Un Arc à plus de 5.000 ? Possible, mais délicat

Courses / 12.08.2020

Un Arc à plus de 5.000 ? Possible, mais délicat

Mardi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la prolongation de l’interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes jusqu’au 30 octobre 2020. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), prévu les 3 et 4 octobre à ParisLongchamp.

Certes, le Premier ministre a évoqué une marge de négociation mais, si nous étions bookmakers, nous proposerions un Arc à plus de 5.000 personnes à une cote assez élevée…

France Galop va négocier pour obtenir une jauge supérieure en vue du week-end de l’Arc : « Il y a une ouverture possible pour obtenir une jauge supérieure à 5.000 personnes, nous a confié mercredi matin Olivier Delloye, le directeur général de France Galop. Cette possibilité est offerte aux préfets et nous allons nous en saisir, tenter notre chance en présentant un vrai dossier solide. Je pense que France Galop est capable d’organiser un Arc avec 15.000 personnes par exemple, dans le respect des gestes barrières. Nous allons monter un dossier pour convaincre la préfecture de police de Paris de nous suivre. »

Jean Castex a en effet annoncé que les préfets auront la « possibilité de déroger [à l’interdiction des rassemblements de 5.000 personnes, ndlr] avec la vérification du strict respect des consignes sanitaires ».

Ce ne sera pas facile pour autant. Les mots du Premier ministre sont inquiétants et il a été annoncé que le taux d’incidence du virus a été dépassé à Paris (plus de 50 personnes positives pour 100.000 testées). Il faudra certainement présenter un dossier en béton armé pour espérer obtenir une dérogation à la jauge. « Le fait que cette règle de base des 5.000 personnes soit prolongée, indique Olivier Delloye, montre qu’il y a des inquiétudes sur une possible deuxième vague. Si c’est le cas, il sera peut-être encore plus difficile de convaincre nos interlocuteurs de prendre des mesures dérogatoires. Idéalement, nous aimerions être fixés début septembre. Nous avons fait le choix de laisser la billetterie ouverte et de gérer en fonction de ce que l’on pourra faire ou ne pas faire. »

France Galop a des arguments. Cette jauge de 5.000 personnes est une mauvaise nouvelle pour l’Arc, mais aussi pour un événement comme Roland Garros, reprogrammé en septembre. France Galop a des arguments à faire valoir pour une dérogation : toute l’expérience acquise depuis le 11 mai avec le huis clos renforcé puis avec l’accueil du public depuis l’autorisation des rassemblements de 5.000 personnes au début du mois de juin. Olivier Delloye : « Je pense que ce que l’on a montré, pendant le huis clos ou après, avec le port du masque obligatoire, nous crédibilise. Cela étant dit, il y a probablement la volonté de la part des pouvoirs publics de ne pas faire de différence entre les courses et le sport. Nous avons bien vu dans les différents décrets que les courses sont rangées dans les sports. »

Un lieu comme ParisLongchamp permet l’organisation d’un grand événement sans que les spectateurs soient les uns sur les autres : « Il est un peu tôt pour détailler l’organisation de l’Arc à ParisLongchamp mais, dans les grands principes, nous prolongeons l’expérience de zoning mise en place l’an dernier, en l’accentuant encore un peu plus afin d’éviter un grand brassage du public. L’idée est d’avoir une population assez stationnaire dans chaque zone. »

Un Arc à 5.000 est un Arc sans grand public. Si le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe venait à accueillir un maximum de 5.000 personnes, alors ce serait un Arc « sans public ». Entre l’ensemble des socioprofessionnels, les entourages des partants, les médias et toutes les personnes nécessaires à l’organisation d’une réunion de courses, la jauge sera vite atteinte : c’est d’ailleurs ce qui était espéré pour la réunion du Prix du Jockey Club et du Diane, finalement à huis clos renforcé.

Un Arc à 5.000 personnes serait une mauvaise nouvelle. Mais, sans vouloir être alarmiste, des scénarios catastrophes encore pires ne sont probablement pas à exclure en cas de rebond important du Covid-19 en région parisienne dans les jours suivant la rentrée. Une nouvelle interdiction des rassemblements ? Avec ou sans les Britanniques avec une possible fermeture des frontières de la part du gouvernement de Boris Johnson ? Avec ou sans le PMU, en cas de nouvelle fermeture des cafés et des restaurants ? Cette dernière hypothèse serait la pire : la filière française repose sur les paris PMU et le jour de l’Arc suscite le plus gros chiffre d’affaires de l’année.