Ils jouent (tous) gros

Institution / Ventes / 07.09.2020

Ils jouent (tous) gros

Il y a du soulagement – parce que la tenue de cette vente a longtemps été incertaine – et de la tension également – ce n’est rien de moins que le travail des éleveurs français qui va se jouer à Deauville ! À deux jours de la vente de sélection, l’équipe dirigeante d’Arqana partage ces deux sentiments pas forcément incompatibles…

Par Adeline Gombaud

Jour de Galop. – On imagine votre soulagement de voir les yearlings dans les boxes et les acheteurs dans les cours, à deux jours du coup d’envoi de ce rendez-vous majeur qu’est la vente de sélection ?

Éric Hoyeau, Freddy Powell & Ludovic Cornuel. – Sans parler de sueurs froides, il est vrai qu’il a fallu se montrer agiles et réactifs pour parvenir à organiser cette vente ! Cette année a été faite d’épreuves. Pour le moment, nous avons réussi à les surmonter, avec le concours de nos clients, vendeurs et acheteurs, qui, en cette période trouble, ont su se serrer les coudes pour le bien commun. Post-confinement, nous avons déjà organisé la breeze up et la vente d’été, mais il est vrai que les enjeux de cette vente de sélection sont encore plus importants. C’est le travail des éleveurs français qui va se jouer dans les jours à venir. On sent que les vendeurs sont contents d’être là, mais logiquement, il y a aussi beaucoup de concentration.

Malgré les conditions si particulières de cette année, êtes-vous en mesure d’émettre des prévisions sur la façon dont va se tenir la vente ?

Il serait très hasardeux d’en faire ! Nous avons bien évidemment observé de près les deux premières ventes de yearlings de l’année en Europe, celle de Doncaster et celle de Baden. À Doncaster, le profil des chevaux est assez différent de ce que nous vendons à Deauville. Néanmoins, on a vu un marché sélectif, avec moins de bagarre que d’ordinaire sur les bons profils. À Baden, sur une population là encore difficilement comparable avec l’offre que nous proposons, les indicateurs ont retrouvé leurs niveaux de 2018. L’an passé, le catalogue était vraiment très fort, ce qui avait boosté le marché… C’est plutôt rassurant, mais de là à en tirer des conclusions sur ce qui nous attend…

Vous avez quand même certains indices pour estimer la tenue du marché ?

Une vente, c’est d’abord une offre de chevaux. Quand nous avons sélectionné les poulains il y a plusieurs semaines, nous étions déjà très satisfaits de la qualité de ce que le catalogue allait proposer. Nous les avons revus à leur arrivée à Deauville : le travail a été fait, et bien fait, et il faut souligner la capacité d’adaptation des préparateurs, qui ont su amener les poulains au top malgré les incertitudes qui ont plané sur l’agenda. Nous savons que les courtiers français et européens ont aussi fait leur travail en allant inspecter les yearlings dans les haras lors du mois d’août. Ils vont aussi jouer leur rôle de représentation des clients finaux qui n’ont pas forcément pu se déplacer à Deauville. Le nôtre est de faire en sorte qu’acheteurs et vendeurs trouvent les meilleures conditions d’accueil possible ici, à Deauville. Et de ce côté-là, nous avons mis les bouchées doubles par rapport à une année normale…

C’est-à-dire ?

Nous avons affrété trois avions privés, en provenance de Baden-Baden, Londres et Dublin, pour simplifier les mouvements des acheteurs internationaux. C’est quelque chose que nous sommes habitués à faire, mais il a fallu communiquer plus que d’habitude, tant l’incertitude était palpable. Il faut aussi souligner que nous proposons toute une gamme de services à destination de la clientèle française. Nous sommes là pour les aider à monter une société pour pouvoir récupérer la T.V.A., seul ou à plusieurs, pour les mettre en relation avec des courtiers ou des entraîneurs, pour réserver des chambres d’hôtel, leur expliquer comment s’inscrire sur arqanaonline.com… Il ne faut pas hésiter à nous solliciter pour toute question sur les ventes publiques : nous sommes là pour y répondre !

L’innovation, c’est aussi la possibilité de pouvoir poser des enchères en ligne…

La prise d’enchères en ligne s’est considérablement développée cette année, pour les raisons que l’on connait. Cela avait bien fonctionné lors de la breeze up, même si c’est l’outil de Goffs qui avait été utilisé pour des raisons d’organisation. Le nôtre a servi pour la vente d’été, pour la vente de trotteurs également : nous sommes confiants dans sa fiabilité, tout en sachant que le produit "yearling" est peut-être moins propice aux enchères en ligne que les chevaux à l’entraînement par exemple. Néanmoins, nous avons déjà de nombreuses créations de comptes "sérieux", qui ont missionné des interlocuteurs sur place pour les inspections.

Les pinhookers vont-ils répondre présent ?

Bien que notre vente soit très proche des ventes américaines, nous avons plusieurs pinhookers sur place à Deauville, et nous savons aussi qu’ils se sont répartis entre eux les différentes ventes, car le travail d’équipe n’est pas un vain mot pour eux ! Les résultats des breeze up ont été suffisants pour qu’ils puissent réinvestir dans les yearlings, donc on peut espérer que cette clientèle soit active lors de la vente de sélection.

Dans votre communication, vous insistez sur l’attractivité des courses françaises : prestige, allocations, qualité des centres d’entraînement… Plus que jamais, vous recherchez à promouvoir les courses françaises ?

Nous avons toujours estimé que l’une de nos missions était en effet de mettre en avant l’attractivité des courses françaises et les compétences de nos professionnels, pour que les yearlings que nous vendons restent à l’entraînement en France. Oui, les allocations sont les plus hautes d’Europe, mais il ne faut pas tout ramener au "prize money". Nos courses jouissent d’un grand prestige et il ne faut pas faire de complexe d’infériorité. Regardez cette année le niveau du Jacques Le Marois ou du Moulin de Longchamp. Oui, les courses françaises font rêver, oui, elles attirent les meilleurs chevaux internationaux, et oui, c’est financièrement "logique" de placer des chevaux à l’entraînement en France.

Plongez-vous dans notre guide spécial !

Envie d’en savoir plus sur les yearlings catalogués, sur les jeunes étalons à suivre, sur les performances des chevaux issus des ventes Arqana ? Plongez-vous dans notre guide bilingue de la vente de sélection ! C’est par ici.