Lettre ouverte au président Rothschild

Institution / Ventes / 09.08.2020

Lettre ouverte au président Rothschild

Lettre ouverte au président Rothschild

« Monsieur le Président,

Par une récente lettre publiée dans Jour de Galop, les associations représentatives des socioprofessionnels vous ont demandé d’appliquer sur la fin de l’année 2020 la clause de retour à meilleure fortune que vous vous étiez engagé à mettre en œuvre dès lors que les conditions financières le permettraient.

Nous soutenons bien évidemment cette proposition.

Les déclarations à la presse du directeur du PMU laissent à penser que le résultat net de 2020 assurerait un exercice positif pour France Galop, loin des 80 M€ de pertes annoncées.

Par ailleurs, nous observons que depuis la réforme de 2017 (baisse de 22 M€), les encouragements auront diminué de plus de 30 % soit de plus de 80 M€. (Voir détails tableau ci-dessous).

Encouragements en millions d’euros

Distribués en 2017 279

Budget 2020 256,53

Distribués du 01/01 au 15/03 (estimation) 34,32

Non distribués confinement (estimation) 37

Solde à distribuer (estimation) 185,21

Solde à distribuer suite baisse annoncée (estimation) 157,43

Total versé (estimation) 191,75

Écart 2020/2017 -31 %

Profitant de leur dynamique actuelle et de la stratégie commerciale et marketing offensive développée depuis 2017, les enjeux hippiques 2021 pourraient atteindre 8,9 milliards d’euros. L’amélioration continue de la gestion du PMU permettant d’espérer un taux de résultat de 9 %, ceci assurerait 800 M€ de résultat net. Avec les baisses de charges avérées de France Galop, l’annonce d’une prévision budgétaire pour les encouragements 2021 de 278 M€ (donc au niveau de 2017) apparaît réaliste et serait un signal fort, nécessaire, adressé tant aux propriétaires qu’aux éleveurs pour leurs investissements immédiats.

Une telle annonce, dès le début du mois de septembre, transformerait l’inquiétude ambiante en un vent d’optimisme et aurait dans un premier temps un impact positif sur toutes les ventes de yearlings, dont les premières programmées fin septembre.

Cela permettrait aussi le retour des allocations à leur niveau antérieur des courses principales, juste récompense aux grandes écuries de leur soutien aux intérêts communs de l’Institution.

Il est utile à ce stade de vous rappeler que près de 80 % des chevaux ayant couru en France en 2019 n’ont pas gagné de quoi amortir leur prix de pension, sans même penser à leur prix d’achat. Un pourcentage qui devrait, malheureusement, être dépassé en 2020.

De plus, nous observons actuellement une baisse des 2ans à l’entraînement, ce qui est de très mauvais augure pour la moyenne du nombre de partants en 2021.

Ces raisons nous amènent à insister pour que la politique des allocations pour 2021 devienne un sujet prioritaire d’échanges entre vous, Monsieur le Président, et les associations représentatives des 12.000 adhérents (propriétaires, éleveurs et entraîneurs) de France Galop, en plus des deux conseils (plat et obstacle) dédiés à cette tâche.

Ceci à l’image de l’accord trouvé début mai pour la réduction des allocations à partir de la reprise des courses le 11 mai, accord pris pour la première fois en concertation avec l’ensemble des associations représentatives des socioprofessionnels.

Nous espérons ainsi que la crise que nous traversons sera le catalyseur d’une relation nouvelle entre le conseil d’administration d’un côté et l’ensemble des associations représentatives de l’autre, et que ces concertations deviendront la règle même si elles restaient informelles d’un point de vue strictement statutaire.

Monsieur le Président, comptant sur votre courtoisie, nous espérons que vous répondrez avec toutes les précisions nécessaires à ces deux propositions et, fort de la mission que vous ont confiée les sociétaires en vous portant à la présidence de notre association, que vous y répondrez favorablement.

Nous vous adressons, Monsieur le Président, nos plus respectueuses salutations. »

Le conseil d’administration de l’Association des propriétaires de chevaux de courses au galop d’Île-de-France, du Nord, et de Haute-Normandie.

Patrick Fellous, président