Peppe Quintale, le Napolitain normand éleveur d’un placé classique !

Élevage / 16.09.2020

Peppe Quintale, le Napolitain normand éleveur d’un placé classique !

Samedi, son élève Berkshire Rocco (Sir Percy) a conclu deuxième du St Leger (Gr1). Même si cette place classique ne lui a rien rapporté – le poulain est né en France et a été exporté quelques jours après son achat pour 35.000 € à la vente d’élevage Arqana, en même temps que sa mère, partie pour 15.000 € – Peppe Quintale est un homme heureux : « Déjà, d’un point de vue économique, je ne peux pas me plaindre : j’avais payé Sunny Again (Shirocco) quand elle portait Berkshire Rocco 4.000 Gns (4.500 €). L’émotion que m’a offert le poulain à Doncaster n’a pas de prix. C’est un peu l’histoire de David contre Goliath. »

Trois raisons pour élever en France. Peppe Quintale, 57 ans, animateur d’une émission télé qui a connu une grande réussite en Italie, Le Iene (les hyènes), travaille encore dans l’événementiel et il élève en France depuis six ans. Il a acheté une petite propriété de douze hectares pas loin du haras du Pin qu’il est en train de réaménager et possède six poulinières. Il nous explique : « Berkshire Rocco est élevé par Seserve [S’il faut en italien, ndlr], ma société, mais les cinq foals qui passeront à la vente d’élevage présentés par le haras de Grandcamp sont élevés par le haras du Neuf, le nom qui j’ai donné à ma propriété. J’ai choisi la France pour trois raisons. La première est économique : acheter des terres, des bonnes terres d’élevage, est beaucoup moins cher en Normandie qu’en Irlande et Angleterre, sans parler de l’Italie. De plus, la vie y est agréable et je suis devenu ceinture noire de… Calvados ! La deuxième est géographique : la Normandie est assez proche de Paris et en même temps les bons étalons sont là, les vétérinaires, les spécialistes. Quand on veut envoyer une poulinière en Angleterre où en Irlande, le voyage est faisable. La troisième est la structuration de l’élevage français et le fonctionnement de la filière. Il y a un marché correct, et avec la prime à l’éleveur, on peut s’en sortir, surtout pour un petit éleveur amateur. »

Cinq foals à vendre. L’homme aime faire un peu de pinhooking, mais il a ses propres idées : « Avec mon petit budget, il faut un peu de fantaisie. J’ai fait un choix : je travaille sur les poulinières et je vends les foals, ce qui représente dix fois moins de risque que d’aller aux ventes avec un yearling. En six ans, j’ai élevé trois partants à Royal Ascot, dont Summer Shamal, issue d’une saillie à 4.000 € de Wootton Bassett (Iffraaj). Cette année, j’ai deux Dream Ahead (Diktat), une Elusive City (Elusive Quality), un Sir Percy (Mark of Esteem) et un Galiway (Galileo). J’espère qu’ils seront achetés par des Français. S’ils restent chez nous ils auront droit à la prime. Un bon cheval comme Mister Nino (Magician) a pris l’année dernière presque 10.000 € de prime, c’est une saillie payée… »