Phoenix Thoroughbreds quitte l’Angleterre

International / 11.08.2020

Phoenix Thoroughbreds quitte l’Angleterre

Phoenix Thoroughbreds, l’entité d’Amer Abdulaziz, a annoncé ce mardi l’arrêt de l’activité en Angleterre jusqu’à nouvel ordre mais il continuera d’opérer dans d’autres pays…

Le communiqué lancé par le site officiel de l’opération offre une explication : « Phoenix Thoroughbreds a été géré de manière appropriée, bien que certains médias affirment le contraire. C’est en grande partie à cause du traitement injuste d’un média du secteur (le Racing Post, ndlr) que cette décision a été prise. En Angleterre, Phoenix Thoroughbreds a couru 41 chevaux, pour 11 entraîneurs, et nous avons contribué à l’emploi de la filière. Nous avons toujours pleinement coopéré avec la British Horseracing Authority. Nous avons reçu un soutien incroyable en Angleterre et nous remercions les entraîneurs et tous ceux avec qui nous avons travaillé. »

À cela, Amer Abdulaziz a tenu à ajouter : « La décision a été prise avec une grande tristesse. Nous avons beaucoup aimé cette expérience, voir notre casaque à Ascot et à Newmarket. C’est un rêve devenu réalité. Nous avons investi des sommes importantes, aidant à employer des centaines de personnes directement et indirectement. »

La semaine dernière, l’Américain Tom Ludt, vice-président de Phoenix Thoroughbreds en charge des opérations aux États-Unis, avait quitté sa place après avoir demandé à son patron d’expliquer à la presse son rôle dans l’enquête OneCoin, un système de Ponzi lié à une crypto-monnaie. Amer Abdulaziz, qui a toujours démenti sa participation, était cité à propos du blanchiment d’argent. Le départ de Tom Ludt est arrivé après ceux des entraîneurs Martyn Meade et Bob Baffert et du courtier Dermot Farrington.

Dix-neuf partants cette année

La casaque de Phoenix Thoroughbreds a fait ses débuts en 2017 et a connu la réussite avec le sprinter Advertise (Showcasing), triple lauréat de Gr1 dans trois pays et étalon, la pouliche Signora Cabello (Camacho), qui a remporté le Prix Robert Papin (Gr2) et les Queen Mary (Gr2), ainsi que Gronkowski (Lonhro), plus connu pour ses deuxièmes places dans la Dubai World Cup (Gr1) et les Belmont Stakes (Gr1) que pour ses victoires. En Angleterre, cette année, Phoenix a eu 19 partants pour quatre entraîneurs (Peter Chapple-Hyam, John Quinn, Karl Burke et Ed Vaughan) en plus d’une demi-douzaine de représentants du Phoenix Ladies Syndicate et de 8 chevaux qui ont couru en Irlande, dont la placée de Gr3 Lady Penelope ((Night of Thunder) et Forever in Dreams (Dream Ahead), qui sont respectivement chez Joseph O’Brien et Aidan Fogarty.

Une baisse d’investissements en Europe

Phoenix Thoroughbreds avait changé sa politique d’investissements déjà l’année dernière. En 2018, les achats en Europe s’étaient fixés à 9,69 M€ pour 14 yearlings, dont les deux pouliches par Galileo qui ont affiché les top price chez Goffs pour 5,2 M€, alors qu’aux États-Unis la note du shopping était de 10,58 M€ pour 28 yearlings, auxquels il faut ajouter 1,61 M€ dépensés pour trois 2ans à l’entraînement. L’année dernière, Phoenix s’est adjugé quatre yearlings à Deauville, cinq chez Goffs et neuf chez Tattersalls. Total de l’enveloppe : 4,67 M€ pour 18 sujets, plus 1,1 million pour une Galileo achetée en Irlande en association avec Aquis Farm. Aux États-Unis, les investissements ont baissé à 4,24 M€ pour 15 yearlings et 3,47 M€ pour 11 juniors.

La découverte de l’Australie

En 2018, Amer Abdulaziz avait acheté cinq yearlings en Australie pour 968.000 € et, dans le lot, il y avait une pouliche qui s’est hissée au niveau Gr1 : Loving Gaby (I Am Invincible). Phoenix a donc renforcé ses investissement en Australie en association avec Aquis Farm, la grande opération d’élevage de la famille Fung, des Chinois de Hongkong. L’année dernière, Phoenix a mis la main sur 17 yearlings chez Magic Millions et Inglis, dont 9 en association avec Aquis Farm, pour 5,43 M€. L’opération s’est très bien passée car, dans cette corbeille, il y avait Farnan (Not A Single Doubt), le gagnant des Golden Slipper (Gr1), qui a coûté seulement 333.000 € et vaut désormais une fortune comme étalon.

Volatile aux États-Unis

Les choses vont très bien aussi aux États-Unis, où le 4ans Volatile (Violence), acheté 850.000 $ (722.000 €) en association avec Three Chimneys quand Kerri Radcliffe s’occupait du shopping de Phoenix Thoroughbreds, a gagné ses quatre dernières sorties, dont l’Alfred Vanderbilt Handicap (Gr1). Volatile est candidat au titre de meilleur sprinter du pays. Il sera au départ des Forego Stakes (Gr1), le 29 août à Saratoga, avec la Breeders’ Cup Sprint (Gr1) comme grand objectif de fin saison.