Le bien-être animal au quotidien, sur les territoires

Autres informations / 17.08.2020

Le bien-être animal au quotidien, sur les territoires

Le bien-être animal au quotidien, sur les territoires

Par Véronique Vigouroux, Île de Ré Galop

« S’il y a un sujet qui revient de plus en plus souvent sur le devant de la scène, c’est bien celui du bien-être animal. Il y a quelques années, le sujet semblait n’appartenir qu’à un petit groupe de personnes. Mais, au fur et à mesure, il a pris une place de plus en plus importante, à tel point que nos politiques – peut-être parfois trop pour certains et pas assez pour d’autres – sensibles aux pétitions populaires, se posent même la question de créer un délégué ministériel au bien-être animal.

Il y a un an, j’ai fait partie d’un groupe de travail organisé par notre député (et grand soutien de notre écurie de territoire) Olivier Falorni. Ce groupe de travail était principalement axé sur la transition écologique sur notre territoire, mais la question du bien-être animal a fait l’objet de débats suite à la diffusion de vidéos sur les abattoirs.

Je me souviens que dans le groupe, quelques personnes avaient été un peu dures dans leur propos, voyant les courses et l’équitation comme des pratiques maltraitantes.

Plutôt que de les affronter, ce qui n’aurait apporté aucun échange constructif, je les ai écoutées puis je leur ai dit : "Oui c’est vrai, il y a des endroits où cela se passe mal, mais il y en a aussi où le cheval est pleinement respecté." Je leur ai parlé des associations qui se sont créées (la plus emblématique étant Au-delà des pistes), où des personnes consacrent tout leur temps à offrir aux chevaux de courses une retraite ou une reconversion heureuse.

Ensuite, je leur ai raconté notre histoire, ici sur l’île de Ré, l’histoire et la place du cheval à nos côtés, tout au long de notre évolution et pourquoi il me semblait important qu’il ne disparaisse pas du grand public car son rôle est primordial… Le cheval nous enseigne l’équilibre, si important dans une société souvent précaire ! C’est un ambassadeur de notre histoire, de notre culture, de nos mémoires.

Et lorsque je leur ai expliqué, qu’ici, mais bientôt partout sur tous les territoires de France, nous avions créé un merchandising dont l’ensemble des bénéfices serviront pour la retraite ou la reconversion de nos ambassadeurs chevaux, alors là, un autre dialogue a pris place. Je les ai ensuite invités à l’écurie pour leur faire découvrir notre métier. J’avais également emmené un matin notre député visiter le centre d’entraînement de Royan avec la participation d’Arnaud Chaillé-Chaillé et de Thomas Fourcy, afin que celui-ci comprenne également que dans cette filière, certes, il y a les "grands couturiers" que sont les grands éleveurs, mais il y a tous ces emplois, pratiquement tous en CDI, avec des gens passionnés aimant leur métier. Si dans dix ans, notre pays compte vingt, trente ou quarante écuries de territoires, ce seront autant d’habitants qui se seront reconnectés au cheval, mais aussi une grande partie de nos élus qui porteront fièrement leurs couleurs. Et à n’en pas douter, nous serons capables de faire revenir aux courses le président de la République… le jour de la finale des écuries de territoires !

Alors oui, comme le disait Maître Blanche de Granvilliers, ne nous cachons pas, communiquons fièrement et qui sait, peut-être dans dix ans, dans plusieurs territoires, nous verrons des maisons de retraite et reconversion pour nos chevaux. Ayant un rôle inclusif, elles accueilleront des enfants, des femmes, des hommes, eux aussi en quête d’une deuxième chance. On pourrait aussi envisager une Fondation des écuries de territoires, rassemblant les forces d’Au-delà des pistes et d’autres associations avec comme présidente, Madame Ariette Forien, parce que depuis toutes ses années qu’elle mène cette quête, elle le vaut bien !

Demain s’écrit ENSEMBLE. »