Diffuser ses courses sur les réseaux sociaux : le choix gagnant de Pompadour

Autres informations / 10.09.2020

Diffuser ses courses sur les réseaux sociaux : le choix gagnant de Pompadour

Diffuser ses courses sur les réseaux sociaux : le choix gagnant de Pompadour

Si mardi, Equidia a annoncé que le Quinté serait désormais retransmis en direct sur sa page Facebook, une initiative similaire a vu le jour à Pompadour cet été. Née en raison du Covid-19, elle devrait se développer un peu partout en France l’année prochaine.

Facile et peu coûteux. François-Xavier Duny, le président de la société des courses de Pompadour, nous raconte : « Lorsque les courses ont pu reprendre à huis clos, nous nous sommes dit qu’il n’était pas concevable que les propriétaires de chevaux ou leurs proches ne puissent voir les courses. Eugénie Brun, que je remercie, avec une énergie incroyable, a porté ce projet de diffuser les courses en Facebook Live. Si, au début, nous nous sommes un peu débrouillés seuls, certains nous ont donné un gros coup de main, comme l’association de chevaux de courses au galop du Sud-Ouest, cet été, en participant aux frais de mise en œuvre. »

Salariée à la société de concours hippiques de Pompadour et bénévole, Eugénie Brun précise : « Nous avons mené des petites actions au fur et à mesure. D’abord, en 2019, tous les lundis, nous mettions en ligne les résultats du week-end des chevaux entraînés à Pompadour. Cela avait été bien reçu. Ensuite, nous avons décidé d’interviewer, lors des réunions à Pompadour, les jockeys gagnants, avec nos téléphones. Après nous avons acheté un petit micro. L’idée du live est arrivée avec le Covid. Avec nos téléphones, nous avons filmé le rond de présentation. Les commentaires que nous recevions alors étaient : "Et pourquoi ne filmez-vous pas les courses ?" Mais le faire avec nos téléphones était infaisable. Je récupérais donc les images de la régie et je les mettais en léger différé – 10 minutes – sur Facebook, avec un format télé et non digital. Même si les images n’étaient pas belles, cela rendait service aux propriétaires. Après des heures et des heures d’essais, nous avons finalement trouvé la bonne formule et nous avons commencé la diffusion en live lors de notre réunion du 9 août. Nous prenons les images de la régie, filmées par les techniciens en régions, et avec un ordinateur qui nous est revenu à 500 €, un petit boîtier de streaming à 180 € et le logiciel gratuit OBS, le tour est joué. Environ une cinquantaine de personnes suivent les courses en live et, au total, nous enregistrons un peu plus de 1.000 vues par courses. »

Qui dit live dit paris. Et par conséquent nouvelles ressources. François-Xavier Duny nous explique : « Pour ne rien vous cacher, et c’est un sentiment qui est sans doute partagé par d’autres présidents de sociétés, nous sommes un peu bloqués. C’est un peu agaçant de ne pas avoir de réunion Premium, de ne pas montrer ce que nous savons faire. La diffusion en live des courses sur les réseaux sociaux change totalement la donne, car cela nous permet de servir de support de paris chez les opérateurs. Zeturf s’est d’ores et déjà montré très intéressé. C’est aussi un moyen de récupérer quelques recettes pour poursuivre nos investissements. Sans recettes, on ne peut pas investir. Et sans investissements, nous ne pouvons pas grandir. Le cahier des charges pour être support de paris est quand même d’avoir du live, mais cela avait un coût. Évidemment, l’idée que nous avons, ce n’est pas diffuser les PMH uniquement de Pompadour, c’est de montrer aux autres présidents de sociétés de courses que l’investissement n’est vraiment pas hors de prix et que cela permet à chaque hippodrome de retransmettre en live ses courses. La question est, d’abord au niveau de la Fédération du Sud-Ouest, comment former quelques techniciens, comment améliorer la communication dans notre région et comment intégrer cette diffusion sur Facebook et dynamiser notre communication. L’idée est de mettre un cahier des charges simple, peu onéreux. La Fédération nationale, par l’intermédiaire de Pierre Préaux, le secrétaire général, et Oisin Hopper, chargé de communication et de promotion, est sensible à notre initiative et travaille à démocratiser le process pour que d’autres hippodromes suivent. »

Un bilan positif. La saison s’est achevée dimanche 6 septembre à Pompadour et l’heure est déjà à un premier bilan pour son président, François-Xavier Duny : « Il est très bon, et ce malgré les circonstances. Lorsque le public a été autorisé à revenir sur l’hippodrome, nous avons eu un peu moins de monde que d’habitude. Tous les autres indicateurs, en revanche, sont au vert. Si nous n’avons pas encore fait un réel bilan financier, je pense que, grâce aux efforts de tous, nous devrions arriver à l’équilibre. Le plus important est que nous ayons montré que nous étions capables d’organiser des courses dans des situations compliquées, je pense au huis clos, et en faisant des efforts financiers incroyables, car sans entrées et donc sans jeu, nous n’avions pas les recettes habituelles. J’ai pu voir aussi l’enthousiasme et la détermination des bénévoles extraordinaires que j’ai autour de moi, comme en atteste la diffusion de nos réunions en live sur Facebook. »

Les pistes, l’autre satisfaction. Si d’importants progrès ont donc été faits en matière de communication, l’autre élément de satisfaction pour François-Xavier Duny concerne l’état des pistes : « Nous avons beaucoup œuvré pour assurer une bonne qualité de pistes aux professionnels, en veillant à ce qu’elles soient extrêmement bien arrosées. Les retours des socioprofessionnels ont été excellents. Selon eux, jamais à Pompadour nous n’avions eu un aussi bon terrain. Cela nous a fait extrêmement plaisir. Il y a deux ans, nous avons mis en place l’automatisation et le pilotage par internet de l’arrosage pour la piste plate. Nous avons refait le réseau vieux de cinquante ans et qui était devenu obsolète. L’an dernier, nous avions créé un bassin de rétention d’eau avec une réserve suffisamment importante pour pouvoir arroser durant dix jours consécutifs l’été en cas de forte chaleur. Pour 2021, nous allons automatiser l’arrosage et le pilotage par internet de l’ensemble des pistes. D’ici un mois, nous commençons les travaux et tout sera prêt pour le printemps prochain. Nous effectuerons quelques retouches aussi sur les boxes, l’infirmerie et le restaurant. Tous ces travaux sont possibles, car l’implication de la municipalité et des collectivités est très forte. Nous sommes vraiment soutenus, et dans cette optique de développer le territoire, les politiques ont compris les atouts que sont les nôtres. »