Avec BIS, Carrus veut “doubler” les mises !

Institution / Ventes / 20.09.2020

Avec BIS, Carrus veut “doubler” les mises !

BIS (Betting Information System) est un nouveau système d’affichage destiné aux hippodromes. Mis en service à ParisLongchamp, il s’est étendu cet été à Deauville, Clairefontaine, Vichy et Cabourg. Philippe de March, directeur de l’innovation au sein du Groupe Carrus, nous parle de ce nouveau produit.

Jour de Galop. – De nouveaux écrans destinés aux parieurs font peu à peu leur apparition. Pouvez-vous nous les présenter ?

Philippe de March. – Nous sommes partis d’un constat assez simple. En France, les parieurs présents sur les hippodromes ne disposent pas de suffisamment d’informations pour parier. Lorsque vous entrez dans un restaurant, et c’est surtout le cas en Asie, vous avez des images et des prix sur la carte ou sur des écrans… Tout ce qui est à vendre est bien visible. Sur nos champs de courses, nous avions uniquement les enjeux gagnants/placés, mais concernant les autres paris, aucune information n’était affichée. Les hippodromes français avaient donc un réel retard sur ce sujet, surtout en comparaison avec d’autres pays.

L’idée était donc de voir comment nous pouvions améliorer cela. Un voyage d’études s’est alors déroulé sur plusieurs mois. Nous sommes allés notamment en Corée du Sud, à Hongkong, au Japon et aux États-Unis entre 2016 et 2017. En nous appuyant sur des experts des courses et des spécialistes de l’image, nous avons souhaité prendre le meilleur et l’adapter au contexte français, tout en le faisant évoluer. Nous voulions développer une solution qui permettait aussi bien de s’adresser aux néophytes qu’aux parieurs plus avertis.

Chaque pari a donc son écran ?

Effectivement. Notre idée a été de dire que, dès que nous avions un pari en vente, il fallait qu’il y ait un écran qui donne aux parieurs des informations utiles, avec les meilleures combinaisons possibles. Mais il fallait également que le parieur néophyte, par intuition, soit "éduqué" sur la façon dont il peut jouer. Et cela permet bien sûr à l’opérateur, en l’occurrence le PMU, de mettre en avant son offre de paris. Le produit que nous proposons segmente donc l’information et chaque parieur peut y piocher ce qu’il souhaite trouver.

BIS propose donc deux types d’information : l’une sur les acteurs des courses, avec les chevaux, entraineurs, jockeys … et l’une plus "paris", avec des informations sur les cotes, la forme, les statistiques.

Pourquoi avoir remplacé les cotes par des espérances de gains ?

C’est une évolution sensible. Nous avons choisi un multiplicateur de 10, mais nous parlons bien d’espérance de gain pour une mise de 10 euros. Ce multiplicateur permet en outre de résoudre le problème des décimales, abscons pour les parieurs néophytes, mais il permet aussi de rendre les choses plus attrayantes pour le parieur. On leur parle d’argent. Lorsque l’on parle de cote, parfois cela peut en effrayer certains. Si l’on se place d’un point de vue marketing, cela donne : je dis ce que je vends et je dis combien cela va rapporter, je donne un espoir de gains. Cela n’est ni plus ni moins la démarche des jeux de grattage.

Pouvez-vous nous dire un mot sur l’écran "Duel" ?

Nous avons pris les trois favoris et nous avons voulu faire un petit diaporama en confrontant le premier favori et le deuxième. Le premier et le troisième. Et le deuxième et le troisième. On essaie de comparer les chances de ces chevaux à partir de statistiques plus poussées que sur les autres écrans. Nous tenons compte de l’aptitude à la distance par exemple. Il y a beaucoup de pédagogie derrière cet affichage car il permet aux néophytes d’apprendre ce qu’est une cote, les informations à prendre en compte lorsqu’on veut parier, et cela est synthétisé par des pictogrammes, par des infographies. C’est bien plus digeste que les programmes papiers qui sont distribués sur les hippodromes.

Pour l’instant, seule une poignée d’hippodromes est concernée ? Et les points de vente ?

Aujourd’hui, c’est la Fédération nationale des courses hippiques (F.N.C.H.) qui pilote. L’idée n’est pas seulement de mettre ce dispositif sur les hippodromes qui accueillent les réunions PMU, mais aussi et surtout sur les 180 autres hippodromes organisant des courses P.M.H. Après ParisLongchamp lors de sa réouverture, BIS a été mis en service sur l’hippodrome d’Angers l’année suivante, après sa rénovation et dans le cadre du nouveau parcours client voulu par le PMU. Le parcours client est très important et il y aurait une vraie logique à offrir le même type de service dans tous les points de vente. Cela serait possible dans les PMU City par exemple, car ils sont gérés par le PMU. Mais les 13.000 autres points de vente ne disposent pas d’un parc d’écrans suffisant pour diffuser les informations prévues par BIS. Au Japon, un pays dont nous nous sommes inspirés pour ces écrans, la J.R.A. (Japan Racing Association) gère elle-même les points de vente. Dans un point de vente, nous serions capables, même avec un seul écran suffisamment grand, de diffuser la quasi-totalité de ces informations.

Les avantages du BIS pour l’opérateur/l’hippodrome

- mise en avant de l’offre de paris

- favorise l’augmentation des mises

- modernise l’image du lieu où il est en service

- facilement et rapidement paramétrable

- la diffusion des contenus et le pilotage du parc d’écrans sont centralisés

La plus récente innovation signée Carrus

Proposer un nouveau produit comme BIS fait partie l’ADN du groupe Carrus depuis sa création. « Le Groupe Carrus est la société historique fournisseur de produits du PMU, explique Lambert Carrus, son directeur marketing. Mon arrière-grand-père André Carrus a créé le PMU en 1930 en inventé le tiercé en 1954, son beau-père Albert Chauvin avait participé au développement du pari mutuel aboutissant à la loi de 1891. Mon grand-père Jacques Carrus et mon grand-oncle Pierre Carrus ont informatisé la prise de paris en introduisant le premier totalisateur au monde entièrement électronique en 1964. Mon père, Jérôme Carrus, aujourd’hui à la tête du Groupe, a internationalisé la société. Nous sommes présents bien entendu en France, où nous équipons la moitié du parc du PMU et toutes les sociétés de courses, et dans bons nombres d’autre pays aussi bien européens (Allemagne, Suisse, Hongrie…) qu’africains (Mali, Maroc, Sénégal…).  

Nous avons l’objectif de moderniser la prise de pari. Les opérateurs, les sociétés de courses et l’ensemble des acteurs des courses sont tous dans le même bateau, et nous faisons face aux mêmes problématiques : si les gens ne parient pas, il n’y a plus de courses. C’est pourquoi nous innovons en permanence, comme avec les terminaux mobile hippodromes (TMH), le BIS et avec Smarturf, cette web application qui permet au parieur d’engager des paris sur la masse du réseau en dur et non sur la masse internet. »