Bientôt 100 ans et pas une ride

Courses / 06.08.2020

Bientôt 100 ans et pas une ride

Deauville vient d’accueillir le traditionnel week-end "international" des cavaliers amateurs… redevenu national le temps du Covid. L’occasion de faire le point sur le Club avec son président, Gérard de Chevigny.

Dans deux ans, le Club des gentlemen-riders et cavalières fêtera ses… 100 ans ! Mais il ne vieillit pas. Gérard de Chevigny : « Lors des stages d’obtention de première licence, que nous organisons par délégation de France Galop, nous accueillons toutes sortes de profils. Enfants de la balle, générations spontanées ou tardives, du lycéen à l’ex des Grandes Écoles, avec un extraordinaire capital-passion, qu’ils soient amenés à terme à monter une ou quarante courses par an. L’essentiel, c’est qu’ils soient passés de spectateurs à acteurs. Un privilège. Un "plus" rare, là où la grande majorité des Français se figure – à tort – que l’équitation de courses est un sport réservé aux professionnels, donc inaccessible, un milieu fermé et considéré comme incompatible avec la notion de désintéressement. À cet égard, il faut souligner le capital-passion particulier qui émane du Championnat des Grandes Ecoles ; offrez aux étudiants la possibilité de se produire sur les 1.400m en casaque à Longchamp, vous en faites en 1’40 les plus ardents défenseurs des courses, et à vie, dans leurs milieux professionnels, dans leurs entourages, dans leurs réseaux ! »  

Voilà des arguments de poids pour le Club, a fortiori en ces temps de réductions, qui menacent la part de l’amateurisme. « Nous avons notamment dû nous accommoder du passage d’un nombre croissant de nos courses du statut "premium" au statut "P.M.H.", ce qui affecte leur retentissement, leur diffusion TV et la notoriété de leurs lauréats, mais aussi expose leurs participants les moins aguerris à des contextes de courses plus mouvementés, moins limpides, qui peuvent les faire davantage régresser que progresser », déplore Gérard de Chevigny. « Pourtant, je le répète : aujourd’hui, où le galop français fait face à d’énormes défis, il n’a jamais été aussi impératif de réaliser combien l’amateurisme est un investissement mineur pour l’Institution, avec des retombées majeures. »

Un vivier de recrutement incomparable

On parle parfois des jockeys pros passés par les rangs amateurs (comme la Cravache d’or japonaise Christophe Lemaire). Mais le Club est surtout le premier vivier de recrutement de futurs entraîneurs et propriétaires.

« Vous voulez mesurer l’impact des vocations "amateurs" dans l’activité du galop en France ? nous demande Gérard de Chevigny. Prenez les élections de décembre dernier : sur les 175 candidats socioprofessionnels au Comité de France Galop, une cinquantaine (environ 30 %) d’entre eux se recommandaient du vivier de l’amateurisme. Sans compter quelques-uns des professionnels les plus représentatifs de notre filière passés par les rangs des Gentlemen, comme André Fabre, Jean-Claude Rouget, Alain de Royer Dupré, Carlos Laffon-Parias, Alex Pantall, Guillaume Macaire, François Nicolle, David Cottin, etc., pour ne citer qu’eux. »

Indiscutablement, l’apparemment marginale filière des courses d’amateurs aura fait accéder au turf une multitude de propriétaires en devenir, de copropriétaires, d’entraîneurs, de permis d’entraîner d’éleveurs, de courtiers, de responsables d’agences de ventes, de membres cooptés ou élus (voir ci-dessus) d’instances dirigeantes locales, régionales, nationales, de Commissaires, de multiples bénévoles de terrain, sans lesquels la France ne serait pas le pays le plus peuplé d’hippodromes en Europe…

Et tout cela ne coûte presque rien à France Galop : « Le Club reçoit une subvention (vitale…) qui n’équivaut qu’à 0,0003 % du budget de France Galop. L’amateurisme est sans doute l’un des moindres investissements de la société-mère du galop, pour l’un de ses meilleurs rendements, comme générateur de vocations d’acteurs et d’irréductibles aficionados des courses - CQFD : leur part de 30 % dans l’échantillon des listes électorales de décembre dernier. »

Une édition 2020 forcément très particulière

Malgré le contexte, les partenaires de la Fegentri et du Club sont restés fidèles au grand week-end deauvillais.

L’édition 2020 du "Week-end international des amateurs de Deauville", traditionnellement marqué par trois étapes des Longines championnats du monde Fegentri des gentlemen-riders et des cavalières, a été confinée à l’étiquette "nationale", dès lors que lesdits Championnats mondiaux 2020 (on compte 25 pays au sein de la Fegentri désormais) ont dû être déprogrammés, pour cause de pandémie. Nominés représentants officiels de la France pour les circuits internationaux Fegentri 2020, Sébastien Bouyssou (porte-drapeau pour les championnats du monde 2020, série gentlemen plat), Tracy Menuet (cavalières plat) et Sylvain Maussion (obstacle) se préparaient à leurs périples intercontinentaux quand, malheureusement pour eux, a été prise la décision de tout déprogrammer…

Deux mille vingt sera donc une année sans "Éperons d’or" Fegentri, et sans successeurs à leurs titulaires 2019 (les Français Alexis Lemer et Mathilde Bourillon, l’Anglais Prichard, dans leurs séries respectives). « Mais heureusement, Longines, frappé par tant d’annulations dans les multiples disciplines équestres qu’il sponsorise, tient à la continuité de ses engagements vis-à-vis de la Fegentri », se rassure Gérard de Chevigny, président du Club des gentlemen-riders et des cavalières de France.

Course fondatrice des championnats du monde Fegentri, avec une édition inaugurale remontant à soixante-cinq ans (1955 : création à Saint-Moritz de la Fegentri, autour d’un noyau de cinq pays membres), le Prix Georges Courtois (autrefois sous-titré "Grand Prix Européen des Gentlemen-Riders") aura donc dû être rétrogradé en épreuve nationale, avec une nouvelle victoire de Florent Guy. « Nous nous félicitons de ces soixante-cinq années de continuité du grand week-end des amateurs à Deauville, avec les fidèles soutiens de France Galop et du groupe Barrière, ainsi que nos autres partenaires, comme les vins de Sauternes », continue Gérard de Chevigny.

Un nouveau directeur pour le Club

Gentleman-rider puis propriétaire, bien connu notamment à Maisons-Laffitte, Pierre Lenfant a rejoint le milieu de sa passion, comme directeur opérationnel du Club. Il a décidé de s’y investir après des études riches (ingénieur agricole UniLaSalle, Mastère ESSEC, executive MBA HEC) et une trentaine d’années dans l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique.

Assisté de Laurence Azémard, Pierre Lenfant assure ainsi désormais le volet exécutif d’une gouvernance qui repose sur les huit membres du Bureau du Club : Gérard de Chevigny (président), Blanche de Granvilliers et Pascal Adda (vice-présidents), Adrien Desespringalle (rrésorier), Jean-Philippe Boisgontier, Patrice Détré, Guy-Charles de La Horie et Yannick Mergirie (commissaires).