Al Capone II s’est éteint

Courses / 21.10.2020

Al Capone II s’est éteint

AL CAPONE II

(1988 - 2020)

Il aura été hors norme jusqu’au bout. Al Capone II s’est éteint mercredi matin dans son box du centre d’entraînement de Chantilly, à l’âge vénérable de 32ans. Al Capone II, c’est sept Prix La Haye Jousselin, un Grand Steeple-Chase de Paris, huit années d’une carrière au plus haut niveau, plus de 2,6 millions d’euros de gains… Mais oublions un peu les chiffres. Al Capone II, c’était aussi un chat capable de franchir le rail-ditch sans le toucher, l’aboutissement d’années et d’années de sélection de la famille Cyprès, un lien indéfinissable avec Bernard Secly et Jean-Yves Beaurain. Il est parti mais il veillera toujours sur les sauteurs d’Auteuil, du haut de cette statue érigée de son vivant.

Le champion Al Capone II (Italic), statufié à Auteuil de son vivant, s’est éteint paisiblement ce mercredi à l’âge de 32ans dans son box, sur le centre d’entraînement de Chantilly, où il coulait une douce retraite depuis plus de vingt ans. Sous la coupe de Bernard Secly, Al Capone II, dit "Pompon", a eu une carrière exceptionnellement longue, de sa première course, au printemps de ses 4ans, à son retrait de la compétition, à 12ans, en fin d’année. Au total, le représentant de Robert Fougedoire aura franchi le poteau en tête à 26 reprises, décroché 32 places et amassé 2.623.874 € de gains en 65 sorties, principalement sous la selle de son fidèle Jean-Yves Beaurain.

Petit par la taille, immense par le talent. Élevé par Jacques Cyprès et Laurent Couétil, Al Capone II a bien failli ne jamais voir un hippodrome. À 3 ans, il éjecte son cavalier et percute une voiture sur la route. Il aura une plaie ouverte au genou gauche, qui retardera ses débuts en compétition. Après cela, Bernard Secly avait avoué que le cheval était devenu difficile, étant psychologiquement marqué par l’accident. Mais en grand champion qu’il était, il a réussi à surmonter cette épreuve pour progresser et atteindre les sommets. Arrêté pour ses débuts, sur le steeple d’Enghien, Al Capone II est ensuite dirigé vers l’hippodrome d’Auteuil, où il brille d’emblée. Ce petit AQPS d’1,62m n’a ensuite plus jamais délaissé la butte Mortemart. En fin d’année de 4ans, Al Capone II remporte son premier succès au plus haut niveau dans le Prix Maurice Gillois (Gr1). À 5ans, il se classe deuxième du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) derrière un autre crack, Ucello II (Quart de Vin). Al Capone II prend sa revanche à la fin de l’année sur le cheval de la marquise de Moratalla en triomphant dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1), le premier d’une longue série. Le cheval réalise en effet un authentique exploit en conservant son titre dans l’épreuve durant sept années consécutives : du jamais vu ! Ce record inégalé lui vaut l’honneur unique d’avoir sa statue qui domine le rond de présentation sur l’hippodrome d’Auteuil. Al Capone II finira par perdre sa couronne en 2000 face à un autre cheval de la Marquise, First Gold (Shafoun), pour sa dernière sortie en compétition. Entretemps, "Pompon" a également fini par gagner le Grand Steeple en 1997, pour sa quatrième participation. Sans oublier ses triplés dans les Prix Georges Courtois (Gr2), Troytown et Héros XII (Grs3) et son doublé dans le Prix Ingré (Gr3), pour ne citer qu’eux…

Une deuxième vie heureuse à Chantilly. À la fin de sa carrière, Al Capone II a été vendu pour un euro symbolique à France Galop et est resté sur le centre d’entraînement de Chantilly, dont il est rapidement devenu la mascotte. Pendant un certain temps, "Pompon" a accompagné les équipes de France Galop dans leurs tours d’inspection des pistes. Véritable star des courses, il est aussi allé à la rencontre des turfistes sur de nombreux hippodromes et a même participé à un Salon de l’agriculture. Depuis son box situé à l’entrée du site, le célèbre retraité accueillait tous les visiteurs. En 2018, à l’occasion de ses 30ans, une fête d’anniversaire ouverte au public avait d’ailleurs été organisée en son honneur. Sa présence va manquer à tous et tout particulièrement à son lad, Philippe Levé, qui s’est occupé de lui quotidiennement durant toutes ces années.