Les recettes gagnantes de Philippe <span class="highlightSearchResult">Decouz</span>

Courses / 10.09.2020

Les recettes gagnantes de Philippe Decouz

Les recettes gagnantes de Philippe Decouz

Installé depuis près de dix ans à Chazey-sur-Ain, Philippe Decouz a vu son écurie se développer progressivement. L'entraîneur a su recruter des nouveaux propriétaires, comme en témoigne l'association autour de Go Athletico, gagnant du Prix La Rochette (Gr3) dimanche dernier.

Par Adeline Gombaud

Jour de Galop. - Le succès de Go Athletico dans le Prix La Rochette vous a-t-il surpris ?

Philippe Decouz. - Pas vraiment. Nous avions couru le Prix Roland de Chambure (L) pour savoir s'il s'adaptait au parcours des 1.400m "toboggan" de ParisLongchamp, qui reste une affaire de spécialistes. Ce jour-là, il était deuxième, mais sans avoir eu des conditions de course idéales. Il a dû démarrer de bonne heure et s'est un peu relâché à la fin, sans rien enlever à la gagnante, qui est une toute bonne pouliche. Quand j'ai vu son comportement, j'ai tout de suite pensé à ce Prix La Rochette. Je n'ai pas voulu alors aller sur le Prix des Jouvenceaux et des Jouvencelles, qui nous tendait pourtant les bras, car je ne voulais pas le courir sous de fortes chaleurs. C'est un poulain maniable, véloce et qui peut tenir. Le lot n'était pas très fourni, et nous avons eu la course de rêve. Toutes les planètes étaient alignées pour qu'il s'impose ! Il a remis plusieurs coups d'accélération dans la ligne droite. C'est le signe des bons chevaux.

C'est un poulain que vous avez élevé avec Guillaume Vitse, ce qui a dû vous faire encore plus plaisir ?

Nos épouses respectives sont en effet co-éleveuses du poulain. C'est une histoire de copains. Byburg (Sageburg), la mère, que j'ai également entraînée, était une pouliche avec beaucoup de vitesse. Nous l'avons gardée comme poulinière avec Guillaume, et il semble qu'elle soit une bonne mère ! Elle est en tout cas facile à l'élevage. Nous n'avons pas mis de "grosses saillies". Son premier produit est un fils de Galiway, qui est gagnant, mais que j'avais dû faire castrer en début de carrière car il souffrait des testicules. C'est pour cette raison que Go Athletico a été castré également. La jument a coulé de Birchwood. Elle a un foal magnifique de Recorder et a été saillie par Tornibush. Je dois souligner la qualité du travail de Guillaume Vitse !

Comme souvent dans votre écurie, plusieurs associés se partagent la propriété du poulain. Qui sont-ils ?

Go Athletico travaillait vraiment bien avant de débuter, pendant le confinement, qui nous a d'ailleurs permis de l'attendre comme il le fallait. Après ses débuts, nous avons proposé à un groupe d'amis de s'associer avec nous, parce que nous avions de vrais espoirs avec le poulain. Il y a Tanguy Moreux, le fils de Corine Moreux, qui réalise des casaques, Thibault de Seyssel, le fils d'Arnaud de Seyssel, bien connu dans le milieu, et Robin Mouterde, le gendre d'Arnaud de Seyssel. Nous en avons aussi gardé un bout avec Guillaume Vitse.

De façon générale, beaucoup de vos pensionnaires sont en propriété partagée. Comment parvenez-vous à trouver tant d'investisseurs, alors que tout le monde déplore le manque de dynamisme du propriétariat français ?

Je n'ai pas de recettes magiques, mais il est vrai qu'à Lyon, il existe un vrai réservoir de propriétaires potentiels. Il faut savoir s'ouvrir pour les intéresser, et c'est ce que je m'évertue à faire, même si c'est chronophage. Je crois beaucoup dans la propriété multiple ou les écuries de groupe — j'avais d'ailleurs créé Lugdunum Racing. On multiplie le plaisir tout en mutualisant les risques. Il est de notre responsabilité, nous les entraîneurs, de créer de nouvelles vocations.

Il y a un peu moins de dix ans, vous vous installiez à Chazey-sur-Ain. C'était un pari. Pourquoi le choix de cette localisation ?

Pendant les six années que j'ai passées au programme à France Galop, au côté de François Boulard, j'avais repéré que cet endroit était le bon pour commencer. On bénéficie à la fois de la proximité de Lyon et de ses hippodromes sélectifs, tout en étant à portée d'hippodromes offrant des opportunités à un grand nombre de chevaux. La concurrence y était à l'époque sans doute plus faible qu'en région parisienne également…

Pour autant, on vous annonce prochainement à Chantilly. Qu'en est-il ?

C'est un projet en réflexion. Chantilly serait une étape logique dans mon schéma de carrière. Notre monde évolue vers une hyper professionnalisation, et Chantilly, c'est la recherche de l'excellence. Pour le moment, j'ai placé quatre chevaux dans des boxes que je loue au sein d'une cour. C'est une sorte de test qui va me permettre d'orienter mon choix.