « Une personne d’une grande fidélité »

« Antoine Bozo a fait partie du Comité du Syndicat des éleveurs pendant une longue période. Je l'ai connu à ce moment-là. C'était un véritable homme de cheval, passionné par les courses, le programme et l'élevage, trois sujets qu'il connaissait bien. Et il a transmis cette fibre hippique, cette culture d'homme de cheval à ses enfants qui connaissent une belle réussite dans notre filière. C'était une personne très posée, avec des réflexions toujours juste. Il n'a jamais cherché à créer la polémique mais il savait exposer son point de vue, de manière très courtoise. Aux ventes ou aux courses, j'aimais beaucoup passer du temps avec lui et discuter. Il était très au fait de l'actualité. C'était une personne d'une grande fidélité, en particulier envers la Fédération des éleveurs. Je pense qu'il a profondément marqué ceux qui l'ont bien connu. »

À son épouse, à ses enfants, et à ses proches, l’équipe de Jour de Galop présente ses condoléances émues. 

Antoine Bozo sera inhumé à la cathédrale de Sées le mercredi 5 août à 14 h 30.